ASSE - Mercato : La lettre ouverte de Dominique Bréard à Wesley Fofana
Wesley FofanaCredit Photo - Icon Sport
par Laurent HESS

ASSE - Mercato : La lettre ouverte de Dominique Bréard à Wesley Fofana

Rendu célèbre par son passage remarqué à « Tout le monde veut prendre sa place », Dominique Bréard est un véritable amoureux de l'ASSE En voici une nouvelle preuve avec cette chronique passionnée et passionnante, sous forme de lettre ouverte à Wesley Fofana.

« Cher, valeur exacte restant à déterminer, Wesley,
Si je t’écris, c’est bien sûr et avan -tout pour te demander de rester avec nous. Mais si je m’en tenais là, on ne verrait pas la différence entre une chronique et des propos qui se tiennent dans tous les cafés avant 22h. A travers ton dossier, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, il y a des notions à interroger et on pourrait vraiment écrire une encyclopédie si on n’avait pas peur de tomber dans la médiocrité crasse. Moi, je veux me concentrer sur une question : le Wesley Fofana que j’ai appris à connaître il y a peu de temps ne pense-t-il qu’à l’argent au détriment du club qui l’a formé ? Apparemment, c’est la thèse de plein de gens et tu m’accorderas, mon Wesley, que dit comme ça, tout le monde comprend. Mais comme ce que tout le monde comprend m’apparaît toujours comme un piège, j’ai envie d’aller plus loin. Bien entendu, j’ai lu ton interview dans le principal quotidien sportif auquel je n’ai pas envie de faire plus de pub que ça.

J’ai bien lu que, selon toi, on ne refuse pas une offre de Leicester et que tu œuvrais avant tout pour ta famille. Mais tu m’accorderas que ce genre de position serait prise par tout le monde si c’était le seul critère de choix. En plus, tu viens nous expliquer qu’il y a des cons qui s’en sont pris à ta famille à partir du moment où tu as évoqué la seule idée de partir. Permets-moi de te dire ici que, contrairement à ce qu’ont dit certains de mes congénères supporters, je ne pense pas que ce soit de la mytho de ta part et même que ça peut être un élément déclencheur pour avoir envie de se barrer.
Mais reconnais de ton côté que tu ne pourrais pas prétendre que cette poignée d’abrutis constitue le bras armé de tout le peuple vert. Le peuple vert t’aime et t’aimera quoi que sera le choix que tu feras.

 

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« Ce que je demande de comprendre, à toi comme à tous ceux qui suivent ton dossier, c’est que, cette année, tu n’est pas remplaçable. C’est une chose qui changera mais c’est comme ça pour l’instant. »

Mais revenons à nos moutons. Cette idée que tu serais finalement un mercenaire qui ne pense qu’à l’oseille me dérange car, outre ce qu’on a déjà dit sur ta volonté de mettre ta famille à l’abri, cette idée porte en elle une notion malodorante consistant à réduire les jeunes joueurs de foot, souvent issus de milieux populaires, à des pauvres qui rêveraient de se faire de l’argent facile. Il y a un rien de racisme social là-dedans. Car au fond, quels sont ceux qui aiment le plus l’argent ? Ceux qui en ont déjà parce qu’il savent très bien comment ils pourront faire pour en gagner plus. Et ceux-là, je peux bien te dire que l’amour du maillot, ils s’en foutent.

Mais ce que je peux te dire aussi, c’est que ce ne sont que très rarement des joueurs. Ceux qui estiment que ton transfert est inévitable voire indispensable sous peine de commettre une faute professionnelle, ce sont les agents qui pourront se gaver et beaucoup de commentateurs qui sont ceux que j’appellerai les boomers du football qui pensent qu’aujourd’hui, il répond avant tout à un modèle capitaliste. Ces gens-là pensent qu’on pourra prendre des avions pour organiser des compétition avec des matches un jour en France et le lendemain en Australie.
La question n’est donc pas une opposition entre Wesley Fofana et le club qui l’a formé et qu’il aime, la question est : faut-il refuser une somme d’argent qui rentrerait dans les caisses de l’A.S.S.E. ?
Et c’est parce que je considère moi qu’on n’aurait rien à faire de bien avec la somme de ton transfert et que je vois que, titulaire ou remplaçant, tu apportes énormément à l’équilibre de notre onze, que j’estime que tu ne dois pas partir cette année.
Si on doit faire rentrer de l’argent dans le club, on doit le faire grâce aux résultats sportifs. Ce que je demande de comprendre, à toi comme à tous ceux qui suivent ton dossier, c’est que, cette année, tu n’est pas remplaçable. C’est une chose qui changera mais c’est comme ça pour l’instant.
Coach Puel a envie de bâtir un projet à long terme et, cette année, ce projet passe clairement par toi. Si on allège bien la masse salariale et qu’on réalise une saison au moins correcte, notamment grâce à toi, il n’y aura aucune raison de te retenir plus longtemps et je te parie ton dernier maillot de la saison que les offres seront plus conséquentes te concernant que celle de Leicester. Pari tenu ? »

Ton bien dévoué Dominique Bréard, qui pense que la richesse de son club provient de ses joueurs et non de l’argent qu’il peut recevoir.