ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « Entre catastrophe et honte »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité des Verts et de la Ligue 1. Après la défaite de l’ASSE à Metz (1-3), notre consultant était remonté.

« Dimanche, Saint-Etienne a connu un gros coup d’arrêt en s’inclinant à Metz (1-3). Les Verts ont fait un match catastrophe. Cette saison, l’ASSE aura donc donné six points aux Grenats après sa défaite du match aller dans le Chaudron dans des conditions particulières (11 absents, le jeune Bajic dans les buts). Pour un club avec ces ambitions, c’est anormal de perdre deux fois contre une équipe qui lutte pour son maintien.

Sur le papier, il n’y avait pas photo entre une AS Saint-Etienne quasiment au complet et une équipe messine à l’effectif beaucoup plus juste. Sur le terrain, il y avait un gros écart au niveau de l’envie. On avait vanté la réaction des cadres en Coupe de France face au Paris FC. Ils ont été inexistants ce week-end.

Quand en plus votre meilleur joueur – Denis Bouanga – passe au travers, ce n’est pas évident de gagner… Cette saison, les Verts reposent trop sur le niveau de performance d’un ou deux joueurs. Dimanche, Khazri a raté une grosse occasion, Bouanga a raté son match. En face, Metz a exploité les erreurs défensives, profité d’un milieu de terrain faible, pour glaner un succès des plus logiques.

« Les cadres pour principaux responsables »

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que – jusqu’à présent – l’ASSE pouvait encore se cacher derrière son infirmerie pour expliquer les résultats. Là, ce n’est plus le cas. A Saint-Symphorien, il y avait quand même 7 internationaux (ou ex-internationaux) au coup d’envoi chez les Verts. Avoir un nom, un palmarès et de la technique c’est bien, après il faut que les performances collent au statut. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Est-ce qu’ils ne veulent pas ? Est-ce qu’ils ne peuvent tout simplement plus ?

Certains commencent déjà à taper sur Claude Puel, oubliant ce qu’il a pu faire par le passé ailleurs. Cela m’embête de voir ça car je ne pense pas que le coach des Verts soit la cause de ces contreperformances. Il a donné les clés à des cadres qui ont encore été défaillants. On sait qu’il s’agit d’un entraîneur qui aime s’appuyer sur les jeunes mais si, pour montrer de la combattivité et de l’amour du maillot, il faut jouer des matches de Ligue 1 avec la Gambardella, c’est quelque part qu’il y a un problème… Pour moi, les cadres sont les principaux responsables. Ils sont retombés dans leurs travers. C’est consternant de voir un tel match et honteux de faire de telles erreurs défensives.

« Robert Beric, mon bémol au Mercato »

Cette semaine, le Mercato de l’ASSE a fermé ses portes et il n’y a pas eu le dégraissage escompté avec seulement trois départs (Beric, Sissoko, Moukoudi) pour une arrivée (Maçon). Pour moi, le gros bémol, c’est d’avoir laissé partir Robert Beric au Chicago Fire. On m’enlèvera pas de l’idée que le Slovène aurait pu faire du bien à cette équipe. Je veux bien que les entraîneurs stéphanois disent que Beric n’était jamais vraiment revenu de sa grave blessure mais ce n’est pas non plus quelqu’un à qui on a montré énormément de confiance.

Que ce soit sous Jean-Louis Gasset, Ghislain Printant ou aujourd’hui Claude Puel. Je pense qu’un Beric en pleine confiance était l’homme de la situation. C’est mon principal regret. Pour le reste, je comprends que Lois Diony, qui a été l’erreur de la décennie à l’ASSE, n’ait pas trouvé preneur. Je trouve également positive l’arrivée d’un jeune latéral prometteur. Yvann Maçon est un joueur de talent. Il va avoir le temps de progresser et s’affirmer pour prendre la suite du couloir droit à Saint-Etienne ».

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008