ASSE : pourquoi il faut croire à des jours meilleurs
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par Benjamin Danet
ESPOIR

ASSE : pourquoi il faut croire à des jours meilleurs

En dépit d'une situation sportive et financière préoccupante, du silence ahurissant des présidents et du manque de résultats de Claude Puel, les joueurs, eux, ont répondu présent lors du derby. De quoi espérer des jours meilleurs pour l'ASSE.

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Une question de calendrier

Certes, le tableau n'est guère reluisant. Quatre petits points, en neuf journées de Ligue 1, une début de saison cataclysmique et une place de bon dernier, aucun supporter des Verts ne pouvait décemment l'imaginer avant la reprise. Comme, d'ailleurs, de devoir se persuader que ça irait mieux dans les prochaines semaines. Nous en sommes pourtant là, tristement confrontés au (seul) Vert de l'espoir. Sauf qu'il faut aussi être raisonnable et constater qu'hormis le Paris Saint-Germain, les joueurs de Puel ont déjà rencontré tous les cadors de la Ligue 1. L'Olympique Lyonnais, l'Olympique de Marseille, le RC Lens, l'OGC Nice et l'AS Monaco, c'est déjà fait. Et il est une évidence, sans bien entendu garantir un futur nombre de points, que les matches à venir seront d'une toute autre intensité pour Wahbi Khazri et sa bande.

Le programme, justement ? Un déplacement à Strasbourg, où il n'est jamais facile de prendre des points. Puis les venues, dans le chaudron, d'Angers, de Clermont, de Rennes et de Nantes pour des déplacements à Metz, Troyes, Brest et Reims. Insurmontable ? Loin de là. A la seule condition, bien entendu, que les joueurs affichent le même état d'esprit que face à Lyon et qu'ils se rendent tous compte à quel point l'heure est grave. 

Un système enfin stabilisé 

Vous l'avez sans doute entendu à la composition des équipes par le speaker lors du derby, Claude Puel a littéralement été hué par le chaudron. Preuve que le Castrais ne fait plus l'unanimité et qu'il a fini de mettre des doutes dans l'esprit des supporters. A la décharge du coach, le manque de moyens et l'évidente faiblesse technique de certains de ses joueurs. En revanche, et cela contribue à son discrédit, Puel a abusé du changement de système. Abusé de la jeunesse, à outrance, et du renvoi de certains cadres, traités comme des malpropres. Il semblerait, et cela reste à confirmer, que l'entraîneur-manager ait enfin compris certaines choses. Que les cadres apportent leur pierre à l'édifice. Qu'une équipe de l'ASSE n'est pas la même avec ou sans Hamouma, Khazri, Kolo, Trauco ou encore Boudebouz.

Au sujet de ce dernier, il est tout de même frappant de constater à quel point Puel lui a (re)fait confiance alors qu'il était menacé d'éviction par le tandem Caïazzo-Romeyer. Intéressant de comprendre pourquoi un joueur aussi doué techniquement pouvait être laissé de côté depuis des mois. Certes, l'Algérien n'a pas toujours été à la hauteur, mais des joueurs capables de garder le ballon, de créer des décalages, de casser des lignes ou d'offrir de bons ballons, l'ASSE n'en dispose pas. Hormis Boudebouz, quand il est en forme. Gageons, donc, que Boudebouz aura encore la confiance de son coach dans less semaines à venir et que le milieu de terrain des Verts ne sera pas uniquement composé de récupérateurs. On attend de la création. Avec Boudebouz. 

De l'argent frais dès cet hiver

Pas la peine, en ce qui vous concerne les lecteurs de But! Sainté, de vous faire un rappel des conséquences de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations. A compter du mois de janvier 2022, l'épreuve, qui se disputera au Cameroun, va contraindre plusieurs clubs de l'élite à se passer de nombreux joueurs. Dans le Forez, c'est presque une équipe entière qui va quitter l'Etrat, de Wahbi Khazri à Harold Moukoudi, en passant par Denis Bouanga, Yvan Neyou ou encore Saïdou Sow. Bien entendu, cette compétition, qui s'apparente à un vrai problème, n'a pas été prise à sa juste mesure par nos dirigeants. Qui, contrairement, aux supporters ne se sont pas demandés à quel moment leur formation allait être compétitive....

Seule issue, et elle est d'actualité, la vente du club qui doit se faire rapidement. Pour que de l'argent frais soit injecté dans les caisses du club et que le mercato d'hiver, pas simple à gérer, permette de s'offrir, au minimum, une ou deux recrues essentielles pour l'avenir du club en Ligue 1. Au regard des montants liés aux candidats-repreneurs, ce ne devrait pas être un souci. Chaque projet, qu'il soit américain, viétnamien ou français, prévoit un investissement rapide. Attention, à cette heure, rien ne dit que l'ASSE sera vendue à Noël. Rien. Mais gageons, y compris dans le cas ou le club ne serait pas cédé, que nos deux présidents ouvrent une nouvelle ligne de crédit, et accordent à Puel quelques renforts. Il y va de la survie du club.

Un 12e homme comme piqure de rappel

On pourrait se lasser de le répéter, mais il ne le faut pas : l'ASSE compte des supporters exceptionnels. On l'a (encore) vu face à l'OL dans le derby, comme depuis le début de la saison, les deux Kops et le chaudron tout entier sont capables de porter les joueurs et de leur donner un supplément d'âme. Il est une autre évidence qu'en bons garants de l'institution, les membres des Magic Fans et des Green Angels appuient là ou ça fait mal quand les résultats ne suivent pas.

Aucun risque, dès lors, que les joueurs ne soient pas rappelés à leurs devoirs en cas de défaillances répétées. Aucun risque de voir l'Etrat se vider de public en cas de lente descente aux enfers. Les supporters des Verts sont toujours là et ne laisseront pas faire.  Ce qui peut être un risque, au vu des débordements éventuels, a déjà porté ses fruits la saison passée, avant un match crucial à Nîmes. Ce fut encore le cas après la lourde défaite face à Nice et la prise de conscience qui s'est opérée dans le semaine précédant le derby. Pas de raison, dès lors, pour que ça ne continue pas en seconde partie de saison.

Pour résumer

En dépit d'une situation sportive et financière préoccupante, du silence ahurissant des présidents et du manque de résultats de Claude Puel, les joueurs, eux, ont répondu présent lors du derby. De quoi espérer des jours meilleurs pour l'ASSE.

Benjamin Danet
Rédacteur
Benjamin Danet