Girondins – L'oeil de Denis Balbir : « Quels bricoleurs pour remplacer King Street ? »
Credit Photo - Icon Sport
par Alexandre Corboz
OPINION

Girondins – L'oeil de Denis Balbir : « Quels bricoleurs pour remplacer King Street ? »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l'actualité de Ligue 1. Retour la situation compliquée des Girondins de Bordeaux, premier club de l'élite au bord de la faillite.

Zapping But! Football Club Ligue 1 : top 10 du bilan financier des clubs

« C'est officiel depuis jeudi dernier, King Street a décidé de lâcher les Girondins de Bordeaux. Voir ce club placé sous protection du tribunal de commerce m'attriste profondément. Bordeaux fait partie du patrimoine français. Le timing de l'annonce des Américains prouvent combien ils se moquent du club. Comment peut-on faire ça à trois jours d'un match décisif pour le maintien à Lorient ? Etait-on à trois semaines près ? Au niveau psychologique, c'est difficile de faire pire...

Il y a quelques semaines, on parlait de la vente de Saint-Etienne. Bordeaux est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire : donner un club à des financiers qui n'y connaissent rien au football. Certes, lorsqu'ils ont été achetés par GACP, les Girondins n'étaient pas dans une situation économique très stable. Certes, il y a eu la crise du Covid et Mediapro depuis. Mais King Street a aussi participé au grand n'importe quoi en augmentant certains salaires, en recrutant n'importe comment... Ils ont aussi contribué à pousser le club au bord du précipice avant de le lâcher. Il y a un vrai manque d'élégance, de professionnalisme. On espère pour Bordeaux que le club pourra repartir sur des bases saines.

VOIR AUSSI : TOUTE L'ACTUALITÉ DES GIRONDINS DE BORDEAUX

« Le départ de King Street ? Pas plus mal pour le club »

Même si c'est dur à entendre pour certains, je me dis aussi que ce n'est pas plus mal pour le club. Depuis la vente par M6 en 2018, Bordeaux vacillait franchement. Au niveau sportif, c'était un peu n'importe quoi : Paulo Sousa, Jean-Louis Gasset qui est sorti de sa retraite par rapport à l'aspect affectif, l'arrivée de Ben Arfa... L'instabilité et les incertitudes existaient à tous les niveaux. Là, avec le départ de King Street, on va faire table rase. Reste à savoir à quel niveau le club va repartir : toujours en Ligue 1 ? En Ligue 2 ? Encore plus bas avec une perte du statut professionnel ?

Aujourd'hui, les Girondins se cherchent un nouveau patron, quelqu'un prêt à remettre de l'argent. L'actionnaire actuel n'a rien compris de ce club. Bordeaux a souvent été vu comme un club familial, un club de vacances sympa au milieu des vignobles et proche de l'océan... Mais Bordeaux ce n'est pas que ça : c'est un nom, une histoire, un écusson, de grands joueurs, un palmarès, un stade flambant neuf, un centre d'entraînement haut de gamme. Il faut trouver les bons dirigeants pour remettre la machine en route. Charge au tribunal de commerce de le faire.

« Faire du bricolage ou tout raser pour construire une maison neuve ? »

Je ne sais pas ce qu'il y a de mieux honnêtement : faire du bricolage ou tout raser pour construire une maison neuve ? Pour moi, tout va dépendre du « bricoleur ». S'il est bon, il pourra toujours gagner du temps et rebâtir pièce par pièce. Comme si on restaurait une cathédrale. Sinon il faudra bien accepter la décision. D'autres ont vécu et, par leurs noms, par l'attrait qu'ils suscitaient, ont su se relever. Strasbourg est reparti de zéro et s'est bien reconstruit en moins de dix ans, Metz était tombé en National 1 et a su revenir également, la Juve était tombé en Série B avec une penalité et ils sont revenus avec une série de neuf titres consécutifs. Il faut voir le côté optimiste des choses : ce n'est pas impossible ! Aujourd'hui, on n'en est pas là et tout le monde est spectateur de ce qui va se passer. Les meilleurs bricoleurs n'ont pas été choisis et désignés... »