Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

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Désormais, chaque mardi à 19h, nous étudierons l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

Après l’Argentine, cette chronique pose cette semaine ses bagages en France. A l’avenir, elle essayera de respecter l’alternance étranger-Hexagone avec la régularité d’un ultra venant au stade. Pour cette première édition tricolore, cap sur le Sud, à Marseille plus précisément, avec un chant lié pour l’éternité au succès de l’OM à Munich le 26 mai 1993.

Ce chant, c’est « Hissez haut, les drapeaux ». Les passionnés du club qui ne faisaient pas les déplacements avec les ultras l’ont véritablement découverte à l’occasion de la finale de la Champions League contre l’AC Milan (1-0).

Ce soir-là, alors que les Italiens dominaient le début de match dans les tribunes (comme leurs joueurs sur le terrain…) avec leurs dizaines de mégaphones, les supporters marseillais s’étaient faits entendre avec cette chanson, agitant leurs pompons blancs.

L’image des 25.000 fans reprenant d’une seule voix ce chant magnifique en agitant frénétiquement leurs accessoires restera à jamais gravé. Surtout quand on a vécu l’événement en direct, au cœur d’une deuxième période irrespirable, avec des Milanais qui poussaient pour revenir. La vue de ce virage tout blanc, le vacarme de cette chanson reprise à l’infini sont immortels.

Mais d’où viennent ces paroles (Allez l’OM, allez Marseillais, hissez haut, les drapeaux, tous unis sous les mêmes couleurs, le virage chante avec ferveur) ? La Provence avait répondu à la question dans son édition du 25 décembre 2017 après avoir interrogé des membres de la Vieille Garde du Commando Ultra.

« Le chant est indissociable de la victoire en Ligue des champions à Munich, en 1993, avec tout le virage olympien qui le reprenait, agitant drapeaux et pompons, face à des Milanais réduits au silence. Il était né deux mois plus tôt, au fond d’un bus conduisant les supporters vers Nantes.

La chanson d’Hugues Aufray, Santiano, y voit peu à peu ses paroles évoluer et résonne pour la première fois à la Beaujoire avec un deuxième couplet se terminant par « Le virage reprendra en chœur ». »

« Relancée à Valenciennes une semaine avant la finale – le fameux OM/VA… -, elle explose littéralement à Munich. « Ça a pris de l’ampleur dans le train puis dans la ville, où peu à peu les supporters se l’appropriaient, se souviennent les leaders d’alors.

Dans le stade, on le lance à la 35e minute de jeu et tout le monde le reprend, il ne s’arrête plus jusqu’au but de Boli. Là, on a compris qu’il était devenu mythique… »

R.N.