Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

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Désormais, chaque mardi à 19h, nous étudierons l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

En même temps que cette rubrique a été mise en ligne, à 19h, le coup d’envoi d’Angers-OM a été donné. Les Phocéens tenteront de conforter leur 2e place face à leur poursuivant immédiat au classement. Actuellement en réfection, le stade Raymond-Kopa ne pourra accueillir que 12.000 supporters, dont 600 venus de Marseille. Mais ils seront beaucoup plus nombreux à soutenir les Bleu ciel et Blanc.

Plutôt tristounette en termes d’ambiance, l’enceinte angevine ne résonnera pas du célèbre « Aux Armes », que l’on entend presque toujours au Vélodrome et régulièrement dans les autres stades français, quand les supporters marseillais sont présents en nombre. Ceux qui étaient à Troyes le 15 avril 2018 se souviennent certainement de l’ambiance volcanique qui régnait dans les quatre tribunes, où les Olympiens étaient en majorité.

Parfois repris par d’autres clubs et même à l’étranger, le « Aux Armes » trouve sa genèse dans la deuxième partie des années 80, en pleine ère Tapie. Et comme beaucoup des chants de supporters marseillais, il arrive tout droit du Calcio, référence de l’époque en matière footballistique. Le quotidien régional La Provence avait interrogé des membres du Commando Ultra pour en déterminer son origine.

« Ce moment où les deux virages se répondent est devenu, au fil des années, le point d’orgue des soirées olympiennes au stade Vélodrome, presque aussi attendu par certaines supporters – notamment ceux qui mettent leurs pieds pour la première fois dans l’enceinte du boulevard Michelet – qu’un but de leurs protégés. Si le rituel ne s’est installé qu’au début des années 90, quand le mouvement ultra a pris plus d’importance dans le virage Nord pour faire écho au Sud, ce chant est l’un des premiers à avoir retenti au Vel’. « Nous avions assisté au derby de la Madonnina, celui opposant l’AC Milan à l’Inter et c’est là qu’on l’a entendu pour la première fois », se souvient un membre actuel de la Vieille Garde.

Voilà comme le « Aux Armes » a fait le chemin de San Siro à Marseille, où il s’est érigé en hymne, loin de ses origines… mussolinienne, avec une chanson dont le refrain « All’armi ! All’armi ! All’armi o fascisti » était populaire dans l’Italie des années 40… « A cette époque, on ignorait tout ça ! Ce qui nous avait marqués, c’était la puissance de ce chant. » C’est toutefois à Marseille qu’il a pris toute sa dimension au point d’être exporté aux quatre coins de l’Europe. Il est même repris actuellement par les ultras du club allemand de Sankt Paulo, qui possèdent des liens forts avec le CU84 ; et en français dans le texte ! » 

R.N.

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001