L’instant OM : Jordan Amavi, à la fois coupable et victime

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Supporter de l’OM devant l’éternel (qui, pour lui, s’appelle Raymond Goethals), Raphaël Nouet revient chaque mercredi soir sur l’actualité chaude de son club de cœur.

“Dimanche soir, André Villas-Boas a poussé le deuxième coup de gueule de sa carrière marseillaise à l’issue du match nul face au Stade Rennais (1-1). Le premier avait été pour la commission de discipline, coupable d’avoir infligé deux matches de suspension à Boubacar Kamara. Le second a cette fois été adressé aux supporters de l’OM, qui ont sifflé Jordan Amavi tout au long des quarante-cinq premières minutes. Le latéral gauche a tellement été à la ramasse dimanche que son entraîneur l’a sorti à la pause.

Alors, coupable ou victime, le Jordan ? Déjà, si vous lisez cette rubrique régulièrement, vous savez que je déteste que l’on siffle les joueurs ou l’équipe. Je suis pour le traitement à l’anglo-saxonne, à savoir le silence comme sanction à une mauvaise performance. Siffler, huer, insulter nos joueurs, c’est se tirer une balle dans le pied. Tout le monde n’a pas la force mentale d’un Mamadou Niang, qui a su surmonter un traitement très sévère à ses débuts pour devenir notre canonnier en chef lors du dernier titre.

Au sujet de Jordan Amavi, je tiens à souligner que les fois où il s’est montré le plus à l’aise, c’est-à-dire en 2017/18 et au début de cette saison, il avait un défenseur central au top à ses côtés (Rolando il y a deux ans, Alvaro Gonzalez cette année). Quand il a un fébrile Caleta-Car dans son secteur, il a tendance à trop vouloir lui venir en aide en protégeant l’axe, oubliant du coup de s’occuper de son adversaire et de se faire respecter dans son couloir. Ça, c’est quand je me fais l’avocat de la défense.

Côté accusation, il y a beaucoup à redire et la partie de dimanche dernier est un bon résumé de tous les travers de son jeu. Marquage élastique, positionnement approximatif, passes qui n’arrivent pas… Amavi a cette capacité incroyable à alterner très bonne performance et prestation abyssale.

Comment est-ce possible ? Une fois de plus, je crois que cela tient aux partenaires croisant dans son secteur. Dimanche, il a donc eu un Caleta-Car pas serein mais aussi un Rongier au milieu dont c’était la première titularisation et un Valère Germain devant dont ce n’est pas le poste.

Avec Gonzalez, Sanson et Payet sur la partie gauche du terrain, je suis certain que la musique aurait été différente. Surtout pour ses oreilles… Après, les blessures et les suspensions obligeant Villas-Boas à modifier son onze tout le temps, Amavi pourrait aussi faire preuve d’un peu plus de maturité dans son jeu, lui qui a 25 ans, et s’adapter quels que soient ses partenaires.

Enfin, c’est un détail, mais je suis sûr que cela compte en ces temps de communication à outrance, peut-être que si on le voyait moins rigoler dans les vidéos diffusées par le club, les supporters auraient moins la sensation qu’il prend tout à la légère. Oui, c’est un raccourci un peu bête mais je suis sûr qu’à l’arrivée, cela compte.

Que Jordan Amavi soit sur le terrain ou pas, je serai à la Licorne vendredi soir. L’occasion de faire connaissance avec l’ami Florent Morel, avec qui j’ai échangé grâce à cette chronique. Comme quoi, la LFP a beau avoir interdit les supporters marseillais de déplacement officiel en Picardie, nous serons quand même nombreux dans les tribunes à encourager nos couleurs. Partout, tout le temps. Et sans sifflets contre nos joueurs, ce serait mieux… »

R.N.

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