par butfootballclub

ASSE - Le rendez-vous de Didier Bigard : « Des départs pour compenser des insuffisances »

Ancien responsable des sports au Progrès, Didier Bigard pose son regard cette semaine sur le Mercato de l'ASSE. Et la nécessité, pour le club forézien, de vendre certains éléments.

« Le Conseil d’Administration de la LFP a décidé d’ouvrir dès le lundi 8 juin la période des transferts entre clubs français. C’était un souhait de ceux-ci dans l’espoir d’ajouter une ligne consistante dans la colonne des plus du bilan de la saison. Histoire d’être plus présentable devant la DNCG, même si cette année les censeurs financiers du football français seront moins intransigeants que par le passé. Le COVID, l’absence de matches et donc de recettes, le contrat avec Canal renégocié ont bouleversé les données de la saison et tous les prévisionnels. Le prêt garanti par l’Etat a compensé une partie des pertes, mais il va bien falloir rembourser et donc en inscrire les annuités dans les prochains budgets, mécaniquement amputés.

A l’heure où tout le monde misait sur une inflation servie par Mediapro, afin de reprendre un peu de terrain aux autres grands championnats européens, les plans de chacun sont revisités. Un peu plus d’ailleurs ceux des grands à commencer par le PSG dont on évalue les pertes à 200 millions. Les Brestois ont moins de soucis. Pas étonnant si le président des Bretons Dénis Le Saint a milité dès le 2 avril pour l’arrêt du championnat. Il n’avait pas grand-chose à perdre dans cet acte de solidarité sanitaire.

Pour d’autres, c’est une autre histoire avec des calculs qui donnent mal à la tête aux directeurs généraux et rendent les actionnaires de très mauvaise humeur. À Marseille il y a eu, en prime, des sueurs froides en attendant la sanction de l’UEFA pour n’avoir pas respecté le fair-play financier. L’OM ne sera pas privé de la Ligue des champions mais a écopé d’une amende de 3 millions et d’une retenue de 15% sur ses revenus liés aux coupes d’Europe. Voilà qui ne va pas simplifier la construction du prochain budget puisqu’on parle de braderie sur la Canebière dont Thauvin serait la tête de gondole à 20 millions. Une misère mais que faire face à l’urgence?

Personne à Saint-Etienne cette année, n’a envie de plastronner

Et puis, il y a ceux qui ont été trop ambitieux pour l’exercice écoulé et amputé. On sait pourquoi Jean-Michel Aulas a ferraillé jusqu’à mouliner dans le vide, on comprend que le rocher monégasque vacille autour de Louis II. Les têtes, hier couronnées de succès, Vasilyev, Jardim sont tombées et une trentaine de joueurs se voient indiquer la frontière, sans quarantaine.

Enfin, il y a Saint-Etienne où personne n’a envie de plastronner cette année. Xavier Thuilot va devoir jouer les équilibristes pour permettre à Claude Puel de construire un effectif compétitif tout en allégeant une masse salariale qui a explosé la saison dernière. Non seulement on n’a plus parlé d’un salary-cap, aussi illusoire que populiste, quand il a fallu rameuter une équipe pour  sauver le club, mais les vannes sont restées ouvertes jusqu’à vider les caisses. Alors aujourd’hui, il faut construire... et déconstruire.

Le départ d’Honorat était annoncé avant même son premier match en vert

A l’ASSE, il n’y a pas 72 joueurs sous contrat comme à Monaco, mais il y en a trop quand même et ceux qui forment l’écume ne seront pas surpris de passer par dessus bord. Léo Lacroix a enfin vu le bout du purgatoire qu’il a transformé en enfer pour un footballeur en s’accrochant à son contrat, des jeunes qu’on avait gardés trop généreusement iront lancer ailleurs leur carrière. Chaque jour s’ajoute un nom à la liste des partants souhaitables, souhaités ou redoutés et ce petit jeu risque de se poursuivre jusqu’en octobre puisque la Ligue n’a pas encore fixé l’ouverture de la période internationale du mercato. Doit-on s’en inquiéter parce que les ventes à l’étranger remplissent habituellement les caisses de la L1? Ou doit-on se rassurer en se disant que les Français profiteront d’être seuls sur le marché, quelques semaines encore, pour réaliser des coups? En se penchant sur la situation d’Hamouma, les Lorientais ont travaillé dans ce sens, comme les Brestois avec Honorat dont le départ avait été annoncé avant même son premier match en vert. De quoi compenser les pertes enregistrées cette saison? Peut-être si un autre suit, tel Moukoudi, mais on ne parle pas ici du déficit lié au virus qui fait oublier à certains leur 17ème place. Seulement des conséquences des résultats, des insuffisances des joueurs, de ceux qui vont partir. »

Didier BIGARD