par butfootballclub

ASSE, PSG - Exclu BUT : le Député Stéphane Testé explique comment remplir le Stade de France

Président de l'amicale des Députés supporters de l'ASSE, Stéphane Testé, député LREM de la douzième circonscription de Seine-Saint-Denis, revient sur la lettre adressée au Premier ministre la semaine dernière. Son objectif : que la finale de la Coupe de France face au PSG puisse se disputer devant au moins 20 000 spectateurs.

But : Stéphane, pourquoi avoir adressé une lettre à Édouard Philippe, en compagnie de quatre autres députés : les Ligériens Régis Juanico et Jean-Michel Mis, Agnès Firmin Le Bodo (Seine-Maritime) et Stéphane Mazars (Aveyron) ?

Stéphane TESTE : Parce qu'on voulait alerter le Premier ministre sur le fait que l'Ile-de-France est enfin passée en zone verte et qu'il est donc désormais possible d'augmenter la jauge de supporters pour la finale de la Coupe de France. On évoque 5000 supporters, mais ne peut-on pas aller jusqu'à au moins 20 000 ? Il y a plusieurs pistes à creuser, par exemple en plaçant des supporters tous les deux sièges. On aimerait pouvoir ouvrir la discussion avec le gouvernement pour que la rencontre puisse se disputer autrement que dans un cadre feutré. 5 000 supporters au Stade de France pour la finale, ce serait triste. Il n'y a rien de plus triste qu'un stade sans supporters... Et encore plus pour une finale de la Coupe de France, qui doit être la fête du football.

Quand avez-vous adressé cette lettre ?

La lettre a été remise en main propre à Édouard Philippe, le mardi 16 juin.

Espérez-vous obtenir un retour rapide ?

Je ne peux rien garantir au niveau du délai de traitement, mais j'espère avoir bien évidemment une réponse assez rapidement. Je sais que Noël Le Graet pousse aussi en ce sens. Il avait abordé cette question avec le Président Macron. J'espère que l'on aura une réponse d'ici quelques jours.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de créer une amicale des Députés supporters de l'ASSE ?

Cela fait quasiment deux ans que j'ai créé cette amicale. J'avais pu constater qu'il y avait un certain nombre de collègues qui avaient la fibre verte, comme moi. L'idée était de discuter football en pause et en soirée entre nous. On a également une équipe de foot parlementaire. Les deux présidents Roland Romeyer et Bernard Caïazzo sont venus nous voir à l'Assemblée nationale. Nous avons aussi pu rencontrer Dominique Rocheteau. À l'automne, on est allé voir le dernier match de Ligue Europa à Geoffroy-Guichard face à La Gantoise. Et on a eu l'occasion d'aller à L'Etrat avec certains collègues, où on a d'ailleurs été très bien reçus. Jean-Philippe Primard nous avait fait visiter les installations. On avait pu échanger avec Roland Romeyer et Xavier Thuilot.

Combien de Députés font partie de l'amicale ?

On doit être en tout une quinzaine !

« Le football doit être une fête populaire et des stades à huis clos, ça ne correspond pas à l'image que je me fais de ce sport »

Selon vous, est-ce que l'arrêt définitif de la Ligue 1 était une bonne décision ?

Je ne pense pas qu'il y avait véritablement une bonne décision. Dans tous les cas, il y avait des mesures de précaution à prendre qui étaient indispensables. Et il faut dire qu'il y avait tellement de flou autour du COVID-19... Mais pour moi, le football doit être une fête populaire et des stades à huis clos, ça ne correspond pas à l'image que je me fais de ce sport. Avec l'arrêt de la L1, la France a peut-être pris une décision difficile, que certains ont jugée prématurée, mais je pense tout de même que c'était la plus sage des décisions.

Pourtant, les quatre autres championnats européens majeurs ont repris...

C'est vrai. Mais pour nous cet arrêt va permettre de repartir sur de bonnes bases à la rentrée. Je voyais mal la saison se terminer fin août, puis enchaîner avec une préparation à minima pour débuter la saison 2020-2021. Pour la santé des joueurs, ce n'était pas non plus une solution très souhaitable. D'ailleurs, on risque d'assister dans les championnats étrangers à un surcroît de blessures. Et il faut aussi avoir en ligne de mire qu'il y a l'Euro qui a été décalé en 2021...

Selon vous, cet arrêt a-t-il été profitable à l'ASSE ?

C'est sûr que l'ASSE était dans une position délicate avec seulement trois points d'avance sur Nîmes, 18e au classement. Cependant, j'étais relativement confiant. La qualification pour la finale de la Coupe de France avait certainement reboosté le groupe. Je voyais bien l'équipe repartir sur une fin de saison un peu plus conforme à son statut. Mais c'est sûr qu'on ne s'attendait pas à une saison aussi compliquée.

Pour l'avenir du club, avez-vous confiance en Claude Puel ?

Oui, j'ai confiance en Claude Puel. Cétait un bon choix opéré par la direction pour remplacer Ghislain Printant. C'est un entraîneur qui a la réputation de faire confiance aux jeunes joueurs, et à l'ASSE il y a tout un potentiel à exploiter. Je pense que c'est l'homme de la situation.

Depuis combien de temps supportez-vous l'ASSE ?

Ça date du match opposant les Verts aux Polonais de Chorzow en 1975 en quart de finale de la Coupe d'Europe des clubs champions). Mon père et mon frère regardaient le match. J'avais demandé quelle équipe était française et on m'avait répondu que c'étaient les Verts ! Mon père était tellement content que je m'intéresse au sport, j'étais en CE2, que j'avais le droit de veiller tous les mercredis soir de Coupe d'Europe. Il y avait un petit rituel : le mardi soir, c'était le western et le mercredi le football quand l'ASSE jouait. Et cette passion pour les Verts m'est restée. Mon premier match à Geoffroy-Guichard était le barrage retour, le 19 mai 1984 face au Matra racing, qui nous envoie en Deuxième division. Jean-Luc Lagardère, le patron de Matra puis de Racing Paris 1, avait affrété plusieurs cars afin qu'il y ait un maximum de supporters pour faire ce déplacement. Mais en réalité, les cars étaient remplis de Stéphanois habitant en région parisienne. Mes débuts dans le Chaudron ont donc été douloureux...

Si vous n'aviez qu'un seul souvenir à retenir...

La finale de la Coupe de la Ligue remportée face à Rennes (1-0) en 2013. Cest un moment que j'ai partagé avec mon fils. Il avait 10 ans. C'était beaucoup d'émotions.

Si vous ne devez retenir qu'un seul joueur passé par l'ASSE...

Je dirais Dominique Rochetau car il a égayé mes jeunes années. Cela m'avait vraiment fait quelque chose de pouvoir le rencontrer.

PS : l'intégralité de l'interview de Stéphane Testé est à retrouver dans But Saint-Etienne