L’instant OM : et si on réfléchissait à un autre modèle de gestion ?

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Supporter de l’OM devant l’éternel (qui, pour lui, s’appelle Raymond Goethals), Raphaël Nouet revient chaque mercredi soir sur l’actualité chaude de son club de cœur.

Une fois encore, une fois de trop, le football français se couvre de ridicule devant l’Europe entière en s’entredéchirant au sujet de la sortie de crise. Un coup, c’est Jean-Michel Aulas qui évoque une saison blanche, puis Jacques-Henri Eyraud lui répond, puis la LFP s’en mêle, puis la FFF critique tout le monde, puis les patrons des grands clubs se réunissent dans le dos des petits, qui s’énervent à leur tour…

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Magnifique football français, vraiment. En Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Angleterre, pour ne prendre que les membres de l’autoproclamé Big 5 européen, les clubs respectent le fait que la crise sanitaire fait passer le football au second plan et discutent tranquillement, sans s’invectiver par médias interposés. Et ce alors que les rivalités sont autrement plus fortes en dehors de nos frontières.

De tout ce qui se dit depuis une semaine, une chose m’a fait tiquer : l’interview du nouveau président du Stade Rennais, Nicolas Holveck, dans L’Equipe. L’ancien Monégasque explique que si les clubs français courent à leur perte si la saison ne se termine pas, c’est qu’ils ont épuisé dès l’hiver les recettes des droits TV, des transferts et du sponsoring, et qu’ils ne survivent qu’avec l’argent des guichets. Pas de match, pas de billetterie, pas de sous, pas d’avenir.

Et c’est là, je crois, qu’il serait profitable de mettre la matière grise des dirigeants à contribution. Plutôt que d’imaginer une saison se terminant en août ou je ne sais quoi, il serait temps que les présidents fassent un constat lucide : le modèle français ne fonctionne pas. Notre championnat est faible, peu attractif, pas suivi en dehors de nos frontières, nos résultats européens sont minables, et ce depuis le premier jour des compétitions continentales.

Former pour vendre à l’étranger, ça nous rend dépendant des autres, donc ce n’est pas bon. Vivre des subventions municipales ou des dons d’un mécène, ce n’est pas plus viable ni pérenne, et c’est désormais interdit pas le fair-play financier. Il faut autre chose, d’autres leviers. Autant le dire tout de suite, je n’ai pas la solution miracle.

« Les plus intelligents sauront se servir de cette crise pour mettre en place un modèle nouveau, fort, sain, pérenne. Jacques-Henri Eyraud, je compte sur toi ! »

Mais ce qui me vient tout de suite à l’esprit, c’est qu’en tant qu’entreprises, les clubs français doivent arrêter de vivre au-dessus de leurs moyens. L’OM est TOUT LE TEMPS en déficit. Ce n’est pas possible ! Il faut arrêter de donner des salaires qui ne correspondent pas aux standards français. Quand tu vas chercher Dimitri Payet à West Ham, tu lui dis que c’est 300.000€ ou 400.000€ par mois maximum. S’il n’est pas content, il reste à Londres et tu trouves une autre solution. Et si les supporters grognent, tu leurs expliques la situation en révélant les vrais chiffres. Ils préfèreront toujours la vérité et le bon sens aux lendemains qui déchantent.

Etre propriétaire de son stade, c’est essentiel. Avoir des structures à côté qui te permettent de faire rentrer de l’argent, comme par exemple un OM Land au Parc Chanot, c’est essentiel aussi. Cette crise est en quelque sorte une bénédiction dans la mesure où elle met en évidence la mauvaise gestion des clubs français. Les plus intelligents sauront s’en servir pour mettre en place un modèle nouveau, fort, sain, pérenne. Jacques-Henri Eyraud, je compte sur toi !

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001