ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Fonds d'investissement ou Socios, il n'y a pas de solution miracle »
Roland RomeyerCredit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
OPINION

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : « Fonds d'investissement ou Socios, il n'y a pas de solution miracle »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité des Verts. En cette période d'actualité creuse, parlons de la vente de l'ASSE.

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« Cela fait quelques semaines que les informations autour d'une vente de l'ASSE se font plus discrètes. Il est difficile de savoir où on en est réellement, si un coup d'accélérateur sera donné ou pas dans les prochaines semaines. La seule certitude qu'on a, c'est que Roland Romeyer veut vraiment prendre du recul. Il y a quelques jours, sur RMC, le président s'est voulu très clair : même si son amour pour le club est indéfectible, il est usé par son poste. C'est un premier pas. Suffisant pour accélérer une vente ? Difficile à dire...

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« L'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres »

« L'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres »
Gérard Lopez chez les Verts, c'est non !Credit Photo - Icon Sport

Aujourd'hui, les dossiers de vente de clubs sont compliqués. Que ce soit au niveau des droits TV et du Mercato, les choses sont incertaines de partout. On a parlé d'un fonds asiatique, L'Equipe a évoqué un intérêt de Gérard Lopez, intérêt qui a été repoussé par le tandem Romeyer – Caïazzo... Pour moi, c'est plutôt rassurant de voir que la direction stéphanoise est méfiante par rapport à tous ces projets et fonds d'investissement. Beaucoup de clubs sont passés entre les mains de gens soi-disant compétents et fortunés. On a découvert après coup qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre ou dans le meilleur des cas fortunés mais pas compétents.

A Lille, Gérard Lopez a certes bâti un beau projet mais à quel prix ? En laissant le club dans quel état au niveau des finances ? Personnellement, je préfère avoir des dirigeants qui réfléchissent à deux fois avant de céder le club plutôt que des présidents qui se jettent dans la gueule du loup en récupérant des millions dans leur poche. La prudence est aussi un signe d'amour et de conscience vis-à-vis du club. Je pense qu'en ça l'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres. Pas à eux évidemment mais à tous ceux qui voulaient vendre « à la va vite » à des fonds d'investissements. Aujourd'hui, les Girondins sont dans une situation très compliqués, dans les mains du tribunal de Commerce, mais cela a aussi montré qu'on ne pouvait faire n'importe quoi avec n'importe qui au risque que cela ne dégénère. Quand on voit un grand club français qui vire monument en péril, on n'a pas envie que ça vous arrive...

« Aimer et gouverner, ce n'est pas pareil »

Alors oui, Saint-Etienne n'ira sans doute pas aux mains d'un fond d'investissement sans foi ni loi mais je ne suis pas non plus convaincu par un projet Socios. Un projet qui, à mon sens, est un peu idéalisé dans le football actuel. Personnellement, je veux bien qu'on me parle de « collectif » mais plus on va ajouter de gens dans un projet de rachat, plus on a de chance d'arriver à une gouvernance illisible avec des projets divergents et des choix sportifs pas toujours clairs. Il n'y a pas de solution miracle. La seule solution miracle pour un club est de miser sur la stabilité.

Il s'avère qu'avec le Covid et Mediapro, l'édifice du foot français a vacillé. La tentation est de vendre. Il y a deux projets : soit on vend à n'importe qui en ramassant les millions, soit on s'appuie sur des projets collectifs avec des anciens et des supporters pour montrer qu'on aime le club. Mais en aimant le club, est-on réellement capable de le gouverner ? Aimer et gouverner, ce n'est pas pareil. On le voit avec Roland Romeyer. Aucun dirigeant n'est à l'abri des erreurs. Quand on s'y connait presque trop, on peut être autant un problème que quand on n'y connait rien... Il n'y a jamais de solutions parfaites ».

« L'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres »

« L'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres »
Gérard Lopez chez les Verts, c'est non !Credit Photo - Icon Sport

Aujourd'hui, les dossiers de vente de clubs sont compliqués. Que ce soit au niveau des droits TV et du Mercato, les choses sont incertaines de partout. On a parlé d'un fonds asiatique, L'Equipe a évoqué un intérêt de Gérard Lopez, intérêt qui a été repoussé par le tandem Romeyer – Caïazzo... Pour moi, c'est plutôt rassurant de voir que la direction stéphanoise est méfiante par rapport à tous ces projets et fonds d'investissement. Beaucoup de clubs sont passés entre les mains de gens soi-disant compétents et fortunés. On a découvert après coup qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre ou dans le meilleur des cas fortunés mais pas compétents.

A Lille, Gérard Lopez a certes bâti un beau projet mais à quel prix ? En laissant le club dans quel état au niveau des finances ? Personnellement, je préfère avoir des dirigeants qui réfléchissent à deux fois avant de céder le club plutôt que des présidents qui se jettent dans la gueule du loup en récupérant des millions dans leur poche. La prudence est aussi un signe d'amour et de conscience vis-à-vis du club. Je pense qu'en ça l'exemple de Bordeaux a fait beaucoup de bien aux autres. Pas à eux évidemment mais à tous ceux qui voulaient vendre « à la va vite » à des fonds d'investissements. Aujourd'hui, les Girondins sont dans une situation très compliqués, dans les mains du tribunal de Commerce, mais cela a aussi montré qu'on ne pouvait faire n'importe quoi avec n'importe qui au risque que cela ne dégénère. Quand on voit un grand club français qui vire monument en péril, on n'a pas envie que ça vous arrive...

« Aimer et gouverner, ce n'est pas pareil »

Alors oui, Saint-Etienne n'ira sans doute pas aux mains d'un fond d'investissement sans foi ni loi mais je ne suis pas non plus convaincu par un projet Socios. Un projet qui, à mon sens, est un peu idéalisé dans le football actuel. Personnellement, je veux bien qu'on me parle de « collectif » mais plus on va ajouter de gens dans un projet de rachat, plus on a de chance d'arriver à une gouvernance illisible avec des projets divergents et des choix sportifs pas toujours clairs. Il n'y a pas de solution miracle. La seule solution miracle pour un club est de miser sur la stabilité.

Il s'avère qu'avec le Covid et Mediapro, l'édifice du foot français a vacillé. La tentation est de vendre. Il y a deux projets : soit on vend à n'importe qui en ramassant les millions, soit on s'appuie sur des projets collectifs avec des anciens et des supporters pour montrer qu'on aime le club. Mais en aimant le club, est-on réellement capable de le gouverner ? Aimer et gouverner, ce n'est pas pareil. On le voit avec Roland Romeyer. Aucun dirigeant n'est à l'abri des erreurs. Quand on s'y connait presque trop, on peut être autant un problème que quand on n'y connait rien... Il n'y a jamais de solutions parfaites ».

Pour résumer

Denis Balbir discute de la vente de l'ASSE : ses chances d'aboutir rapidement, quels types de projet... On discute de tout.

Alexandre Corboz
Article écrit par Alexandre Corboz