par Benjamin Danet
RESPONSABLES

ASSE : les coupables du fiasco stéphanois passés au crible

Ils sont nombreux à pouvoir être désignés coupables de la descente en Ligue 2 de l'ASSE. Et si il va falloir désormais reconstruire, et nécessairement tourner la page, aucune raison de ne pas pointer les responsabilités de chacun.

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Caiazzo-Romeyer, un tandem aux abois

Quoiqu'il advienne dans les prochains jours, on conseille fortement à Roland Romeyer et Bernard Caïazzo de ne pas fêter leur considérable plus-value financière dans un restaurant de Saint-Etienne. Car aux yeux du peuple Vert, ce sont bel et bien les deux hommes qui sont responsables de tous les maux et qui cristallisent la colère de chacun.

Justifié ? En partie, oui. Car ce sont eux, et personne d'autre, qui ont décidé, en trois ans, de passer d'une politique Ligue des Champions à celle du "dégagisme" des gros salaires. Ce sont eux qui se sont plantés à chaque fois qu'ils se devaient de choisir un entraîneur. Garcia ? Quatre mois et puis s'en va. Sablé, obsession de Romeyer, on connaît le résultat. Printant ? Une fin aux prud'hommes. Puel ? 0n va en reparler. Dupraz ? Trop facile de tirer sur une ambulance. Il n'est au fond que Gasset, qui s'est imposé de lui-même, qui a réussi. Un choix de Caiazzo. Ce sont eux, et personne d'autre, qui ont menti aux supporters en laissant croire que la situation économique était saine (les fameux communiqués pondus chaque saison en fin d'exercice) alors qu'elle imposait, au contraire, de vendre certains bijoux de famille, et non des moindres, avec les transferts conjuguées de William Saliba et Wesley Fofana. Ce sont eux, enfin, qui ont déclaré mettre le club en vente, repoussant ensuite chaque offre qui ne remplissait pas suffisamment leurs portefeuilles.

On parle ici de sommes déjà conséquentes puisque ils pouvaient, avec 10 millions d'euros chacun, réaliser une sacrée opération financière, eux qui ont respectivement investi 2,5 millions d'euros (Caïazzo) et 1,25 (Romeyer) il y a près de dix-huit ans. La situation, sportive, de l'ASSE, déjà catastrophique l'hiver dernier, imposait d'agir vite. Ils ne l'ont pas fait, prouvant, si besoin était, leur non-sens des responsabilités. Quant à ce qui suit, et on pense bien entendu au génie castrais, Claude Puel, ce sont encore et toujours Romeyer et Caïazzo qui lui ont accordé les pleins pouvoirs. Pour le sinistre résultat que l'on connaît. Donc oui, cette descente en Ligue 2, c'est aussi et surtout la leur.

 

Claude Puel, droit dans le mur

 

Rassurez-vous, si vous lisez du Claude Puel dans les semaines à venir, vous n'y trouverez pas une quelconque remise en cause. Ou même l'esquisse d'une responsabilité personnelle dans le désastre stéphanois. Pas le genre du Castrais, droit dans ses bottes et muré dans sa fierté qui lui laisse penser qu'il a toujours raison.

A sa décharge, une chose, une seule : la demande de ses deux présidents de faire partir les gros salaires du club. Il a donc fait le sale boulot, traitant avec mépris Boudebouz, Khazri, Ruffier et tant d'autres. Pour le reste, l'ancien entraîneur de Monaco, Lyon, Nice et on en passe, a tout raté. A commencer par les résultats obtenus, désastreux. Pour son premier exercice, presque plein, c'est le Covid qui sauve les Verts d'une fin de saison compliquée. Pour son second, le maintien n'est à envisager qu'en fin de saison. Pour son troisième, il laisse l'ASSE dans les bas-fonds avant d'être remercié l'hiver dernier. Puel s'est entêté, tel un technicien buté, à privilégier la carte jeunes, alors qu'elle ne fonctionnait pas. Il a failli dans le recrutement, et à chaque fois, en dégageant Beric pour Abi, Perrin, Debuchy, on a vu le résultat, en misant des millions (4 tout compris) sur Aouchiche, un fiasco, en signant Krasso, joueur de Ligue 2 tout au plus, et, cerise sur le gâteau, en faisant signer un contrat à Joris Gnagnon en dépit d'un surpoids qui sautait aux yeux. La liste des erreurs de Puel est tellement longue qu'on pourrait y consacrer un ouvrage. En attendant, il s'en est allé, discrètement, et lui-aussi avec un gros chèque dans la poche : près de 2 M€...

Soucasse-Perrin-Rumsten, trois hommes et une descente 

Ainsi va la vie à l'ASSE : confier les rênes d'un club à des hommes qui restent sur des échecs ou qui n'ont jamais dirigé. Jean-François Soucasse joueur, les supporters des Verts, du moins les plus anciens, ne peuvent avoir oublié : c'était un désastre. Avec, déjà, une descente en L2. Soucasse dirigeant, et cette fois à Toulouse, ça s'était également soldé par un voyage en L2.

L'ancien défenseur central continue donc son parcours dans le foot professionnel de la plus belle des manières. Avec, comme les deux autres, un mercato hivernal catastrophique. Samuel Rumsten, que le peuple Vert connaît moins bien, était jusqu'à présent dans la maison verte comme Stadium Manager. En relation avec les supporters. Etant un proche de Romeyer, ce qui aide pour prendre du galon à l'ASSE, il s'est vu confier une mission pour laquelle il n'était pas préparé. Loïc Perrin, enfin, dont on rappellera tout de même qu'il avait été dégagé sans ménagement par Puel, s'est trompé dans ses choix lors du mercato d'hiver. « Capi » connaît le football, aucun doute là-dessus, mais prendre Mangala était risqué et raté. Idem pour Enzo Crivelli, arrivé blessé dans le Forez (une spécialité maison après l'épisode Anthony Modeste). Bakary Sako n'a que peu joué, Sada Thioub, peu convaincu. Quant à Paul Bernardoni, souvent critiqué, il était sans doute important de savoir si il ne fallait pas investir le peu d'argent à disposition du club sur un autre poste. Enfin, et même si il est facile de réécrire l'histoire, on pourra bien entendu leur imputer le (mauvais) choix Pascal Dupraz.

Oui, l'homme a fait du bien sur le plan mental. Oui, il est arrivé en pompier pour gérer une situation dramatique alors que le club brûlait de toutes parts. Mais oui, il a montré ses limites sur le plan tactique, match après match. Oui, son obsession à jouer à 5 en défense a coûté des points. Et oui, enfin, il est l'entraîneur qui nous fait descendre. Point final.

 

Dupraz a perdu son Karma, les supporters ont joué contre leur camp

Inutile, et surtout injuste, de mettre tout le monde dans le même panier. On ne parle ici que d'une minorité, certains Ultras, du Kop Nord ou du Kop Sud, qui s'estiment au-dessus de tout et surtout du club. Leur comportement, face à Auxerre, avec des fumigènes jetés sur la tribune présidentielle, est une honte sans nom. Leurs innombrables coups de gueule, cette saison, n'ont pas toujours été bien pensés. Car si mettre la pression sur les joueurs, en allant pacifiquement à l'Etrat, peut se comprendre, on a revanche beaucoup plus de mal à tolérer les centaines de fumis allumés lors de certains matches, les filets brûlés contre le SCO d'Angers ou encore l'anniversaire des Green Angels avec plus de 800 torches allumées. Résultat, des matches à huis clos, des tribunes vides et des joueurs, déjà pas bons, qui évoluent dans un stade vide. On se demandera, encore et toujours, pourquoi et comment ces supporters arrivent à rentrer dans le stade avec autant d'engins pyrotechniques ? On se demandera si ils ne profitent pas d'un laxisme évident de la part du club et de ses pseudo-dirigeants. En attendant, il est urgent de rappeler à certains qu'ils ne sont que des supporters. Qu'ils sont là pour soutenir et rien d'autre. Et que le chaudron leur soit définitivement interdit en cas de non-compréhension. Il est temps, grand temps que ça cesse.

Pour résumer

Ils sont nombreux à pouvoir être désignés coupables de la descente en Ligue 2 de l'ASSE. Et si il va falloir désormais reconstruire, et nécessairement tourner la page, aucune raison de ne pas pointer les responsabilités de chacun.

Benjamin Danet
Rédacteur
Benjamin Danet

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