Affaire de la sextape : le cas Benzema, l’avenir de Valbuena… Didier Deschamps hausse le ton

Interviewé par Le Parisien ce vendredi matin, le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps revient longuement sur l’affaire de chantage à la sextape dont a été victime Mathieu Valbuena et dans laquelle Karim Benzema est soupçonné de complicité avec les maîtres-chanteurs. Le technicien en profite pour dénoncer les fuites de l’enquête et assure que les joueurs n’ont pas besoin d’être amis pour briller ensemble sur le terrain. Morceaux choisis.

L’erreur de Benzema

« C’est une affaire qui me gêne, qui m’énerve et dont je me serais bien passé, surtout à six mois de l’Euro. Je n’avais rien vu venir. (…) Quelqu’un m’a dit un jour : ‘En tant qu’entraîneur, on donne beaucoup pour ses joueurs mais il ne faut rien attendre en retour.’ C’est terrible de dire ça, mais au final cela permet de ne pas éprouver de déception. Karim a fait une erreur, c’est évident. Mais je pense qu’il n’a pas évalué la situation dans laquelle il se trouvait. Et puis, je ne dis pas ça pour défendre Karim, mais les jeunes ont aujourd’hui une telle façon de s’exprimer entre eux, inconcevable à mon époque. Ils ont un langage différent. »

L’enquête

« Je trouve qu’il y a des choses excessives, notamment le fait qu’on puisse trouver des PV d’écoutes dans la presse. Tant mieux pour les journaux mais, quand il s’agit d’une personnalité publique, on le condamne souvent avant le jugement. Cela ne vaut pas spécialement pour Karim, mais la présomption d’innocence est un principe de droit. »

Valbuena pas en danger pour l’Euro

« J’ai échangé avec Mathieu dès le début. Ensuite, j’ai pris certaines décisions en novembre (Deschamps n’avait pas retenu Valbuena pour les matches amicaux contre l’Allemagne et l’Angleterre, de façon à ne pas l’exposer) et je lui ai encore parlé depuis. Donc je pense l’avoir soutenu. Mathieu est la victime dans cette affaire, il a décidé de porter plainte. Forcément, ce sont des situations difficiles à vivre, mais qui peut lui reprocher quelque chose ? Je n’ai pas à le défendre car il n’est accusé de rien. Il reste un joueur important pour l’équipe de France. »

L’ambiance dans le vestiaire

« Ce qui seront là seront à fond et ensemble. Ils devront l’être. Mais vous pensez peut-être qu’à mon époque, nous étions 22 joueurs et qu’on s’embrassait tout le temps ? L’unité, c’est sur le terrain. Pour le reste, il y a des affinités et des groupes, mais pas de clans. »