OL – L’oeil de Denis Balbir : « Rudi Garcia, le genre d’accueil qui marque »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Retour sur la première houleuse de Rudi Garcia sur le banc de l’OL.

« Rudi Garcia a connu une première compliquée avec l’OL face à Dijon (0-0). De la part du public, c’était plus qu’une défiance. On a tous vu les banderoles, les sifflets qui ont accompagné l’annonce de son nom avant le match… Ce genre d’accueil, c’est quelque chose qui marque. Maintenant Rudi Garcia est aussi venu pour relever un challenge. Il s’est fait sortir de Marseille. Il a accepté Lyon…

« Il faut en avoir pour accepter ce challenge »

Même si cela peut paraître contradictoire, c’est que je peux entendre une certaine forme de réticence à le voir à Lyon. Quand on a entraîné autant de clubs que lui, je pense qu’on aurait pu s’abstenir de certaines critiques. Avec Marseille, il n’a jamais été très tendre avec Lyon. On me dit que c’était de bonne guerre, que c’est le business qui veut ça…

Personnellement, je trouve qu’il y a des limites qui ne sont pas à franchir. Un homme comme Gasset par exemple – qui ne serait jamais venu à Lyon pour des raisons évidentes – ne s’est pas permis les mêmes choses quand il avait la casquette de coach des Verts.

Il va falloir retourner cette vindicte populaire. Pour Garcia, ce sera un sacré challenge personnel. Pour parler vulgairement, je pense qu’il « faut en avoir… » pour accepter un OL en crise quand on sort juste d’un échec à l’OM.

A Lyon, il rentre dans un club très renfermé sur lui-même. L’OL, ce sont les Lacombe, Maurice, Juninho… Au niveau de l’organisation, Lyon a toujours été recentré sur sa propre culture, sur ses anciens joueurs devenus dirigeants. Pour Rudi Garcia, qui n’est pas du sérail, ce ne sera pas forcément simple de se faire une place. On ne peut qu’admirer cette prise de risque.

« Ce n’est pas non plus comme si Lyon avait été ridicule… »

Face à Dijon, Rudi Garcia jouait sa première sans l’une de ses armes principales, Memphis Depay. Les Lyonnais se sont heurtés à un gardien (Alfred Gomis) en état de grâce. Personnellement, j’ai envie de retenir des signes encourageants. Même si la première période a été poussive et que certains ont été un peu en dedans, ce n’est pas non plus comme si Lyon avait été ridicule. Le travail aidant, je ne m’inquiète pas trop pour le Lyon de Rudi Garcia. Maintenant il ne faut pas non plus perdre trop de points.

Lyon est 17e et piétine au niveau comptable mais il n’y a que neuf points d’écart avec le deuxième. L’OL a la chance d’évoluer dans un championnat de très faible niveau par rapport aux autres années. Il suffit d’une série pour inverser la tendance. Regardez Saint-Etienne qui, après trois victoires de suite, est passé de la 20e à la 9e place. Il y a un tel resserrement des valeurs que, finalement, personne ne doit s’inquiéter réellement dans cette Ligue 1. »

Recueilli par Alexandre CORBOZ