ASSE : N’est pas sphinx qui veut, n'est-ce pas Claude Puel ?
Claude PuelCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS
LETTRE OUVERTE

ASSE : N’est pas sphinx qui veut, n'est-ce pas Claude Puel ?

Ancien recordman de victoires à TLMVPSP, le jeu de Nagui sur France 2, Dominique Bréard, supporter des Verts, avocat de profession et consultant pour But ! Saint-Etienne, a écrit une lettre à Claude Puel, le manager de l'ASSE...

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« Mon cher coach, alors même que, comme tout le monde, je me fais un sang d'encre au sujet de l’avenir de notre cher club, j’aimerais que vous entendiez que cette lettre, que vous lirez autant que les précédentes, ne tient que très peu compte des résultats actuels de notre cher club.

Comme Kipling, je sais recevoir la victoire et la défaite comme les menteuses qu’elles sont, d’un même front. Et puis je sais que, quoiqu’on en dise, la saison va se terminer avec vous et, selon toutes vraisemblances, la saison suivante va commencer de la même façon. Mais si j’avais accueilli votre arrivée et le début de notre aventure commune avec un certain intérêt et la conviction que c’était votre moment, sans déchanter, j’avoue que je ne vous vois plus désormais que comme la nécessité de ne pas systématiquement défaire le peu qui a été fait. Tout cela n’est ni très romantique ni très romanesque mais je considère que, au-delà du fait que votre départ ferait mal à nos finances, il n’aurait aucun effet immédiat sur l’évolution de l’équipe. Alors, puisqu’on doit vivre ensemble encore quelque temps, il y a des choses que j’aimerais vous dire pour que, à défaut de m’enflammer, je puisse au moins me dire que je vis dans une certaine sécurité.

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« Lorsqu’une question vous est posée, vous démarrez par un pfff dont la durée est aussi longue qu’une période qui s’écoule cette saison entre deux buts de Bouanga »

L’autre jour, je disais sur le réseau social ornithologique, que je plaignais les journalistes d’avoir à se fader la même conférence de presse depuis 18 mois. Qu’est-ce qui se passe en vous pour que vous passiez de bouillonnant quand vous donnez vos consignes sur votre banc à totalement endormi quand vous arrivez en zone mixte ? Lorsqu’une question vous est posée, vous démarrez par un « pfff » dont la durée est aussi longue qu’une période qui s’écoule cette saison entre deux buts de Bouanga. Puis, les réponses qui suivent nous font immédiatement regretter le « pfff » qui a le mérite d’être plus expressif. Votre langue de bois repeuplerait 4 fois la forêt canadienne. Mais pourquoi ? C’est peut-être la succession des matchs à huis-clos qui vous le fait oublier mais Saint-Etienne n’est pas Monaco. Nous avons besoin de nous enthousiasmer et, à défaut de le faire par les résultats, on pourrait y parvenir par les perspectives. Mais là, qu’est-ce qu’on entend, « on doit renforcer la densité physique », on doit se relever après les gifles », j’ai vu des choses intéressantes », « l’équipe n’a pas les résultats qu’elle mérite ». Oui, et ? Vous savez, mon cher coach, n’est pas sphinx qui veut. Je ne dis pas ça parce que je pense que vous vous comparez à lui, je connais votre lucidité.

« S’il vous plaît, un peu plus d’entrain, un peu plus de pédagogie, un peu plus de sincérité »

Je parle du sphinx parce que c’est le seul à qui on passait le fait d’être imperturbable sur son banc quel que soit le résultat. On se disait, Roby sait ce qu’il fait et si les faits ne lui donnent pas raison aujourd’hui, ce sera pour demain. Vous, on voit vos compos et votre coaching, souvent on ne comprend rien, et, alors même que les résultats ne sont pas là, vous nous servez un filet d’eau tiède. Mon cher coach, l’épisode du 30 janvier, en ce qu’il a été pacifique mais soudain, aurait dû vous faire comprendre que, derrière les journalistes à qui vous répondez, il y a les supporters qui ont besoin d’être rassurés. Pas grâce à des contes de fée mais grâce à quelqu’un qui leur développe chaque semaine son projet et lui dit pourquoi et comment on doit continuer d’y croire. Je veux bien que vous ne soyez ni Galtier ni Gasset et que la communication ne soit pas votre fort.

Mais entendez bien que votre manière de vous exprimer pousse les supporters les plus en capacité d’analyser du côté des médullaires qui appellent à votre départ sur l’air des lampions. Comme dirait le père Jules, je n’ai pas changé et je veux toujours de la stabilité pour mon club.C’est pourquoi je ne souhaite pas votre départ dès maintenant. Mais, s’il vous plaît, un peu plus d’entrain, un peu plus de pédagogie, un peu plus de sincérité. Je sais que vous avez les moyens de nous maintenir, merci de nous le dire un peu plus souvent.

Votre très dévoué.

Dominique Bréard, qui veut chanter allez les Verts ailleurs que sur un tas de fumier... »