ASSE – L’oeil de Denis Balbir : « Perdre comme ça, c’est catastrophique »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1 et des Verts. Retour sur la première défaite de Claude Puel à l’ASSE sur la pelouse de Rennes (1-2).

« La belle série d’invincibilité de Claude Puel sur le banc de l’ASSE a pris fin dimanche à Rennes (1-2). Vu la prestation des deux équipes, on pouvait espérer que les Verts rentrent du Roazhon Park avec un match nul. Malheureusement pour eux, il y a eu cette tête de Damien Da Silva dans le money-time (93e). Cette défaite montre qu’il faut encore se concentrer individuellement et collectivement.

« Défensivement, ce n’est pas normal de prendre des buts comme ça »

On a stigmatisé les difficultés offensives ces derniers temps mais défensivement ce n’est pas normal de prendre deux buts comme ça avec de telles fautes. Stéphane Ruffier a été abandonné sur le but de l’égalisation signé Raphinha. Les Verts ont également pris un but sur un marquage totalement lâche dans le temps additionnel du temps additionnel. C’est catastrophique. Je ne comprends pas cette faute de concentration.

Pour moi, il ne faut pas se cacher derrière l’excuse du physique qui a lâché. Rennes aussi a joué jeudi en Coupe d’Europe. Ce que je constate, c’est que ça fait un point de moins, que ça met fin à une série… Ce n’est jamais le bon moment pour perdre mais il y a des manières qui font plus mal de qu’autres. Cette défaite à Rennes est d’autant plus douloureuse. Espérons que cela donne une leçon aux joueurs et que ça les porte à travailler leur rigueur et leur concentration défensive.

Ces derniers temps, Claude Puel fait des choix forts au niveau offensif. Je sais que beaucoup s’interrogent sur la préférence accordée à Loïs Diony par rapport à Robert Béric. On va dire que les faits donnent raison à l’entraîneur puisque Diony a marqué à Rennes. Les détracteurs de Loïs Diony, on les connait et ils n’ont pas forcément réussi dans leur métier d’entraîneur (référence à Jean-Michel Larqué, NDLR)…

Je suis le premier à m’être interrogé sur l’efficacité de Diony par rapport à son transfert et à la somme déboursée par le club. Maintenant, il est là et il faut faire avec. J’ose penser qu’un entraîneur comme Claude Puel – qui a quand même une certaine expérience – a ses raisons d’aligner Diony. C’est lui qui vit avec le groupe.

« Pas de ceux qui feront de Diony une tête de Turc »

Oui, comme beaucoup, je suis déçu par la situation de Robert Béric. Est-ce que je comprends son faible temps de jeu ? Pas forcément. Tout le monde sait que je suis un fan de la première heure du Slovène. Je ne pense pas qu’il soit plus maladroit que Diony. Il l’est même sans doute un peu moins. Quand on a fait appel à lui, il a toujours répondu présent. En début de saison, on ne lui a pas fait de cadeau.

On l’a aligné dans des conditions plus que difficiles. Aujourd’hui, il doit gamberger et pour moi, il y a un petit sentiment de gâchis. Maintenant l’entraîneur est là. Il prend des décisions. Tout le monde tape sur la tête de Diony depuis une semaine. Je ne serais pas de ceux qui font d’un joueur une tête de Turc. Vivre ce que vit Diony ne doit pas être agréable. Son premier but depuis un an ? Je suis quand même content pour lui même s’il y a défaite au bout.

Que ce soit avec Diony, Béric ou d’autres avant eux, le constat sera de toute façon le même. Depuis le départ de Pierre-Emerick Aubameyang, le poste d’attaquant est sinistré à l’ASSE. Ces derniers temps, on a pu espérer que Denis Bouanga prenne le relai. En ce moment, il a un peu besoin de souffler.

Autant, du côté de Lyon, cela fait des années que le souci est au niveau défensif, autant du côté de l’ASSE on se retrouve avec un problème d’avant-centre efficace depuis de longues années. C’est un dossier sur lequel les dirigeants et le staff doivent se pencher… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008