LOSC, Girondins – Que sont-ils devenus : A la rencontre d’Eric Péan

Chaque vendredi, désormais, et à 19 heures, vous retrouverez une nouvelle rubrique : que sont-ils devenus ? L’occasion, pour vous comme pour nous, de retrouver les anciens de la Ligue 1, retirés de certains terrains.

Installé au centre de la défense de Lille à 17 ans, Eric Péan y a fait sa place et une longue carrière de 15 saisons. Après les années dans son club nordiste formateur, il a effectué un tour de France, passant par le Bordeaux d’Aimé Jacquet et la Coupe d’Europe, mais aussi Caen, Toulon, Lyon, Angers ou Tours, la dernière étape en 1996 dans le club des bords de Loire. Puis il a entamé une autre vie. Loin du foot, à 55 ans, il en suit toujours l’actualité assidument.

 Bonjour Eric, que faites-vous aujourd’hui ?

Je suis propriétaire d’un hôtel à Bayeux (ndlr : le Churchill Hôtel, 3*) depuis 2013. Avant j’en tenais un autre à Gien. Quand j’ai arrêté ma carrière, je n’avais pas spécialement envie de devenir entraîneur ou même de rester dans le foot. J’avais passé les diplômes, le 2ème degré à l’époque, au cas où. Mais j’avais déjà investi dans une brasserie à Alençon (ndlr: sa ville natale) alors que je jouais à Bordeaux. C’était un projet avec mon père. J’ai démarré là-dedans.

Sans regrets?

Non. C’est marrant mais à Lille nous étions trois potes très proches : Rudi Garcia (ndlr: aujourd’hui entraîneur de l’OM), Serge Berrebi qui faisait ses études et moi. On était tous très jeunes et Rudi rêvait déjà d’entraîner une équipe, Serge de devenir radiologue et moi de posséder mon entreprise. On y est tous parvenu.

Vos clients connaissent-ils votre parcours de footballeur?

Quelques personnes d’ici le savent puisque j’ai joué aussi à Caen mais j’ai surtout une clientèle étrangère qui vient visiter les plages du Débarquement. J’ai la chance d’être référencé dans le Rick Steves travel book, célèbre guide de voyage américain comme Le Routard chez nous. Rick Steves est venu visiter mon hôtel et a glissé quelques lignes sur mon passé de footballeur. Du coup, des touristes américains qui aiment le soccer là-bas me posent des questions quand ils sont chez moi (rires).

Vous suivez le foot aujourd’hui ?

Oui. Je suis à fond. L’Equipe tous les jours et les matches à la télé. Le week-end c’est possible, dans la semaine avec l’hôtel c’est plus difficile.

Il y a des joueurs avec qui vous êtes resté en contact ?

Rudi (Garcia). Après je ne suis pas en contact régulier avec des gars. Dernièrement, j’ai revu Franck Sauzée, Antoine Kombouaré, Alain Roche, Nordine Kourichi, mais c’est souvent par hasard. Basile Boli, je l’ai croisé à finale de la Ligue Europa Marseille-Atlético à Lyon. Il y a aussi Bruno Genesio. J’aimerais bien récupérer son nouveau numéro de téléphone, il a changé après ses soucis avec quelques supporters. Vous l’avez ?

Non. Un peu de foot en amateurs ?

Pas du tout. Rien. Je fais du sport pendant les vacances et là je vais essayer de reprendre un peu plus d’activité physique. (rires)

Vous regardez le foot aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous plaît ?

Ca va vite, plus que quand je jouais. En même temps à mon époque on regardait les matches d’avant en noir et blanc et on se disait que c’était lent. Alors…

Et le poste de défenseur, a-t-il beaucoup changé ?

Avant, c’était plus rude. Aujourd’hui, on chipote pour tout alors que le football reste un sport de contact. Le protocole du fair-play ça me fait doucement rire. Pour le symbole, c’est bien, on se serre la main avant le match, les arbitres aussi. Mais après, sur le terrain, on est là pour défendre son équipe.

Joueur à Lille et Bordeaux, équipes réputées pour leur rigueur défensive dans les années 80, aviez-vous été beaucoup sanctionné ?

Dans ma carrière, je n’ai reçu qu’un seul carton rouge. Presque à la fin, à Tours ou Angers, et pas pour un coup mais une parole «déplacée» vis à vis de l’arbitre. Mais j’ai pris des jaunes… (Rires)

Vous avez débuté en défense à 17 ans. Ce n’est pas fréquent au plus haut niveau. Pourquoi si tôt ?

Je n’ai pas eu un cursus très normal au centre de formation de Lille. La première année, mon père voulait que je continue d’aller à l’école. Du coup, selon l’emploi du temps, je m’entraînais avec les pros ou la D3, ou les juniors, les cadets. En fin de saison, je joue en Gambardella, je suis expulsé et je prends 4 ou 5 matches. A la rentrée, j’aurais pu intégrer les pros mais pour achever ma suspension, il fallait attendre que le nombre de matches soit purgé avec les juniors. J’ai recommencé à jouer en novembre je crois. Après je suis parti avec l’équipe de France juniors de Georges Boulogne au Brésil en janvier. J’ai repris avec la D3 et en fin de saison j’ai joué en pro. C’est allé très vite.

Des souvenirs de matches ?

Il y en a un qui m’a fait vibrer à Lille : le retour de ¼ finale de Coupe de France contre le grand Bordeaux des années 80 (ndlr: en 1987). On perd 3-1 à l’aller et au retour à Grimonprez, on est mené 1-0 après 20 minutes. Puis tout s’est emballé. Jusqu’à la dernière minute, le public était debout (ndlr : Lille sera éliminé 1-3 et 2-1). La saison suivante, je suis à Bordeaux et en Coupe d’Europe plus tard on joue à Naples (ndlr : le 7 décembre 1988, 1/8ème de finale retour de la Coupe de l’UEFA). C’est le Naples de Maradona, Carnevale et Careca! (ndlr: Naples gagnera ensuite la Coupe de l’UEFA en mai 1989). On perd 1-0 à la maison et on réalise un énorme match là-bas. Thouvenel est expulsé au bout de 2 minutes et à 10 on fait 0-0 donc on est éliminés mais quel match !

Et le face à face avec Maradona?

Il n’y a pas que moi qui l’affrontait (rires). J’ai gardé le maillot de (Massimo) Crippa, le milieu de terrain, avec qui je l’avais échangé. J’ai une belle collection de maillots. Mais dans une armoire chez moi.

Recueilli par Etienne Bonamy

Rejoignez notre chaîne But! Football Club pour encore plus de contenus sur le monde du ballon rond.