L’œil de Denis Balbir : « Le PSG invincible, je n’y croyais pas »

Chaque lundi, notre consultant Denis Balbir livrera son regard sur plusieurs sujets de l’actualité de la Ligue 1. Pour finir : zoom sur la première défaite du PSG à Strasbourg.

« Est-ce que la défaite du PSG à Strasbourg m’a surpris ? Oui et non. C’est surprenant parce que sur le papier, c’est le petit promu qui bat l’ogre parisien, probable futur champion de France. Mais ça ne l’est pas tant que ça dans le sens où le RCSA était quand même une équipe dont le classement ne reflète pas les vertus démontrées sur le terrain. Pour moi, Thierry Laurey est un excellent coach. Pour l’avoir connu joueur à Paris, Marseille, Montpellier ou encore à Saint-Etienne, c’est quelqu’un qui a une vision très juste du football, un coach en devenir qui sait tirer la quintessence de ses joueurs.

 

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On a beaucoup trouvé d’excuses au PSG, en disant que ce match tombait avant un choc de Ligue des Champions à Munich, qu’Unai Emery avait fait tourner… Mais je pense que cela a surtout permis aux qualités de Strasbourg de s’exprimer dans une Meinau chauffée à blanc par l’affiche. Le RCSA n’a pas volé sa victoire même si Paris aurait aussi pu égaliser à 2-2 sur la fin par Mbappé ou Kimpembe. J’ai vraiment aimé le jeu développé par les Alsaciens, très rigoureux, mais aussi très direct. On a vu beaucoup de projections vers l’avant et le but de Bahoken en trois passes et en partant du gardien est un modèle du genre. J’ai aussi aimé le sens du sacrifice de cette équipe de Strasbourg et sa solidarité. Beaucoup d’équipes se seraient écroulés après avoir perdu leur gardien titulaire sur blessure et avoir à encaisser plus de neuf minutes de temps additionnel. Cela dénote de la valeur morale de cette équipe strasbourgeoise qui, en prime, n’a pas été aidée par l’arbitrage. Au moindre microcontact sur Neymar, il y avait faute alors que la même situation contre les joueurs locaux c’était plus difficile d’obtenir des coups de sifflets. Heureusement, que ces erreurs n’ont pas produit de conséquences sur le résultat final. Je comprends le coup de gueule de Thierry Laurey, agacé que certains minimise la performance de son équipe. Trop souvent, on écarte le mérite de l’équipe outsider en disant soit que Paris n’était pas dans un grand jour soit qu’il avait la tête ailleurs… C’est quand même un peu irrespectueux pour l’équipe qui bats les soi-disant « imbattables ».

« Le seul enseignement qu’on peut en tirer, c’est sur l’importance d’un Edinson Cavani »

Cette défaite à Strasbourg est un échec pour Paris même si ça ne remet absolument pas en cause le fait que cette équipe sera championne à la fin de la saison. Maintenant cela répond à l’interrogation que beaucoup se posaient : ce PSG était-il capable de finir la saison invaincu en Ligue 1 ? On voit bien que non. Personnellement, je n’y croyais pas trop. Après, ce n’est pas pour ça que le PSG va forcément avoir des difficultés face au Bayern Munich mardi soir. J’ai toujours en tête l’image de Saint-Etienne au début des années 80 avec Johnny Rep, Jacques Zimako et Michel Platini. A l’époque, les Verts s’étaient inclinés sur la pelouse de Tours (1-2) avant d’écraser cinq jours plus tard l’équipe d’Hambourg de Horst Hrubesch sur sa pelouse (5-0).  Quand on change de compétition, les compteurs sont remis à zéro. Le seul enseignement qu’on peut en tirer, c’est sur l’importance d’un Edinson Cavani que Unai Emery avait choisi de faire souffler. En plus de ses buts, l’Uruguayen travaille énormément dans l’entrejeu et quand il n’est pas là, ça se voit. Un dernier mot sur Strasbourg qui va, je pense, s’en sortir facilement dans la course au maintien mais peut s’offrir une épopée en coupe. D’ailleurs, ce sera intéressant de les revoir dans une dizaine de jours face à ce PSG… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008