Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

false

Désormais, chaque mardi à 19h, nous étudierons l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

Samedi dernier, c’était la finale de la Copa Libertadores. River Plate a failli réaliser le premier doublé de son histoire mais, alors qu’il menait tranquillement, il s’est effondré dans les deux dernières minutes contre le Flamengo de Gabigol (1-2). Les Millonarios pensaient écrire l’histoire en revenant à une longueur de leur ennemi, Boca Juniors, en termes de trophées, ils ont finalement confirmé leur sobriquet de « pecho frio » (poitrine froide) car ils manquent parfois de caractère.

Mais puisque River a tout de même été à l’honneur pendant 88 minutes le week-end dernier, penchons-nous sur une magnifique chanson imaginée par ses supporters. Elle concerne la Copa Libertadores et ne peut s’empêcher, bien sûr, de chambrer Boca Juniors. Elle fait également l’éloge de Marcelo Gallardo, l’homme miracle à l’origine du retour du club de Nunez au premier plan après sa descente en 2011.

Là où l’ancien Monégasque et Parisien a fait fort, c’est qu’il a réussi à faire gagner River à l’échelle continentale alors que ce n’était pas son fort. De tous temps, les Millonarios se sont distingués en Argentine par un jeu léché et offensif, qui avait bien du mal à s’exporter. Il faut dire qu’au Pérou, en Uruguay ou au Chili, il vaut mieux se préparer à la guerre. Les artistes ont tendance à passer plus de temps par terre que debout…

Grâce à sa science tactique, Gallardo a permis à River de passer outre ce complexe que Boca Juniors, par exemple, ne connaît pas. En 2015, il a ainsi offert la troisième Libertadores de l’histoire de son club en réalisant un parcours exemplaire. Il a notamment éliminé les Xeneizes en 8es au terme d’un match retour arrêté à la pause car un supporter de Boca avait aspergé les joueurs de River d’un gaz toxique dans le tunnel menant au terrain !

En finale, les Millonarios avaient affronté les Tigres d’André-Pierre Gignac (0-0 ; 3-0) dans une ambiance extraordinaire. Si vous n’avez jamais vu l’entrée des deux équipes, cliquez ici. Tout l’esprit des tribunes argentines se trouve dans ces huit minutes de folie, au cours desquelles les supporters ne chantent qu’un seul chant mais celui-ci prend de la puissance à mesure que le temps passe. Papelitos, feux d’artifice, fumigènes, bruit assourdissant, il ne manque de rien.

Après ce triomphe, une belle chanson a donc été inventée. Le voyage au Japon qui y est fait référence est celui correspondant au Mondial des Clubs avant qu’il ne soit joué aux Emirats Arabes Unies. Quand au Muneco, il s’agit littéralement du poupon, le surnom de Marcelo Gallardo. A savourer sans modération !

Y dale alegría alegría mi corazón (donne de la joie à mon cœur)
la Copa Libertadores es mi obsesión (la Copa Libertadores est mon obsession)
copamos Belo Horizonte y Asunción (nous avons éliminé Belo Horizonte et Asuncion)
Boca vos lo miras por televisión (Boca, vous le voyez à la télévision)
¿QUÉ VAS HACER? (qu’allez-vous faire ?)
si vos no tenes los huevos de River Plate (si vous n’avez pas les c… de River Plate)
¡Y SI SEÑOR! (oui, monsieur)
de la mano del Muñeco vamo’ a Japón (grâce au Muneco nous allons au Japon)

R.N.

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001