ASSE – L'oeil de Denis Balbir : "Romeyer use beaucoup trop les personnes qu'il engage"
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par Alexandre Corboz
OPINION

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : "Romeyer use beaucoup trop les personnes qu'il engage"

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité des Verts. Retour sur Reims – ASSE et l'agitation qu'il règne en coulisses.

« Samedi soir, l'AS Saint-Etienne a perdu sur la pelouse de Reims (1-3). Même s'il est parfois facile de se cacher derrière l'arbitrage pour masquer les carences défensives et offensives, il faut reconnaître que les décisions de Monsieur Batta n'ont pas tourné en faveur des Verts. L'ASSE peut se sentir lésée sur certains faits de jeu. Des décisions qui ont maintenu la tête sous l'eau aux Verts après l'ouverture du score. Je pense que l'arbitre n'a pas été à la hauteur du match mais cela ne doit pas être une excuse pour autant. Ce match doit aussi servir d'alerte pour la suite.

Cette défaite intervient après un bon match contre le PSG (1-1). C'est l'éternel mal de Saint-Etienne : cette équipe ne sait pas bonifier un bon résultat. Elle est souvent séduisante contre les gros du championnat comme ce fut le cas contre Paris à deux reprises, Marseille, Lille, Monaco ou Lyon. Malheureusement, ce Saint-Etienne est irrégulier dans les autres matches, souvent quand il faut se défaire d'un concurrent direct. L'équipe doit vraiment se mettre en tête qu'elle lutte pour le maintien et non pas pour les places européennes. Il ne faut pas se sortir les tripes que contre le PSG, l'OM ou l'OL mais aussi dans des affiches moins prestigieuses.

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« L'ASSE a besoin d'une ou deux victoires pour basculer »

Dans son malheur, Saint-Etienne a quand même de la chance. Derrière, ça n'avance pas plus vite. C'est le lot de consolation. Même en perdant de deux buts, l'ASSE ne dégringole pas. Sur les dernières semaines, il y a aussi quelques lueurs dans le jeu, un nouvel état d'esprit. Maintenant l'ASSE a besoin d'une ou deux victoires pour basculer dans le ventre mou et s'éloigner de cette zone dangereuse.

Pour moi, Sainté doit se mettre en mode « match de gala » tous les week-ends. Cela impose une remise en cause collective et individuelle. Contre Paris, on a pu voir un grand Jessy Moulin. Cela avait un peu atténué l'épisode Ruffier de la semaine dernière. Le contexte n'est pas évident car, outre la crise financière, il y a beaucoup de choses qui se passent en coulisses. Dans ces conditions, c'est parfois difficile de s'attacher au sportif. Pourtant, il faut le faire. La crainte serait que cette équipe bascule du mauvais côté. Je ne sais pas comment ça peut se passer dans la tête de ces jeunes joueurs si la menace de la relégation se faisait plus présente...

« Aucun dirigeant n'a l'air de tenir le coup face à Romeyer »

La fin de semaine a été marquée par le départ de Xavier Thuilot, le directeur général du club. Mon avis sur ce départ, c'est surtout qu'aucun dirigeant n'a l'air de tenir le coup face à Roland Romeyer. J'apprécie beaucoup Roland Romeyer, je sais combien il aime son club. Mais parfois, à trop aimer, on aime mal. Le président du Directoire use beaucoup trop les personnes qu'il engage.

J'espère que le départ de Xavier Thuilot ne provoquera pas celui de Claude Puel. Ce serait dommageable pour le projet du club. Avec Puel, l'ASSE a mis en place une politique nouvelle, basée sur la jeunesse. On le savait : l'an 1 de ce projet allait être difficile. Il l'est. Mais cette politique doit porter ses fruits sur la durée, sans doute à compter de la saison prochaine. Je reste persuadé que Claude Puel est sur le point de faire de bonnes choses. Il serait dommage de casser tout un travail maintenant. Il ne faut pas qu'un litige entre deux hommes nuise au club. L'institution doit être au dessus de tout. »