Girondins – L'oeil de Denis Balbir : « Je ne crois pas en la mort de grands clubs »
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par Alexandre Corboz
OPINION

Girondins – L'oeil de Denis Balbir : « Je ne crois pas en la mort de grands clubs »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité de la Ligue 1. Notre consultant juge la situation plus que précaire des Girondins de Bordeaux.

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« La situation de Bordeaux est de plus en plus compliqué. Aujourd'hui, même L'Elysée intervient et beaucoup de gens veulent également agir sur le dossier car c'est Bordeaux. Strasbourg, Bastia, Grenoble ou Metz ont connu des descentes aux enfers et n'ont pas forcément eu droit aux mêmes égards. Même la Juventus ou les Glasgow Rangers ont connu des déboires avant de revenir...

« Un redémarrage à la base semble nécessaire »

Pour moi, il y a plusieurs façons de voir les choses. Je ne crois pas en la mort des grands clubs. Bordeaux, c'est un grand club, un vivier, une région dynamique derrière... Je ne suis pas forcément inquiet pour les Girondins. Je comprends la crainte des supporters de Bordeaux, celle des anciens joueurs. C'est un crêve-coeur de voir le club là où il en est, de l'imaginer repartir en National 2 ou 3 avec une liquidation judiciaire suite au redressement qui pourrait être prononcé mardi. Mais n'est-ce pas mieux de faire table rase des dettes pour repartir sur un projet local avec des jeunes, avec des anciens qui ont les valeurs et l'amour du scapulaire ?

Quand je dis ça, je prends beaucoup de précautions. Les Girondins de Bordeaux, ce ne sont pas que des joueurs et un staff. Au Haillan, il y a beaucoup de salariés et certains risquent de perdre leurs emplois. Sur ce plan, il est évident que le scénario catastrophe serait très dommageable. Mais d'un point de vue uniquement sportif et si l'on prend en compte uniquement l'aspect directionnel, un redémarrage semble nécessaire.

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« C'est trop facile de taper sur Longuépée »

Aujourd'hui, Bordeaux tourne en rond. Si ce n'est pas King Street, ce sera un autre projet de bricolage. Avec quelle ambition ? Vivoter en Ligue 1 et tomber sportivement dans un an faute de joueurs ? Le cycle vicieux est sans fin. Au moins, quand on tombe, on peut se remettre de suite une ambition. Même en National ou plus bas, Bordeaux restera attractif pour un joueur en fin de carrière ou un jeune qui veut se montrer. Il y a un challenge, une histoire...

Aujourd'hui, toute la colère se reporte sur Frédéric Longuépée et sur ce point je suis plus prudent. J'ai du mal à me montrer critique à l'égard de personnes qui ont aimé le club, même s'ils ont fait de nombreuses maladresses. Je ne veux pas m'ériger juge, condamner à l'emporte-pièce. C'est trop facile de taper sur un seul homme. Je ne pense pas que Frédéric Longuépée soit juste là pour sauver sa peau comme certains les prétendent. Je pense qu'il essaie aussi de préserver des emplois en brandissant cette menace de redressement judiciaire afin d'utiliser les règlements en sa faveur. Aujourd'hui, il n'y a plus grand chose à faire alors laissons les choses se faire. En toute honnêteté, je pense que c'est mort et que Bordeaux va provisoirement quitter l'affiche dans le football professionnel. Il faut déjà se tourner sur ce que sera la reconstruction. »

Denis Balbir favorable au « reset » des Girondins

Dans sa chronique ce lundi, Denis Balbir a évoqué la situation précaire aux Girondins de Bordeaux. Si un dépôt de bilan sera terrible pour les salariés du Haillan pour qui il a une pensée, notre consultant pense que le salut du club ne viendra pas d'un rachat mais d'une reconstruction à la base au niveau amateur...