FC Nantes : pourquoi le Collectif Nantais est déjà un succès
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par Benjamin Danet
Explications

FC Nantes : pourquoi le Collectif Nantais est déjà un succès

La fronde anti-Kita qui vise l'actuel propriétaire du FC Nantes résonne bien au-delà des tribunes. De nombreux acteurs locaux réunis dans le "Collectif nantais" sont prêts à mettre la main à la poche pour attirer un nouveau propriétaire et redonner ses lettres de noblesse à l'institution. ​

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Proginov, c'est une société qui vient en aide aux entreprises. Et ça tombe bien, le FC Nantes a bien besoin d'un petit coup de main. Aussi son patron, Philippe Plantive, se propose-t-il de jouer les entremetteurs pour que l'institution se trouve un repreneur. En somme, lui préparer le terrain pour être le prêt le jour où le panneau à vendre sera planté à la Jonelière.

Pour ce faire, un pool d'entreprises, d'acteurs économiques locaux et même d'anciens Canaris s'est formé pour créer le « Collectif nantais ». En vitrine, l'ancien gardien Mickaël Landreau est, lui, propulsé garant du projet sportif. Précision utile : cette structure n'a pas vocation à racheter le club, mais entend avoir voix au chapitre dans la future gouvernance. Et comme dans le foot s'asseoir à la table des dirigeants suppose de mettre la main à la poche, un ticket d'entrée au collectif a été fixé à 100 000€.

A ce jour, il a déjà constitué une cagnotte de plus de 10M€ ! "En l'espace de 10 jours, on a réuni autant que le sponsoring global du club sur une saison (9 M€), se félicite le chef d'entreprise. On avance, on n'est pas pressé dans l'absolu, c'est Waldemar Kita qui maîtrise le calendrier."  Pour l'heure, le calendrier n'a pas changé. Malgré les remous, l'homme d'affaires qui avait débarqué en Loire-Atlantique en 2007 pour une durée "de 3 à 5 ans", comme il le disait à l'époque, ne semble pas vraiment disposé à rendre les clés tout de suite. Officiellement du moins. "Il a toujours été à l'écoute, c'est un investisseur, il observe ce qui se passe", nuance Philippe Plantive qui sait de quoi il parle puisque lui-même est sponsor du FC Nantes, donc au fait de ce qui se trame en coulisses. D'ailleurs, n'a-t-il pas la sensation de marquer contre son camp ? "Ca n'a rien à voir avec un putsch, se défend-il. Mais ma position démontre à quel point on est attaché à l'institution. Et puis on ne veut pas, de notre côté, précipiter le dépôt de bilan du FCN car ce serait tomber en N3, donc on doit continuer de soutenir le club, on est dans la transmission". Une transmission qui semble en tout cas trouver un écho très favorable chez de potentiels investisseurs. "On a des réunions téléphoniques, par Zoom, et ça ne fait pas que discuter !" Façon de dire que des dossiers seraient déjà bien avancés ? 

Ca respecte parfaitement les valeurs et l'ADN du club,

En tribune, on valide aussi largement cette initiative et ce, à l'unanimité. "Ca respecte parfaitement les valeurs et l'ADN du club, applaudi Nicolas, l'un des rassembleurs de toutes les associations de supporters. Quand j'entends parler de territoire, de dialogue, c'est l'antinomie parfaite du FC Kita ! Depuis le départ, la place, l'écoute et le rôle des supporters sont intégrées dans le projet ! On réclame ça depuis 20 ans". Une impatience qui se matérialise concrètement. Jeudi dernier (24/06), une pétition lancée par toutes les associations de supporters du FCN avait recueilli plus de 11 300 signatures. "C'est plus un appel populaire pour retrouver notre FC Nantes", tempère Nicolas.

Qu'importe : si le manifeste n'a en effet qu'une valeur symbolique, il donne tout de même un aperçu réel de l'immense adhésion au collectif. Au-delà des anonymes (y compris des salariés actuels du FCN!), de nombreuses personnalités ont aussi apposé leurs noms, comme Da Rocha, Savinaud, Moldovan ou encore Deroff et Ouédec pour ne parler que les « ex » Jaune et Vert. Hors football, on peut aussi citer le groupe Elmer Food Beat ou encore Ben Barbaud, le boss du Hellfest...

Il y a une décennie, A la Nantaise emmenée par Florian Le teuff (aujourd'hui adjoint à la mairie de Nantes) avait insufflé le même espoir, avec un projet d'actionnariat populaire qui, malgré un certain succès, n'avait pas suscité un tel engouement. "Les seuils de tolérance ont sans doute été atteints. Il y a 10 ans, beaucoup respectaient Kita car ils disaient qu'il mettait son argent, or ça ne sort pas de sa poche, mais du FC Nantes", assure Nicolas. Et pour ceux qui douteraient encore de la crédibilité et de la force de frappe de cette nouvelle démarche, il y a cette anecdote savoureuse : il y a quelques jours, devant l'animosité provoquée par une marque annonçant fièrement son arrivée dans le giron des sponsors du FC Nantes, celle-ci a tenu à préciser qu'elle ne soutenait pas l'actuelle direction mais bien... le Collectif nantais ! 

A Nantes, Charles Guyard

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La fronde anti-Kita qui vise l'actuel propriétaire du FC Nantes résonne bien au-delà des tribunes. De nombreux acteurs locaux réunis dans le "Collectif nantais" sont prêts à mettre la main à la poche pour attirer un nouveau propriétaire et redonner ses lettres de noblesse à l'institution. ​

Benjamin Danet
Rédacteur
Benjamin Danet