ASSE - OL : "Le derby, il faut surtout que ça dure"
par Benjamin Danet
Témoignage

ASSE - OL : "Le derby, il faut surtout que ça dure"

Le 16 septembre dernier, aux éditions du Volcan, sortait l'ouvrage : Derbyrama, football, amours et querelles. Consacré, bien entendu, à la riche opposition entre l'ASSE et l'OL depuis des dizaines d'années. L'un des auteurs, Cyril Collot, en dit plus sur la rivalité ancestrale et son envie d'en raconter les coulisses.

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Après les histoires du derby, livre paru il y a quelques années, vous avez donc décidé avec Sébastien Vuagnat de prolonger l'histoire avec un second ouvrage consacré à ce duel si particulier du football français 

C.C. : Dans le premier ouvrage, nous nous sommes limités aux matches et aux petites et grandes histoires qui en découlent. On était focus sur le terrain. Cette fois, avec Sébastien, l'ouvrage est le fruit de nos souvenirs de supporters. Ceux de deux journalistes lyonnais, pour qui le derby est au-dessus de tout, et qui racontent ce qu'ils ont vécu au travers de leurs expériences, personnelles et professionnelles. 

Deux supporters lyonnais, ça ne va pas faire plaisir aux supporters des Verts... 

C.C. (Rires) Possible, mais une fois encore, on est avant tout amoureux du derby. De cette opposition qui traverse les générations et occupe l'esprit des supporters et de leurs familles tout au long de la saison. Je suis supporter de l'OL, je souhaite que mon club gagne bien sûr. Mais je ne baigne pas dans l'hystérie, n'ai aucune animosité à l'encontre des Stéphanois. Pour un bon derby, il faut être deux. 

Ne trouvez-vous pas, justement, que l'antagonisme entre les supporters des deux camps a pris le pas, depuis des années, sur la rivalité sportive ? 

C.C. Il y a en effet eu des débordements stupides au cours des dernières années. Mais limiter le derby à ce genre d'incidents, je le refuse. En ce qui me concerne, j'ai la même affection pour Camille Ninel, buteur de l'OL lors de la toute première victoire des Lyonnais à Sainté dans les années 50 (1955), que pour Georges Bereta. Je condamne de la même manière les abrutis qui s'en sont pris à lui au sortir d'un derby que ceux qui sont allés foutre en l'air le mariage d'un supporter lyonnais. Que ce soit Sébastien Vuagnat, ou moi, on met le derby plus haut que tout. On aime, par exemple, raconter le but contre son camp de Sylvain Kastendeuch, un soir de hold-up lyonnais dans le chaudron, mais également s'attarder sur le doublé d'Etienne Mendy en 1994 lors d'une victoire des Verts, 3-0. 

Une victoire contre le cours du jeu, d'ailleurs... 

C.C. En effet. Mais j'avais pour ma part été très marqué par l'ambiance qui régnait ce soir là à Geoffroy-Guichard. Il n'y avait pas grand monde, pourtant, (NDR : 16 000 spectateurs), mais c'était le feu dans le stade. 

Estimez-vous que le derby accapare toujours autant les supporters des deux camps ? 

C.C. Au travers des histoires que l'on raconte, j'ai le sentiment que oui. Au bureau, en famille, et dans toute la région, le match alimente les discussions. Et on sait que chaque joueur qui arrive dans l'un des deux clubs est tout de suite mis au parfum. Les deux rendez-vous de la saison sont à gagner, ce n'est même pas négociable. 

Même considération chez les joueurs ? 

C.C. Allez demander à Caqueret, Cherki ou encore Lopes si ils n'ont pas envie de les gagner ! Et c'est forcément la même réponse pour tous ceux qui sont dans les centres de formation des deux camps. Ils sont nourris à cette rivalité. Alors effectivement, il y a aujourd'hui moins de joueurs du cru dans chaque équipe, Loïc Perrin était une exception aujourd'hui disparue. On ne peut pas dire que pour l'OL ou l'ASSE, c'est LE match de l'année, mais les joueurs restent très, très attachés à cette suprématie régionale. 

Quel est votre pronostic pour les deux confrontations de cette saison ? 

C.C. Comme j'ai eu la chance de rencontrer Claude Puel au cours du passé, et que j'aime beaucoup ce Monsieur pour ses convictions et son envie de se battre avec ses idées, je dirais match nul à Sainté le week-end prochain. En plus, ça pourrait permettre aux Verts de lancer leur saison et de repartir dans la bonne direction avec des matches moins compliqués. Quant au derby retour, je vois une victoire de l'OL. 

Si vous deviez retenir deux joueurs pour illustrer le derby, un de chaque camp ? 

C.C. Les deux noms que je vous ai donnés récemment : Camille Ninel pour l'OL et Georges Bereta pour Sainté. Ce sont deux êtres exceptionnels pour qui j'ai une immense estime. Leur histoire, leur parcours, c'est aussi le derby. Et il faut surtout que ça dure, que cela reste indémodable. 

 

Pour résumer

Le 16 septembre dernier, aux éditions du Volcan, sortait l'ouvrage : Derbyrama, football, amours et querelles. Consacré, bien entendu, à la riche opposition entre l'ASSE et l'OL depuis des dizaines d'années. L'un des auteurs, Cyril Collot, en dit plus sur la rivalité ancestrale et son envie d'en raconter les coulisses.

Benjamin Danet
Rédacteur
Benjamin Danet