Mon OM à moi – Lyon, vingt ans de malheurs

Journaliste à But! depuis 2001, Raphaël Nouet est avant tout un supporter raide dingue de l’OM. Qui partage ses souvenirs avant la finale de mercredi.

Alors que le grand rendez-vous lyonnais se rapproche, je ne peux m’empêcher de penser que mon rapport à l’OL est si compliqué que la superstition me commanderait de ne pas y aller. Clairement, quand l’OM et Lyon sont impliqués dans un même moment de ma vie, ça tourne au drame. Je ne crois pas en une puissance supérieure, au hasard ou à la destinée. Mais quand vient l’heure d’un grand match de l’OM, je me raccroche à toutes les branches de la superstition, je prie tout et n’importe qui et je crois aux signes. Et clairement, ceux impliquant Lyon sont rouges vifs en ce qui me concerne. Ils correspondent même à deux des pires moments de ma vie de supporter.

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J’ai vu cinq fois l’OM jouer contre l’autre Olympique. Quatre fois, cela s’est soldé par une défaite. Bon, la seule victoire, ce fut en finale de la Coupe de la Ligue 2012 donc un grand moment de bonheur. Au passage, spéciale dédicace au grand Vincent Labrune qui, après ce match, a choisi de privilégier José Anigo dans le conflit qui opposait ce dernier à Didier Deschamps. Tu avais raison, Vincent, le jour où tu as dit que l’histoire jugerait ton œuvre à la tête du club. Le problème, c’est que plus les années passent, moins on comprend tes choix…

Une joie, plein de défaites et une humiliation XXL

Mais revenons à l’OL. Mon premier match à Gerland ? Le 10 janvier 1998. Défaite 1-2 après avoir mené 1-0. Mon premier Olympico au Vélodrome ? Le 15 octobre 1999, défaite 0-1 sur un but du traître Sonny Anderson. Le slalom fou de Juninho le 21 mai 2005 ? J’y étais ! Mais ce n’était rien en comparaison avec mon enterrement de vie de garçon. Mon témoin avait estimé qu’il ne pouvait se faire nulle part ailleurs qu’à Marseille, plus précisément au Vélodrome. Je fus donc réveillé par mes potes le dimanche 17 mai 2009, direction le Sud pour une super journée entre un petit restaurant de la Pointe-Rouge, la découverte des calanques de Cassis et un explosif OM-OL décisif pour le titre. Inutile de revenir sur ce crève-cœur, si vous êtes supporter marseillais, vous vous souvenez forcément du score et de l’issue de la saison.

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Mais si le pire moment de ma vie de supporter a impliqué un OL-OM, je n’étais pas au stade à ce moment-là. Du moins, pas au Vélodrome ou à Gerland. C’était en mai 1997. Le 17, j’étais descendu à Marseille pour assister au choc contre un PSG défait par Barcelone juste avant en finale de la Coupe des Coupes. Entre la victoire 1-0 sur un pénalty d’Eric Roy, le splendide tifo aux couleurs « blaugrana », les chants « Y viva el Barça ! » et un pétard géant sorti pour Bernard Lama (contrôlé positif au cannabis cette saison-là), la soirée avait été parfaite. Tout le monde pensait que l’exercice était terminé, à commencer par les joueurs. Moi-même, je me disais qu’il n’y avait rien à attendre d’OL-OM et j’avais donc accompagné un pote en tribune Boulogne pour un décisif PSG-Strasbourg. A cette époque, je rappelle qu’il n’y avait pas de portable. Je me souviendrai toute ma vie de l’annonce de ce maudit speaker du Parc juste après que la pause ait été sifflée : « Mesdames et messieurs, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est que Nantes mène à Monaco ». Ce qui voulait dire que le PSG n’était pas qualifié pour la C1. D’où des sifflets du public. « La bonne : à Gerland, Lyon 7, Marseille 0 ! ». Et là, le stade a explosé comme si un but venait d’être inscrit. J’ai été le seul à rester prostré sur son siège, totalement anéanti, incrédule. C’était mon premier souvenir marquant d’un OL-OM. Il annonçait clairement la couleur pour les années à venir. Mais tout à une fin, même les mauvaises choses. Espérons que ce sera pour mercredi…

R.N.

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001