par Alexandre Corboz

Equipe de France - OPINION : Moi, moche et gagnant !

En dominant la Croatie (4-2) ce dimanche à Moscou, la France est devenue championne du Monde pour la deuxième fois.

Après le stress, place à la liesse populaire… Et tant pis si ça déplait.

“Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse”. La tirade célèbre d’Alfred de Musset s’applique à 100% à cette équipe de France pragmatique à la sauce Didier Deschamps. La Dèche n’a jamais été un bel homme, ni un beau footballeur. Mais le capitaine des Champions du Monde 1998 a été biberonné à l’efficacité, à la science du résultat, aux titres. Des vestiges, sans doute, de son passage à la Juventus. Sa force en tant qu’entraîneur, c’est d’avoir su fédérer autour de sa vision du football. D’avoir su, tout au long de sa campagne russe, faire le dos rond et construire - par un socle défensif - un deuxième sacre Mondial. Deux ans après la désillusion de l’Euro français.

Le rôle du méchant à l’échelle mondiale

Didier Deschamps a été aidé, il est vrai, par la présence de relais comme Antoine Griezmann, bercé dans cette même culture en club avec l’Atletico Madrid et auteur d’une finale solide. Il y a quelques jours, quand on lui demandait si ça le dérangeait d’être considéré comme un champion du Monde “moche”, “Grizi” avait alors souri. “Non, je m’en fous. La manière, je m’en fous. Je la veux cette deuxième étoile”. Face à la romantique Croatie, soutenue par à peu près toute la planète, la France a endossé avec le sourire le rôle du méchant. Pour le plus grand bonheur de tout son peuple. Au grand dam de ces pays plus joueurs mais moins efficace qui n’ont eu de cesse de critiquer le style “à la française” depuis un mois.

Une finale sous le sceau de l'hyperréalisme

Cette finale contre la Croatie est symbolique. Le score laisse penser à une promenade de santé mais cela n’a pas du tout été le cas : un but sur un coup-franc détourné par Mario Mandzukic, un penalty accordé par l’arbitre argentin Nestor Pintana suite à l’appel à la vidéo, l’arrêt décisif réglementaire d’Hugo Lloris, un rideau fermé tant bien que mal, deux contres éclairs conclus par Paul Pogba et Kylian Mbappé pour finir par une petite erreur pour redonner de l’espoir aux Dalmates … En sept matches, on n’aura vu l’équipe de France vraiment séduisante dans le jeu que face à l’Argentine. Sur la finale, les jeunes français ont eu les jambes qui tremblaient et ça s’est vu. Mais la génération Mbappé tient déjà son mythe fondateur. Le titre tant convoité qui marquera à jamais l’histoire de France. Pour tout ça, merci.

Alexandre CORBOZ