8 idées reçues sur le Clasico : le FC Barcelone a de tout temps été synonyme de beau jeu

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Le Clasico, qui devait avoir lieu le 26 octobre, a été reporté au 18 décembre, si tout va bien. Pour combler le vide d’ici là, voici quelques idées reçues sur le FC Barcelone et le Real Madrid auxquelles nous tordons le coup.

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L’an dernier, le FC Barcelone a célébré les 30 ans de l’arrivée sur le banc de Johan Cruyff. Et c’est vrai que depuis que le génie hollandais a fait son retour en Catalogne, le jeu des Blaugranas est vanté dans le monde entier. Barcelone rime avec offensive, prise de risque, beau jeu, buts, etc.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi, loin de là. Avant le retour de JC, qui avait d’ailleurs failli tourner au vinaigre car Nunez voulait le virer avant la fin de sa première saison, le Barça était comme tous les autres clubs : il alternait des périodes où son équipe jouait bien et d’autres où c’était assez dur à regarder. D’ailleurs, les passionnés de films d’horreur peuvent regarder la finale de la Coupe des champions 86, perdue par les Catalans aux tirs au but contre le Steaua Bucarest. Ils comprendront de quoi on veut parler…

Dans les années 50-60, le FC Barcelone était synonyme de beau jeu. Mais cela ne reposait pas sur une idée ou un schéma tactique, simplement parce qu’il avait des stars pour cela comme Ladislao Kubala ou Luis Suarez. Dans les années 70, ce fut plus dur et dans les années 80, encore pire. A cette époque, la Liga n’était pas synonyme de technique mais de tacles à hauteur du genou, comme Diego Maradona a pu en témoigner en 1983.

Un exemple, un seul, suffit à prouver que FC Barcelone n’a pas toujours rimé avec beau jeu. En janvier 1983, le club catalan dispute la Supercoupe d’Europe face à Aston Villa, détenteur de la C1. Vainqueur 1-0 à l’aller, il défend bec et ongles son avantage au retour, mais finit par s’incliner (0-3 a.p.). Le mardi suivant, France Football publie un article au vitriol sur les Blaugranas, intitulé « Suspendez-les », et dont voici les premières lignes :

« Pour ceux qui ont vu intégralement les images, l’éventuelle sanction que prendra l’UEFA ne sera pas volée. Barcelone, vainqueur 1-0 du match aller, ne venait pas pour faire de la dentelle, alignant tous ses gros bras dont le célèbre Migueli, Tarzan pour les intimes, et casseur de Tahamata en finale de la Coupe des Coupes 1982. Après trente secondes de jeu, l’arbitre belge, M. Ponnet, avait déjà sifflé trois coups francs contre les Catalans, dont deux fautes de main volontaire. »

« Il dut ensuite sortir trois cartons jaunes durant la première mi-temps, dont les bénéficiaires furent Alberto et Urbano d’un côté, Gibson de l’autre. Mais on n’avait rien vu puisqu’il allait y avoir au total de cent vingt minutes – il y eut en effet une prolongation – neuf cartons jaunes et trois rouges : Alexanko et Schuster s’ajoutaient à Alberto et Urbano, McNaught
 imitait Gibson, les trois bannis étant Alberto et Alonso (Barcelone) ainsi qu’Evans (Aston Villa). »

« A la 79e minute, Garry Shaw transformait en but un coup franc de Blair. C’était son quatorzième de la saison. Alors commença le furieux steeplechase, M. Ponnet donnant du sifflet, du geste et du carton. Heureusement pour la dignité du sport, Cowans inscrivit un pénalty (99e) avant de se faire salement étendre par le gardien Urruti et McNaught (105e) porta l’addition à 3-0. Allan Evans, expulsé sous la pression des joueurs espagnols, n’en revenait pas : « Je n’ai jamais vu un match comme celui-là. Un arbitre anglais aurait expulsé six joueurs de Barcelone. Je me demande même où ils trouvent le sang-froid et les nerfs pour faire des tacles aussi sauvages ». »

R.N.

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001