par Benjamin Danet
MYSTERE

ASSE : vente des Verts, de très curieuses zones d'ombre

Le dossier de la vente de l'Association Sportive de Saint-Etienne est plus que jamais au point mort. Et si, en réalité, les dirigeants, Bernard Caiazzo et Roland Romeyer, n'avaient jamais voulu se séparer de leur bien ? Certains éléments le laissent clairement penser.

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Ne comptez pas, chers supporters, avoir les dessous de ce dossier dans les prochaines semaines. Mystérieux, il est, mystérieux il restera. Bernard Caïazzo et Roland Romeyer se muent dans un silence de cathédrale, les candidats malheureux refusent de communiquer et KPMG, ce qui est normal, est tenu au plus strict secret. Impossible, donc, de savoir ce qu'il en est à l'heure actuelle. Et impossible, de savoir, si la direction du club n'a pas tout simplement menti aux supporters en ne cherchant pas à vendre.

Pourtant, certains éléments sont parvenus à nos oreilles. Des éléments troublants qui montrent que rien n'a jamais été très clair. On sait, entre autres, que l'épineux dossier des parts d'Adao Carvalho n'a pas été soumis aux candidats acheteurs. Un comble quand on sait que l'ASSE, pour rappel, n'est pas à ce jour vendable à 100%. En effet, au sein de la société Croissance Foot, Romeyer et Carvalho étaient associés à hauteur de 22% chacun. Or, les parts de Carvalho; condamné par la justice, sont détenues par l'AGRASC, organisme d'état et agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. Pour faire simple, et en vous rappelant que Caïazzo et Romeyer détiennent 90% du club (le reste est du ressort de l'association), seuls 68% sont aujourd'hui susceptibles d'être vendus. Ce qui, forcément, complique la donne lorsqu'un acheteur se présente face à KPMG.

Il est d'autres éléments troublants. Dont l'un concerne les finances du club. On sait que l'ASSE est endettée, on sait que le club se serre la ceinture et ne peut plus faire ce que bon lui semble depuis des mois lors de différents mercatos. Or, une source anonyme, qui a eu écho du dossier de reprise des Verts, affirme que l'endettement des Verts n'est pas un sujet. Et qu'un éventuel candidat présentant son dossier n'est pas en mesure de connaître les chiffres exacts de la comptabilité de la maison verte. Ce qui, bien entendu, nous amène à la fameuse et supposée existence de la data room, évoquée depuis des mois dans la presse, et qui permettrait, paraît-il, aux racheteurs potentiels de connaître tous les éléments comptables de l'ASSE. Si certains affirment qu'elle existe, et qu'il fallait bien prouver un investissement lourd (à hauteur de 70 ou 80 millions d'euros minimum)à pour y avoir accès, d'autres doutent fortement de son existence. Seule certitude, et à ce jour, personne n'est en mesure de prouver, publiquement, qu'il y a eu accès. Et les présidents en place se sont bien gardés de parler de mise en place lors du processus de vente.

 

"Ce ne sont pas Messieurs Ravichak, Loumakin, Markarian ou Roussier qui peuvent nous l'indiquer car tous se muent dans un profond silence. Comme si le dossier était tabou, comme si la vérité était impossible à dévoiler. Curieux, étrange.

 

Il y a quelques semaines, dans un entretien au Progrès, Roland Romeyer se montrait catégorique. "Ce qui est important c’est de trouver quelqu’un capable de pérenniser le club. Pour le moment, il n’y a personne. Malheureusement personne. J’ai eu des réunions avec des candidats à Saint-Etienne, à Paris, en Suisse… Mais quand c’est le moment de tout mettre sur la table et de fournir les éléments tangibles à KPMG, personne ne l’a fait. Actuellement, personne n’a rempli toutes les cases." Impossible, bien entendu, de savoir qui était à Paris où en Suisse face à lui. En revanche, on sait qu'un candidat, dont le nom n'a jamais fuité dans les médias, a formulé deux offres. La première, balayée d'un revers de main par KPMG, la seconde, plus élevée, jamais étudiée par les deux présidents. C'était il y a des mois, alors que la Ligue de Football Professionnel commençait, comme par hasard, à étudier la possibilité de monter une société commerciale pour les clubs, promesse d'une manne financière conséquente. La LFP de Vincent Labrune, face à la dette abyssale des clubs en raison du fiasco Mediapro et du coronavirus, cherchait en effet un fonds d'investissement capable, pour 1,5 milliard d'euros et une prise de pouvoir à hauteur de 15 ou 20%, de gérer les droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2. C'est chose faite avec le fonds d’investissement luxembourgeois CVC qui détiendra donc, contre 1,5 milliard d'euros, 13 % de la future société et vient d'apporter aux caisses de l'ASSE la somme de 33 millions d'euros.

Caïazzo et Romeyer, et bien entendu sans l'avouer, ont-ils changé d'avis avec cette manne financière et renoncer à la vente ? Possible. Ce ne sont pas Messieurs Ravichak, Loumakin, Markarian ou Roussier qui peuvent nous l'indiquer car tous se muent dans un profond silence. Comme si le dossier était tabou, comme si la vérité était impossible à dévoiler. Curieux, étrange. Au même titre d'ailleurs, qu'un ultime élément qui rend ce dossier si mystérieux. En novembre dernier, on apprenait en effet que l'ASSE L'AS Saint-Etienne déposait une plainte contre le prince cambodgien Norodom Ravichak, auprès du procureur de la République de Paris pour "des faits de faux, usage de faux et tentative d'escroquerie." Cinq mois plus tard, aucune trace d'une quelconque plainte. Un jour, peut-être, les mystères se dissiperont.

B.D.

Pour résumer

Le dossier de la vente de l'Association Sportive de Saint-Etienne est plus que jamais au point mort. Et si, en réalité, les dirigeants, Bernard Caiazzo et Roland Romeyer, n'avaient jamais voulu se séparer de leur bien ? Certains éléments le laissent clairement penser.

Benjamin Danet
Rédacteur
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