LOSC – Mercato : les ficelles du système D nordiste

En récupérant Nicolas De Préville (Stade de Reims, 25 ans) via un transit par Ostende, le LOSC a montré qu’il pouvait avoir de la suite dans les idées en matière de Mercato. Mais quels sont les ficelles à exploiter ?

Au LOSC, faute d’avoir pu vendre Sofiane Boufal en début de l’été, on manque de pétrole pour recruter. En revanche, on a des idées quand il s’agit de contourner les problèmes. Que ce soit par le biais de ventes « flash » de jeunes joueurs à des prix très intéressants ou au travers d’un recrutement opéré au travers d’un passage par Ostende, club partenaire via l’actionnariat de l’homme d’affaires Marc Coucke, les Dogues parvient malgré tout à leurs fins… Quitte à différer un peu le paiement ou à accepter quelques clauses contraignantes. Focus sur la stratégie de Michel Seydoux.

Ostende et Coucke, des solutions pérennes ?

Le Stade de Reims n’acceptant pas un paiement différé et ne voulant pas transiger sur le montant réclamé, le LOSC a trouvé une solution pour Nicolas De Préville : faire transférer le joueur en Belgique, chez Marc Coucke, pour 4,5 M€ plus un pourcentage à la revente et se le faire prêter avec option d’achat automatique pour une saison. Même s’il permet de contourner les règles du fair-play financier, ce procédé est légal. Il s’agit en fait d’obtenir un différé de paiement, chose que permet de réaliser un fonds d’investissement comme Doyen par exemple ou via des partenariats multi clubs déjà existant à travers l’Europe (New York et Manchester City, le triptique Grenade – Udinese – Watford appartenant à la famille Pozzo ou plus récemment le lien Inter Milan – Jiangsu). Le LOSC a exploité une faille du système et est dans son bon droit. Toutefois, les Dogues ne pourront pas abuser de cette technique car si Marc Coucke s’est voulu conciliant, il souhaite quand même récupérer sa mise dans un an. L’intéressé a juste servi de banquier avec un taux d’intérêt très avantageux.

Le pourcentage à la revente, un moyen de faire des coups

Ces dernières saisons, pour réaliser certaines affaires, le LOSC s’est aussi appuyé sur une méthode plus conventionnelle. La cession d’un pourcentage à la revente. Si le club de Michel Seydoux récupère 100% des droits sportifs du joueur et garde la main au moment de décider quand vendre ou quand conserver le joueur, il accepte en contrepartie de partager son butin. Sur Yassine Benzia et désormais pour Nicolas De Préville, les Dogues ont inclus 20% de la plus-value à la revente pour le club vendeur. Sur les 3 M€ désirés sur une éventuelle vente de Benzia, Lille ne toucherait alors que 2,6 M€. Etant donné que le joueur a coûté 1 M€, cela ne donnerait qu’une marge de 1,6 M€ réalisé sur l’opération. Un gain plus modeste mais qui a permis de récupérer un joueur pour 2 M€ de moins que le prix initialement affiché par l’OL. Malin et rentable donc.

Alexandre CORBOZ

Alexandre Corboz

Journaliste à But! depuis 2008