Claude Puel
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
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ASSE : le vrai bilan de Claude Puel depuis son arrivée chez les Verts

Un peu plus de deux ans après son arrivée, Claude Puel se retrouve fragilisé depuis quelques semaines à cause du début de saison catastrophique de son équipe. Coup de projecteur sur son travail depuis qu'il a été nommé manager général de l'ASSE...

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Ce qu'il a fait de bien

 

Il avait remis tout le monde au travail

Après le départ de Jean-Louis Gasset, lassé des dysfonctionnements internes du club et des ingérences de Roland Romeyer, la direction de l'ASSE avait choisi de miser sur la continuité avec la promotion de Ghislain Printant. Mais le mauvais début de saison de l'équipe avait incité le duo Caiazzo-Romeyer à écarter l'ancien adjoint et à introniser Claude Puel. Avec sa poigne, le Castrais avait alors remis tout le monde au travail, et notamment des cadres installés dans un trop grand confort, à l'image de Yann M'Vila ou de Stéphane Ruffier, pour ne citer qu'eux. Les débuts de Puel avaient été d'ailleurs assez convaincants avec une série de 9 matches sans défaite en L1, à l'automne 2019.
 

Une finale de Coupe de France

En grande difficulté au printemps 2019, l'ASSE avait été sauvée par le Covid et l'arrêt des compétitions alors qu'elle était 17e de L1. Mais la première saison de Puel aura vu les Verts se hisser en finale de la Coupe de France, avec une défaite au Stade de France face au PSG (0-1), le 24 juillet, sans démériter.

 

Il a propulsé Fofana, Camara et Green

Dans son opération reconstruction, Puel a misé sur les jeunes et parmi eux, c'est lui qui a sorti Wesley Fofana, plus gros transfert de l'histoire du club, ainsi que Mahdi Camara, dont il a fait son capitaine cette saison. Les deux anciens pensionnaires du centre de formation n'avaient guère eu les faveurs de leurs entraîneurs avant l'arrivée du Castrais. Ils naviguaient entre la réserve et le banc. C'est Puel, aussi, qui a lancé Etienne Green au printemps dernier. Mais il avait fallu pour cela que Jessy Moulin et Stefan Bajic soient tous les deux blessés...
 

Il a allégé considérablement la masse salariale

C'était l'une de ses missions, et même la première de ses missions avec le développement des « actifs » : Puel devait alléger la masse salariale du club, qui avait considérablement enflée sous l'ère Gasset. Et il y est parvenu avec les départs de tous les plus gros salaires du club (Perrin, M'Vila, Ruffier, Cabaye, Diony, Beric, Monnet-Paquet) à l'exception de Wahbi Khazri, Ryad Boudebouz et Timothée Kolodziejczak, tous trois en fin de contrat.
 

Il a déniché Neyou et Maçon

Devant composer avec de petites enveloppes, Puel est à l'origine des arrivées d'Yvan Neyou, en provenance de la réserve de Braga, et d'Yvann Maçon, transfuge de Dunkerque, alors en National. Le premier est devenu international camerounais et le second international Espoirs. Deux bons coups à moindre coût.
 

Ce qu'on peut lui reprocher

 

Ses résultats

Avec 1,07 point par match depuis son arrivée, et une 20e place cette saison après 11 journées de championnat, Claude Puel est le pire coach de l'histoire de l'ASSE en termes de résultats. Alors qu'il est avec 220 000 € mensuels le coach le mieux rémunéré de l'histoire du club.

 

La Ligue Europa à la poubelle

A son arrivée, Puel n'avait pas semblé accorder beaucoup d'importance à la Ligue Europa. Et l'ASSE avait terminée 4e de son groupe derrière La Gantoise, Wolfsburg et les modestes ukrainiens d'Oleksandria, sans remporter le moindre match. Un parcours indigne de l'histoire européenne des Verts.

 

La gestion du cas Ruffier

Mécontent du sort réservé à Stéphane Ruffier, Patrick Glanz, l'agent du Basque, était allé faire la tournée des médias pour « casser » du Puel au printemps 2020, signant par là la triste fin de l'aventure stéphanoise de son protégé. Licencié manu militari en janvier dernier, Ruffier demande réparation du préjudice devant les Prud'hommes. Il espèrerait 5 M€. Un dossier qui n'a pas fait l'unanimité au sein du club, du vestiaire et auprès des supporters.
 

Il a poussé Perrin, Debuchy et Beric vers la sortie

Désireux de reconstruire avec des jeunes et d'alléger la masse salariale, Puel a précipité les départs de joueurs comme Loïc Perrin, Mathieu Debuchy ou encore Robert Beric. Trois joueurs qui faisaient l'unanimité dans le vestiaire et que beaucoup de supporters regrettent encore. Comme celui de M'Vila.
 

Thuilot, un an et puis s'en va

A son arrivée en octobre 2019, Puel avait imposé la présence à ses côtés de Xavier Thuilot, intronisé directeur général. Mais l'ancien lillois n'est respé qu'un peu plus d'un an dans le Forez, où ses absences et son manque d'implication ont été évoquées en privé par le duo de présidents pour justifier son éviction en janvier dernier.

 

Modeste, Retsos et Aouchiche

Outre Thuilot, Puel a fait appel à un autre ancien lillois : Jean-Luic Buisine, successeur de David Wantier à la tête de la cellule de recrutement. Mais les derniers Mercatos n'ont pas été un franc succès pour l'ASSE, a vec les prêts peu concluants d'Anthony Modeste et Panagiotis Retsos, ou encore l'arrivée d'Adil Aouchiche. Annoncé comme une « pépite », le jeune parisien, pour qui les Verts ont dépensé 4 M€ de prime à la signature, n'a toujours pas justifié sa réputation, ni ses émoluments (80 000 € mensuels).
 

Des cadres placardisés

Puel a tenté de pousser vers la sortie des joueurs au salaire encombrant comme Whabi Khazri et Ryad Boudebouz, à l'été 2020, avant de les réintégrer. Il avait récidivé cet été avec l'Algérien et avait aussi écarté plusieurs joueurs, à différents moments, notamment Timothée Kolodziejczak et Miguel Trauco. C'est pourtant grâce à l'apport des ces mêmes joueurs, en particulier Khazri, que l'équipe est allée chercher son maintien au printemps dernier après avoir longtemps navigué en eaux troubles.

 

La Gambardella, génération oubliée

En gagnant la Coupe Gambardella au printemps 2019, l'ASSE pensait disposer d'une génération d'avenir. Mais Puel ne s'est pas franchement appuyé sur les héros du Stade de France. Hormis Wesley Fofana et Charles Abi, aucun titulaire n'a vraiment eu sa chance. Kenny Rocha Santos est parti à Nancy puis à Ostende, Tyrone Tormin a pris la direction de Niort. Les autres végètent en réserve, pour ceux qui sont toujours au club, à l'instar de Bilal Benkhedim, pourtant annoncé comme l'un des plus sûrs espoirs du club.

 

Des jeunes qui n'ont pas vraiment progressé

Puel répète à l'envi que les jeunes joueurs ont progressé depuis son arrivée au club. Mais ces progrès sont loin d'être évidents. Ils ne se matérialisent pas sur le terrain, en tout cas, que ce soit pour Aouchiche, Lucas Gourna-Douath, Yvan Neyou, Yvann Maçon, Arnaud Nordin ou encore Harold Moukoudi et Zaydou Youssouf. Sans parler de jeunes en qui Puel semblaient croire mais qui ont vite disparu, comme Maxence Rivera, Baptiste Gabard, Alpha Sissoko, Edmilson Correia...
 

Des choix souvent incompréhensibles

Alors que Puel est arrivé il y a plus de deux ans, l'ASSE n'a jamais vraiment eu d'équipe type ni de système de jeu bien établi. L'équipe ne cesse de ressembler à un laboratoire. Puel a surpris en alignant souvent des joueurs à un poste inédit (Bouanga en piston, Camara, Moueffek et Sow en latéral droit, Youssouf ailier droit). Il a aussi fait enchaîner Maçon a son retour de blessure, ce qui a provoqué son retour à l'infirmerie. Ou encore prolongé Romain Hamouma après l'expiration de son contrat, donnant l'impression, une fois encore qu'il naviguait à vue, sans réelle cohérence. Comme en obtenant le prêt d'Ignacio Ramirez dix minutes avant la fin du Mercato, cet été. Avant de le laisser sur le banc plus souvent qu'à son tour.

Pour résumer

Un peu plus de deux ans après son arrivée, Claude Puel se retrouve fragilisé depuis quelques semaines à cause du début de saison catastrophique de son équipe. Coup de projecteur sur son travail depuis qu'il a été nommé manager général de l'ASSE...

Laurent HESS
Rédacteur
Laurent HESS