PSG, ASSE, FC Nantes – L’oeil de Denis Balbir : « Tuchel, Gasset, l’affaire Gourvennec… Focus sur les bancs du Top 10 »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Retour sur la valse des entraîneurs sur le banc de touche du Top 10 français. Une valse proche de prendre fin.

« Dans le grand jeu des chaises musicales sur les bancs de touche des clubs du Top 10 2017-2018, c’est le PSG qui a dégainé en premier avec Thomas Tuchel, un jeune coach allemand passé sur les pas de Jürgen Klopp à Mayence et au Borussia Dortmund avec plus ou moins de réussite. A mes yeux, cela demeure un choix surprenant. On avait reproché aux dirigeants parisiens d’avoir misé sur Unai Emery qui n’avait finalement gagné « que » des Europa League avec le FC Séville mais on va chercher un coach à la renommée encore moins importante. On entendait parler de Luis Enrique, Antonio Conte ou encore Diego Simeone et c’est finalement Thomas Tuchel qui débarque.

Est-ce qu’il pourra faire passer un palier en Ligue des Champions à Paris ? Cela dépendra de son effectif, du Mercato et de sa façon de gérer les egos. Personnellement, quand je pense à Thomas Tuchel, je vois surtout ce quart de finale retour de Ligue Europa 2016 où son Borussia Dortmund, qui menait 3-1 à Anfield s’était fait retourner et éliminer par Liverpool (3-4). Maintenant, laissons-lui le bénéfice du doute. Même les plus grands entraîneurs ne sont pas à l’abri de revers de ce type.

« Heureusement, Jean-Louis Gasset a été reconduit »

Dans les autres clubs du Big Four français, cela n’a pas beaucoup bougé. A Marseille et à Lyon, il y a une stabilité logique pour Rudi Garcia et Bruno Genesio. Pour moi, ils ont fait du bon travail même si le coach de l’OL a été un peu bousculé (et injustement) par ses propres supporters. A l’AS Monaco, Vadim Vasilyev veut faire de Leonardo Jardim le « Sir Alex Ferguson » du Rocher. En attendant qu’il s’inscrive sur la même durée, le Portugais va repartir au combat encore cette année.

A Saint-Etienne, on a aussi choisi de miser sur la stabilité avec Jean-Louis Gasset. Fort heureusement que le Montpelliérain a été reconduit. A Sainté, c’est presque l’équivalent d’une idole de terrain. Il a conquis le cœur de cette équipe, que ce soit dans le vestiaire ou dans les gradins du Chaudron. Il n’y a qu’à voir l’engouement à son égard de la part du Peuple vert pour s’en convaincre. De mémoire, je n’ai pas souvenir d’une autre fois où un entraîneur de l’ASSE a généré une telle adhésion. Peut-être que c’est arrivé du temps de la splendeur des Verts avec Albert Batteux mais je ne m’en souviens pas.

« L’échec du dossier Gourvennec, drôle d’histoire »

Dans le haut du tableau, il ne reste donc plus que deux bancs en stand-by : Nice et Nantes. Dans ces deux clubs, c’est encore l’incertitude. Les Aiglons semblent dans l’attente d’un accord pour Patrick Vieira (New York City). A Nantes, on pensait tous que ce serait Jocelyn Gourvennec. Les négociations ont capoté et depuis plusieurs noms ont circulé. C’est quand même un peu curieux ce qu’il se passe à Nantes avec Waldemar Kita. Ce n’est pas la première fois qu’on assiste ce genre de coup de théâtre sur des arrivées qu’on pense acquise et qu’un grain de sable enraie la signature. Là, c’était visiblement une question d’adjoints. Jocelyn Gourvennec a l’habitude depuis des années de travailler avec Eric Blahic. Je comprend pas qu’on cherche à faire venir un entraîneur en lui imposant son staff. A la rigueur qu’on le resserre un peu en nombre, ça peut se comprendre mais là… S’il veut que Samuel Fenillat ou un autre prenne de l’avancement, il n’a que le nommer. Je ne comprends pas trop ça.

En tout cas, j’espère que les deux clubs parviendront à finaliser avant samedi et l’ouverture du Mercato. Chaque jour qui passe sans que le cas de l’entraîneur ne soit réglé est un jour perdu pour le club en prévision de l’été. Il ne suffit pas d’avoir un nom à avancer pour commencer à s’activer. Il faut que le nouveau staff prenne ses marques, fixe ses besoins de recrutement… Il est difficile d’approcher un joueur quand ce dernier n’a aucune visibilité sur l’identité du coach. C’est typiquement le genre de soucis qui peut faire perdre quelques bonnes affaires. »

Recueilli par Alexandre CORBOZ