L’instant OM : en matière de formation, ne faudrait-il pas s’inspirer du… PSG ?!?

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Supporter de l’OM devant l’éternel (qui, pour lui, s’appelle Raymond Goethals), Raphaël Nouet revient chaque mercredi soir sur l’actualité chaude de son club de cœur.

C’est pour ce genre de titres que je suis très content d’avoir pris des pseudos sur les réseaux sociaux. Car rien qu’en les voyant, certains auraient ouvert en grand les vannes de l’insulte alors que, non, je n’ai pas changé de bord, ni même fait un AVC. Enfin, je ne crois pas… En guise de bonne foi, je voudrais d’ailleurs parler vite fait de la banderole des Footix parisiens brandie lors du match de dimanche au Parc contre Bordeaux.

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Ainsi, ces messieurs qui n’ont pas peur de réécrire l’histoire vu que la leur est une blague carambar ont retenu que Kombouaré, Ginola et Rai, c’était la rage de vaincre… Ah oui ? Mais contre qui ? Pas contre nous, déjà, vu qu’ils se faisaient marcher dessus à chaque fois. Ni en Europe parce qu’au moindre écueil juventino, barcelonais ou milanais, les « rageux » se transformaient en caniches ! Heureusement qu’ils ont fini par tomber sur des Autrichiens en finale de C2… Et encore, ce fut juste !

Bref, fini de tacler l’abominable QSG, place au sujet de cette chronique. Cette semaine, le centre de formation de l’OM est donc passé dans la catégorie prestige de la Fédération, qui n’en regroupe que cinq autres (ceux de Lyon, Paris, Monaco, Reims et Auxerre). Félicitations à Jacques-Henri Eyraud (si, si, il y est pour quelque chose !), Andoni Zubizarreta et Nasser Larguet pour ce superbe travail.

Mais une fois les embrassades terminées, il est bon de se demander ce que l’Olympique de Marseille va bien pouvoir faire d’un centre de formation productif. Car pour un Boubacar Kamara devenu un pilier du onze de départ, combien de Maxime Lopez ou de Lucas Perrin ne trouvant pas leur place ? Le cas de ce dernier est d’ailleurs symptomatique. Quand André Villas-Boas a été privé de Duje Caleta-Car à Lyon en Coupe, il a préféré faire redescendre Kamara en défense et titulariser Kevin Strootman au milieu plutôt que d’aligner Perrin, pourtant très bon les rares fois où il a fait appel à lui.

Pourquoi ? Parce que si Perrin s’était déchiré au Groupama Stadium, tout le monde lui serait tombé dessus. La pression à l’OM est trop forte pour lancer des jeunes à tout-va comme l’OL n’hésite pas à le faire. Chez nous, soit ce sont des phénomènes (Kamara, Carrasso, Nasri…) et ils jouent, mais c’est rare, soit on les forme pour mieux les vendre. Et c’est là qu’intervient la comparaison avec le rival honni. Ou, si vous préférez, avec le Barça des dernières années.

« Si on nous avait demandé de choisir entre Benedetto et Lihadji, on aurait choisi le premier »

Les Parisiens, qui voulaient former le prochain Messi à l’arrivée des Qataris, renflouent leurs caisses chaque été en vendant leurs meilleurs jeunes. Parce que ceux-ci n’ont aucune chance de se faire une place dans l’effectif des dopés financiers. A mon sens, c’est ce que l’OM peut faire de mieux car je ne le vois pas sortir des Kamara tous les ans. Récupérer entre 10 et 30 M€ chaque été en cédant des Lopez ou des Perrin, ça irait à tout le monde.

Parce qu’il faut arrêter de se voiler la face : oui, les Minots ont sauvé le club dans les années 80 mais s’ils ont joué, c’est que les dirigeants n’avaient plus le choix. L’été dernier, si on avait demandé aux supporters s’ils préféraient recruter Dario Benedetto, qui n’a jamais fait ses preuves en Europe et s’est fait deux fois les croisés, ou le prometteur Isaac Lihadji (je sais, ce n’est pas le même profil), on aurait tous opté pour l’Argentin. C’est notre culture, notre histoire. Ce n’est pas une tare à effacer. Il faut juste en avoir conscience et adapter sa politique de formation en conséquence.

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001