Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

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Chaque mardi à 19h, nous étudions l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

Pour ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont découvert le football au début des années 90, le Calcio est la référence absolue. Et San Siro le vrai théâtre des rêves. A l’époque, assister à un AC Milan-Juventus était aussi improbable que d’avoir la chance de vivre un Clasico ou un Liverpool-Manchester United en live aujourd’hui. Notamment parce que les « Rossoneri » avaient plus de 70.000 abonnés.

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Depuis L’Equipe du Dimanche, autre vestige du passé, on assistait à ces affrontements titanesques entre équipes aux maillots à bandes noires. Avec la présentation caractéristique de la Rai, le terrain déjà calamiteux de l’ère milanaise mais surtout un public chaud-bouillant qui faisait crépiter les micros à la moindre occasion.

Plus de vingt ans après avoir rêvé devant le poste de télévision, nous avons pu assister à un AC Milan-Juve (honte à ceux qui écrivent Milan AC !). C’était le 22 octobre 2016. Le Calcio ayant perdu de sa superbe, il n’a pas été très difficile de se procurer des places. Une fois sorti du métro, l’émerveillement fut total : San Siro est d’une beauté incroyable, même s’il commence à dater et qu’il est question de le raser.

A l’intérieur, en revanche, c’est une autre histoire. Déjà, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les tifosi de la Juventus ne se cachent pas du tout. Les ultras sont bien accompagnés par les forces de l’ordre mais l’on voit des maillots blanc et noir un peu partout dans les quatre tribunes. Pas d’animosité à la PSG-OM ou OL-ASSE. Et puis, surtout, l’ambiance en a pris un sacré coup depuis la dissolution de la Fossa dei Leoni.

Le célèbre virage rossonero a cessé toute activité depuis 2005, après avoir été accusé de collaborer avec les autorités mais aussi parce que deux de ses groupes étaient politiquement opposés. Et le problème, c’est que personne n’a pris la relève depuis ! D’où une ambiance assez décevante, même après le but de Manuel Locatelli à la 65e, qui donna une victoire inespérée au Diavolo.

Seul éclair dans cette atmosphère anesthésiée : la reprise avant le coup d’envoi du mythique tube de Ricchi e Poveri « Sara perché ti amo », qui contient une spéciale dédicace aux supporters de la Juventus. Celle-là, tout le stade la reprend et l’on repart alors vingt ans en arrière, à l’époque des grandes affiches de L’Equipe du Dimanche !

Che confusione (Cette confusion)
sarà perché tifiamo (ce sera parce que nous te supportons)
è un’emozione che cresce piano piano (c’est une émotion qui grandit petit à petit)
stringimi forte (serre-moi fort)
e stammi piu vicino (et reste plus près de moi)
e chi non salta (et qui ne saute pas)
è un porco juventino (est un cochon de juventino)
lalalalalalalalalalalalalalalalalalalala

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001