ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Aux cadres de prendre les rênes du vestiaire »
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par Alexandre Corboz
OPINION

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Aux cadres de prendre les rênes du vestiaire »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité des Verts et de la L1. Notre consultant commence à s'inquiéter pour l'ASSE après la défaite à Brest (1-4).

« Après le derby perdu à Lyon (1-2), l'AS Saint-Etienne nous avait laissé sur une impression encourageante. La défaite à Brest (1-4) met un gros coup de massue. Malgré la suspension de Wahbi Khazri et Romain Hamouma, deux joueurs loin d'être anodins pour les Verts, on pouvait espérer mieux avec le retour de certains joueurs.

Si on veut parler des individualités, on peut toujours souligner le retour intéressant de Ryad Boudebouz. Maintenant, au niveau collectif, l'ASSE a pris l'eau. En ce moment, l'équipe n'est pas assez attentive défensivement. Il n'y a pas un bon état d'esprit. Peut-être qu'il y a une perte de confiance mais on ne peut pas commencer à se dire qu'il faut être bon quand c'est l'OL et le PSG en face et faire n'importe quoi face aux autres.

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« Saint-Etienne a basculé dans un autre championnat »

Pour moi, les choses sont désormais très claires : Saint-Etienne a basculé dans un autre championnat. Sur les six prochains matches, les moments importants ne seront pas les rencontres de prestige face à Lille et Monaco. Mais plutôt celles contre Dijon, Angers, Bordeaux ou Nîmes. Il faut oublier toute ambition, toutes les perspectives que certains commençaient à entrevoir après trois ou quatre journées. En début de saison, tout allait bien mais il y avait aussi un peu de réussite.

Aujourd'hui, l'ASSE n'a plus de défenseur central. Bien sûr, on ne peut pas tout expliquer avec le départ de Wesley Fofana et le retour avorté de William Saliba mais ce qui est sûr c'est que « Kolo » n'a pas les épaules pour être le patron de cette défense. Ce n'est pas un défenseur central de très haut niveau. On voit aussi que Jessy Moulin n'est plus en réussite car abandonné par sa défense. Quand on recolle à 2-1 à Brest, face à une équipe qui n'est pas parmi les ténors de L1, il faut savoir verrouiller pour revenir à 2-2. Là, l'équipe s'est totalement découverte et ça a fini en humiliation pour les Verts.

En ce moment, l'ASSE va d'humiliation en humiliation. Valise après valise, la situation devient préoccupante. Aux joueurs de créer un sursaut... Ils représentent l'AS Saint-Etienne, un maillot, une histoire, une ville et des supporters (même s'ils ne sont pas au stade). A eux de trouvrer des ingrédients pour au moins faire bonne figure. A eux de se faire violence et de se dire que Saint-Etienne jouera le maintien et rien d'autre.

« Aux cadres de prendre leurs responsabilités »

Aujourd'hui, certains s'interrogent sur le choix de Claude Puel et le fait que ce soit l'homme de la situation. Pour moi, les jeunes ne sont pas en cause, les choix de Claude Puel pas forcément toujours en cause. Si certaines décisions ont été prises, il ne faut pas oublier que c'était par la force des choses la plupart du temps avec des suspendus et des blessés. Je ne vais pas faire le pilier de bar qui commente les choix du coach avec son ballon de vin rouge à la main, qui balance sur les jeunes qui sont nuls – ce qui n'est pas le cas - et crie sur un recrutement qui est mauvais.

A mon sens, Hamouma, Monnet-Paquet, Khazri, Boudebouz, Debuchy, Moulin ou encore Camara sont des tauliers de cette équipe. Ou le sont devenus par la force des choses. A eux de prendre les rênes du vestiaire. On ne peut pas confier toutes les responsabilités à un jeune de 18 ans qui vient du PSG ou à des vainqueurs de la Gambardella. Ce ne sont pas les joueurs qui sont là pour le moyen et long terme qui doivent prendre les commandes. Aujourd'hui, il y a un déficit de confiance à Saint-Etienne et cette confiance ne peut venir que par les résultats. Le devoir des cadres est justement de guider les jeunes et d'agir en capitaine en puissance. La sonnette d'alarme est tirée. »

Pour résumer

Après le naufrage à Brest (1-4), Denis Balbir invite les cadres de l'AS Saint-Etienne à être les meneurs d'une révolte qui tarde à intervenir.