Stade Rennais – L’oeil de Denis Balbir : « Olivier Létang, un personnage compliqué »

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Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1. Pas aussi élogieux que d’autres, notre consultant prend le contre-pied suite à l’éviction d’Olivier Létang.

« Cette semaine, on a beaucoup parlé à Rennes du départ du président Olivier Létang. Mon regard sur la situation, c’est surtout que le Stade Rennais a, avec Julien Stéphan, la chance d’avoir un bon entraîneur pour faire face à la situation actuelle. On parle beaucoup des jeunes de talent qui s’exportent. On n’oublie qu’on a de très bons jeunes entraîneurs. Il n’y a qu’à voir Sabri Lamouchi, qui avait été viré sans ménagement de Rennes (par Létang d’ailleurs) et qui a été sacré meilleur entraîneur de D2 anglaise avec Nottingham Forest.

« Nommer Julien Stéphan, la meilleure idée de son mandat »

Débarquer un entraîneur en devenir, Olivier Létang avait failli faire la même chose avec Julien Stéphan. Il avait eu la bonne idée de le nommer numéro 1 quand le jeune technicien voulait partir à Monaco en adjoint de Thierry Henry. La meilleure idée de son mandat sans doute. Il est passé tout proche de s’en débarasser il y a quelques semaines, avant que le coach rennais ne lui ramène cinq succès consécutifs et ne redevienne intouchable. Entre les deux, c’était devenu un jeu de cache-cache. Lui ou moi ? Moi ou Lui ? L’actionnaire a tranché en faveur de Julien Stéphan. D’ordinaire, l’entraîneur saute. Là, c’est le président.

« Un égo surdimensionné qui ne passait plus avec le clan Pinault »

En Ligue 1, Olivier Létang est quand même un personnage compliqué, qui a eu des problèmes en partant de Reims, puis du PSG. Même si certains le défendent bec et ongle, il ne faut pas non plus oublier qu’on parle de quelqu’un qui a un égo surdimensionné, qui ne supportait pas de voir Julien Stéphan avoir plus d’articles de presse que lui et qui s’invitait sur les plateaux de télé pour ramener les bons résultats à sa personne… Bien sûr, il a une part dans la réussite des Rouge et Noir ces derniers mois. Mais est-ce une raison pour tirer la couverture sur lui comme il l’a parfois fait ? La décision a été prise par les actionnaires. Ce sont eux qui mettent l’argent. La famille Pinault avait visiblement tranché depuis décembre et a décidé de sévir aujourd’hui.

«Olivier Létang n’a pas fait que des bons choix non plus »

Au bilan d’Olivier Létang, tout n’est pas aussi parfait qu’on veut nous le faire croire. Il y a du bon et du mauvais. Le mauvais que l’on omet parfois de citer. Il a pris Doumbia aux Grasshopper Zurich alors que l’intéressé n’a jamais mis un pied devant l’autre jusqu’à son départ en prêt à Angers, il a pris Clément Grenier qui touche quasiment 300 000€ par mois pour être un joueur de la rotation, le cas Eduardo Camavinga prête à discussion sur sa gestion également… Avec Stéphan, cela fait beaucoup de dossiers qui l’ont mis dans le collimateur de l’actionnaire. »

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008