OL – L’oeil de Denis Balbir : « Rudi Garcia, un choix finalement assez logique »

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Chaque semaine, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Notre consultant s’est attardé sur l’épineux dossier de la succession de Sylvinho sur le banc de l’OL.

« La tendance était à une nomination de Rudi Garcia pour remplacer Sylvinho sur le banc de l’Olympique Lyonnais. C’est désormais officiel. Déjà je pense que tous les supporters de l’AS Saint-Etienne vont être soulagés : ce ne sera pas un ticket Blanc – Gasset. Dans le Forez, cela aurait fait beaucoup de mal de voir leur ancien coach débarquer chez le rival. Je pense que ça a joué dans le choix de Jean-Louis Gasset de dire non. Maintenant, cette parenthèse refermée, le choix de Rudi Garcia me semble finalement assez logique.

« Avec les supporters, Garcia n’aura pas le droit à l’erreur »

Je sais que certains – les mêmes qui se sont montrés vindicatifs avec Bruno Genesio auparavant – accueillent froidement la possibilité de voir l’ancien coach de l’OM rejoindre Lyon. Je sais aussi qu’il faudra que les résultats arrivent rapidement et qu’il n’aura pas le droit à l’erreur. Personnellement, j’ai envie de rappeler qu’on parle d’un coach français qui a amené Marseille en finale de Coupe d’Europe, qui connait bien la Ligue 1, qui a fait ses preuves en Série A par le passé… A l’OL, il coachera un effectif différent de ce qu’il avait à l’OM.

Plus fourni en qualité et en quantité. Sans doute aussi plus à l’écoute que celui dont il a disposé lors de son année post-Coupe du Monde ratée. Même s’il a été chahuté à Marseille et qu’il n’a pas atteint l’intégralité de ses objectifs, on ne peut pas tout lui mettre sur le dos. Bien sûr, il s’est un peu trop caché derrière les décisions arbitrales pour se défendre mais cela reste un entraîneur de qualité.

« Blanc, Lyon un challenge moins excitant que Manchester pour lui »

Avec l’arrivée de Juninho cet été, l’OL se voyait intouchable. Si le choix de Sylvinho a pu étonner au départ, on avait trop vite évaporé les doutes après deux journées. La réalité nous a rattrapé ensuite. Aujourd’hui, Lyon a besoin d’un coach qui tienne la route et connaisse l’Europe. Sur le papier, vu les trois candidats finalistes, Laurent Blanc avait bien évidemment le profil le plus séduisant. Encore fallait-il le convaincre de venir dans les conditions imposées par le club.

Je pense que le « Président » a rapidement vu Lyon comme un challenge moins excitant que ce qu’il pourrait avoir à l’étranger. On sait très bien que le rêve de Blanc est d’entraîner Manchester United, qu’Olé Gunnar Solksjaer est en difficulté… Est-ce que ça se fera ? Est-ce que ça ne se fera pas ? Cela fait des années qu’on en parle et qu’il y songe. C’est peut-être aussi pour ça qu’il a posé des conditions si précises à Lyon.

« Gourvennec, son manque d’expérience coûte cher »

Jocelyn Gourvennec était l’autre nom mis en avant. Effectivement, il s’agit de quelqu’un qui a des projets de jeu, un entraîneur qui aime aller de l’avant, avec beaucoup de technique… C’est l’école à la Nantaise. Maintenant, même s’il respire le football, il y avait un gros problème à sa candidature : son manque d’expérience sur la scène européenne. Avec toute l’amitié que je lui porte, Jocelyn Gourvennec n’a pas le vécu des deux autres candidats.

Il a fait un petit parcours en Ligue Europa avec Guingamp. Derrière ça, cela s’est liquéfié. Après l’échec de Sylvinho, les dirigeants lyonnais pouvaient-ils donner les clés à quelqu’un qui n’a finalement pas un très gros CV à faire falloir ? Pour moi, prendre Gourvennec, c’est miser sur un travail à long terme. Aller chercher Rudi Garcia, c’est d’abord penser à la proximité du résultat… »

Recueilli par Alexandre CORBOZ