ASSE - RC Lens (2-3) : faibles, sans talent et sans idées, pourquoi les Verts plongent
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par Benjamin Danet
Ligue 1 (28e journée)

ASSE - RC Lens (2-3) : faibles, sans talent et sans idées, pourquoi les Verts plongent

L'ASSE accueillait ce soir le RC Lens dans son chaudron (vide) de Geoffroy-Guichard. Résultat, les Verts ont encore perdu (2-3) et de manière totalement logique. Le maintien va être compliqué à ce rythme-là...

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L'ASSE se devait, ce soir, de rendre une copie plus propre que celle rendue dimanche dernier sur le terrain du FC Lorient (1-2). Les Verts, qui avaient arrêté de jouer aux bout de 16 minutes, June fois qu'ils avaient ouvert le score, étaient cette fois confrontés à une très bonne équipe du RC Lens, qui, elle, tente d'accrocher une place européenne. Ce qu'il faut retenir de cette rencontre.

Des erreurs de débutants

Franck Haise, l'entraîneur du Racing, s'est peut-être dit, au cours de la première période, que l'absence de son milieu de terrain, Gaël Kakuta, n'était pas si lourde de conséquences. Et pour cause, sans leur maître à jouer, les Lensois n'ont eu aucune peine à inscrire les deux premiers buts du match à une défense stéphanoise totalement immature. Le premier but ? Une tête en retrait ratée de Gourna-Douath et une faute aussi inutile que stupide de Moukoudi sur Kalimuendo, dans la surface de réparation. Au lieu de gêner l'attaquant lensois, le Camerounais multiplie les contacts, se jette et concède logiquement le pénalty, transformé par Sotoca (0-1, 20e). Et que dire du second but, inscrit quatre minutes plus tard, avec Fofana qui, auteur d'un énorme match et sans la moindre gêne, trouve plein axe Kalimuendo, pourtant entouré par Debuchy et Cissé qui ne réagissent guère. Résultat, une frappe sèche de l'attaquant prêté par le PSG, 2-0 pour le RCL au bout de 24 minutes et une défense verte digne d'une équipe juniors. Le pire a même été évité par Kolo, à la 32e minute, lorsque ce dernier a enlevé à Kalimuendo le troisième but, lui qui venait de profiter d'une passe en retrait complètement ratée de Pape Cissé...

Enfin du (presque) bon Aouchiche

Le débat persiste depuis des mois : pourquoi Claude Puel s'obstine à mettre sur un côté Adil Aouchiche ? Le jeune espoir formé au PSG, priorité de Puel l'été dernier, a jusque-là déçu, renvoyé même sur le banc de touche par son entraîneur. Ce soir, pourtant, et profitant d'une certaine liberté, Aouchiche a montré de quoi il était capable. Le seul Vert technique, clair sans ses choix, rapide dans ses exécutions et plutôt adroit sur coup de pied arrêté. Si il s'est dépensé sans compter sur l'aile gauche, on l'a enfin vu dans l'axe, distillant des passes propres et se trompant rarement. C'est d'ailleurs lui qui dépose un bon ballon , sur corner, sur la tête de Moukou pour la réduction du score (1-2; 40e). Problème, Aouchiche a disparu en seconde période et remplacé par Neyou (71e). Il y a encore du boulot pour le supposé prodige...

Une créativité proche du néant

Les Sang et Or, avec leurs deux buts d'avance en première période, ont alors décidé de laisser le jeu aux Verts. En reculant, sans doute trop, et en permettant aux hommes de Puel de rester dans le match et de même, parfois, faire preuve d'imagination. Problème, au retour des vestiaires, les Lensois ont écouté le discours de leur technicien, Franck Haise, guère emballé par la seconde partie de la première période. Le Racing a donc joué plus haut, plus compact et annihilé, sans trop de difficulté, toute velléité stéphanoise. Les Verts, sans idées, et sans aucune solutions offensives, ont donc joué à la baballe derrière. Incapables de porter un quelconque danger sur le but de Leca. Et sans une parade de Moulin (64e), face à Sotoca, le break des Sang et Or aurait été fait plus tôt dans le match. Le seul danger en fin de match pour l'ASSE ? Des corners ou des coups de pieds arrêtés. Jamais une action construite. C'est dire.

Abi et Monnet-Paquet, symboles des errances de Puel

L'attaquant de l'ASSE a longtemps été érigé en choix fort de Claude Puel. Hier comme aujourd'hui. Et c'est une fois encore le vainqueur de la Gambardella qui a été aligné en pointe ce soir, en lieu et place de Modeste, transparent depuis deux matches. Et si l'on convient avec le technicien de l'ASSE que Abi est robuste et propose des solutions, on constate également qu'il ne se procure presque jamais d'occasions franches et qu'il court désespérerment dans le vide. Abi a donc cavalé, certes, a fait les efforts, avec détermination, mais n'a été dangereux qu'en une seule occasion, sur une frappe lointaine en seconde période flirtant avec le poteau de Leca. Des mois que Puel maintient sa confiance en Abi. Il s'est trompé. Et que dire de la prestation de Kévin Monnet-Paquet, aligné par Puel au coup d'envoi. KMP a été malheureux dans tous ses choix, a multiplié les erreurs techniques et on se demande encore comment il a pu rester sur le terrain au retour des vestiaires. Le joueur, longtemps blessé et en fin de contrat, est le fantôme du KMP des dernières années. Il n'est pas le seul, en effet, mais si les Verts ne peuvent plus compter sur leurs cadres, la fin de saison s'annonce ô combien dangereuse.