ASSE - Opinion : le mensonge qui persiste dans le dossier Ruffier
Credit Photo - Icon SPORT
par Benjamin Danet
Gros sous

ASSE - Opinion : le mensonge qui persiste dans le dossier Ruffier

L'ancien gardien titulaire de l'ASSE, Stéphane Ruffier, pourrait être licencié par son club pour faute grave. Une information, mensongère, en découle depuis quelques semaines.

Bien longtemps, déjà, que le sort de Stéphane Ruffier à l'ASSE alimente les réseaux sociaux. Titulaire, numéro 2 ou même viré, le Basque, si discret dans les médias, a toujours suscité les plus vifs commentaires. C'est encore, et plus que jamais, le cas depuis des semaines et sa brutale mise à l'écart ordonnée par Claude Puel, l'entraîneur des Verts. Dans ce dossier, qui ressemble à tant d'autres dans l'univers dénué de morale du football professionnel, tout a (presque) été dit. Et écrit. Ruffier, et c'est peut-être vrai, aurait ainsi refusé de passer "derrière" Jessy Moulin, aurait quitté l'Etrat sans y être autorisé, mal porté son masque alors que la situation sanitaire l'impose. Des reproches qui s'accumulent et poussent, logiquement d'ailleurs, de nombreux supporters à affirmer que personne, pas même Ruffier, ne doit être au-dessus de l'institution. Je partage le sentiment, trop attaché à cette Association Sportive de Saint-Etienne, pour autoriser quiconque à déroger aux règles.

Problème, l'amour que je porte aux Verts a parfois sa raison. Cette même raison qui inclut nécessairement un devoir de mémoire que j'ai beaucoup de mal à voir bafouer. On aime ou on déteste Ruffier, peu importe. Force est néanmoins de reconnaître qu'il est à la base des bons résultats de l'ASSE au cours des dix dernières années. On s'étrangle, ou non, du salaire versé chaque mois à Ruffier. Peu importe. On rappellera toutefois que ce sont les dirigeants qui lui ont proposé de tels émoluments et que personne, à l'époque, ne s'offusquait de son salaire lorsqu'il brillait dans les buts. On s'indigne, ou non, devant un joueur payé à ne pas jouer. Peu importe. La durée de son contrat a également été signée par les dirigeants et si les caisses sont aujourd'hui vides, "Ruff' n'en est en rien responsable. On rajoutera, et c'est d'une telle évidence qu'on se demande même pourquoi on l'écrit, que l'ASSE pouvait, depuis des mois, libérer son gardien de sa dernière année de contrat en lui payant ce qu'elle lui devait. Un chèque, une poignée de mains et le dossier était clos. 

Encore plus gênante, et savamment entretenu par certains médias, l'idée selon laquelle le licenciement de Stéphane Ruffier permettrait au club de réaliser un bon Mercato. C'est faux. Odieux mensonge qui ne tient pas la route face à la réalité économique. Tout d'abord parce que l'ancien titulaire, et ses conseils, attaquera le club aux prud'hommes. Et qu'au regard du dossier, du moins ce que l'on en sait, il n'est pas interdit de penser qu'il gagnera. Les économies supposées se transformeront alors en dettes.

Ensuite parce que la situation financière des Verts, Ruffier ou pas, ne permet en rien de programmer dans les prochaines semaines de grosses dépenses. 17e place la saison dernière, Covid-19, stade vide, emprunt effectué, absence de droits télé (merci Mediapro...), autant d'éléments qui ont contraint Puel et la direction à vendre Wesley Fofana il y a quelques semaines. Autant d'éléments qui plombent les dirigeants stéphanois comme presque tous ceux de la Ligue 1. 

 

VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITE DE L'ASSE

Des économies ? Non des dettes

Encore plus gênante, et savamment entretenu par certains médias, l'idée selon laquelle le licenciement de Stéphane Ruffier permettrait au club de réaliser un bon Mercato. C'est faux. Odieux mensonge qui ne tient pas la route face à la réalité économique. Tout d'abord parce que l'ancien titulaire, et ses conseils, attaquera le club aux prud'hommes. Et qu'au regard du dossier, du moins ce que l'on en sait, il n'est pas interdit de penser qu'il gagnera. Les économies supposées se transformeront alors en dettes. Ensuite parce que la situation financière des Verts, Ruffier ou pas, ne permet en rien de programmer dans les prochaines semaines de grosses dépenses. 17e place la saison dernière, Covid-19, stade vide, emprunt effectué, absence de droits télé (merci Mediapro), autant d'éléments qui ont contraint Puel et la direction à vendre Wesley Fofana il y a quelques semaines. Autant d'éléments qui plombent les dirigeants stéphanois comme presque tous ceux de la Ligue 1. Autant d'éléments, enfin, qui devraient logiquement éviter de rêver à tout supporter stéphanois au cours du prochain Mercato.

Une fois encore, et le débat alimentera encore les réseaux sociaux dans les prochains jours, le dossier Ruffier devrait se passer de toute considération sur sa seule personne. Les faits, rien que les faits. J'en parle d'autant plus librement que si j'ai toujours trouvé le gardien exceptionnel, je n'ai jamais été fan de sa personnalité. Et que l'ai même trouvé affligeants les propos de son agent il y a des mois. On aime ou on déteste Ruffier. Peu importe. La seule vérité est que son départ ne remplira pas les caisses. Et que notre club, à tous les sens du terme, ne sortira pas grandi de ce triste dossier.

B.D.