FC Nantes – L’oeil de Denis Balbir : « Risible d’avoir pu penser à Gennaro Gattuso »

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FC Nantes – L'oeil de Denis Balbir : « Risible d'avoir pu penser à Gennaro Gattuso »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Notre consultant revient sur la démission de Vahid Halilhodzic et la difficile quête de son remplaçant.

« Le départ de Vahid Halilhodzic était à prévoir au FC Nantes. Sans doute qu’il fallait attendre qu’un jeu de chaises musicales se mette en place au sein des sélections africaines. L’avenir nous dira si le Maroc était effectivement à l’origine de cette démission. En tout cas, ce départ montre une nouvelle fois l’instabilité chronique de ce club, le souci récurrent qu’il peut y avoir à Nantes entre la présidence et les différents staffs techniques choisis. Quand ce genre de soucis arrive une fois ou deux, ce n’est pas très grave. On peut parler d’incompatibilité d’humeur. Mais quand c’est récurrent tous les six mois ou tous les ans, c’est que le mal est profond.

J’aurais toujours du respect pour le président Kita. Il a injecté énormement de fonds dans le club et il restera « le sauveur » du FC Nantes. Maintenant peut-être qu’il devrait revoir ses méthodes de management, apprendre à mettre de l’eau dans son vin. Je ne sais pas quel est vraiment le mal qui ronge Nantes, ce mal qui fait qu’à peine un coach a posé ses valises à la Jonelière que déjà il pense à repartir… Il y a forcément un problème.

« Les Canaris fonctionnent trop comme un petit club de National 1 »

Si on voulait ironiser, on ne peut que suggérer à Waldemar Kita ou à son fils Franck d’endosser le costume de coach. Personnellement, je trouve ça caricatural, ironique et méchant mais je me mets aussi à la place des gens de Nantes, suiveurs et supporters. Beaucoup aimeraient que le FC Nantes – qui est un grand nom du football français – trouve un peu de stabilité. Les Canaris fonctionnent trop comme un petit club de National 1. On en oublie qu’il s’agit d’un club qui a un palmarès, une histoire, un encrage fort et probablement un avenir.

Aujourd’hui, pas grand monde veut entraîner le FC Nantes. Claude Puel a dit non. Il souhaite plutôt entraîner à l’étranger qu’en France. On a aussi parlé de Gennaro Gattuso mais comment on peut penser à l’Italien ? S’en est risible. Vu son tempérament, il ne restera même pas 45 minutes sur le banc de Nantes avant de claquer la porte… C’est impossible de songer à ce genre de profils ! Déjà quand Vahid Halilhodzic a signé, on savait que ça ferait des étincelles. Au début, on nous a taxé de rabat-joie puis, au premier Mercato, tout le monde a compris. Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on en vient à contacter des Claude Puel ou des Gattuso. Ils ne sont pas plus bêtes que nous ou que tous les autres. Ils lisent les journaux, entendent des bruits de couloir, se renseignent sur le vestiaire… Rapidement, ils se rendent compte qu’à Nantes, le climat est invivable pour un coach.

« L’anticipation du départ de Vahid Halilhodzic n’a pas été faite »

Même Stéphane Ziani (entraîneur des U19) hésite. En même temps, si les anciens n’ont pas ressenti l’estime du président Kita, c’est difficile d’avancer sans une pointe de méfiance. Ziani connait très bien la Maison jaune et le fonctionnement du club. Peut-être que cela ne lui fait pas plus envie que ça… D’après ce que j’ai pu comprendre, on lui a proposé le poste avant de lui dire qu’il ne sera peut-être qu’adjoint. Un coup « oui », un coup « non »… C’est compliqué…

Sur les derniers jours, on constate une chose : l’anticipation du départ de Vahid Halilhodzic n’a pas été faite alors que tout le monde savait déjà ce qui allait se passer. On a l’impression qu’à l’extérieur du club, on a de meilleurs intuitions qu’en interne. C’est quand même quelque chose d’extraordinaire ! Quand on est devant le fait accompli, on va chercher des noms, des entraîneurs avec un trait de caractère… Il y a sans doute plein de jeunes entraîneurs en France qui seraient prêts à démarrer avec ce type de challenge malgré la présence au dessus d’eux de l’interventionniste Kita. Pour moi, il y a une gestion et un équilibre à trouver. »

Recueilli par Alexandre CORBOZ