FC Nantes – EXCLU Budzynski : « Adryan n’avait pas le niveau suffisant »

Figure mythique du FC Nantes, Robert Budzynski suit toujours avec attention les résultats et l’actualité mercato des Canaris.

Joueur puis directeur sportif de la maison jaune entre 1963 et 2005, Robert Budzynski partage avec nous sa vison du football. Fort de son expérience, le Franco-Polonais juge le FC Nantes d’aujourd’hui et l’Euro de l’équipe de France emmenée par Didier Deschamps, qu’il a couvé durant sa période sur les bords de l’Erdre.

But! Nantes : Robert, le marché des transferts bat son plein, auriez-vous levé l’option d’achat pour conserver Adryan ?
Robert BUDZYNSKI : Si je dois construire une équipe, je cherche un meilleur joueur. Ce n’est pas une critique envers les dirigeants. J’en ai pris des plus mauvais quand j’étais directeur sportif. Je crois vraiment qu’Adryan n’a pas le niveau suffisant.

Connaissez vous les quatre nouvelles recrues du FC Nantes ?
Non, j’attends de voir. Je ne juge pas les joueurs sur ce que j’entends. On dit qu’ils sont bons, très bien. J’irai les voir jouer deux ou trois fois et je me ferai une opinion.

Un avis sur René Girard qui a pris les commandes de l’équipe ?
Je le connais bien. C’est quelqu’un qui a l’expérience nécessaire pour faire progresser l’équipe. J’espère qu’il aura les moyens de construire son équipe. Ce sera l’une des clés pour qu’il réussisse.

Le FC Nantes, comme la plupart des clubs de Ligue 1, ne peut pas se permettre de folies sur le marché des transferts. La formation est-elle la solution pour réussir ?
La formation ne suffit pas. Elle est importante, certes, mais il faut en plus de former de bons jeunes, acheter des éléments qui puissent les sublimer. Pendant longtemps on a réussi à trouver le juste milieu.

“Je connais bien René Girard. C’est quelqu’un qui a l’expérience nécessaire pour faire progresser l’équipe.”

Faut-il faire une croix sur le jeu à la nantaise ?
(Soupir) Les grands principes, on peut les revoir. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’athlètes dans le football. Ça ne m’intéresse pas de voir un joueur faire 10’’4 au 100m s’il est incapable de garder le ballon. Prenons exemple sur le Portugal, qui vient de remporter le championnat d’Europe. Ils ont laissé le ballon à l’équipe de France et au moment où celle-ci se croyait à l’abri, elle a encaissé un but. Aujourd’hui, c’est peut être plus intéressant pour une équipe de procéder en contre plutôt que de faire le jeu. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on fait le jeu et qu’on ne marque pas, les contres peuvent être fatals.

Comment jugez-vous le championnat d’Europe de l’équipe de France ?
Didier (ndlr : Deschamps) a construit une équipe dont les éléments sont complémentaires. Il voulait emmener des joueurs sur lesquels il peut s’appuyer sur la durée. Ce qui est intéressant, c’est qu’il a réussi a tirer le meilleur de chacun d’entre eux. Le groupe a été performant, ce qui leur a permis de faire un bon tournoi.

Est-ce que le parcours de Didier Deschamps en tant que sélectionneur vous surprend ?
Je connais bien Didier, je suis allé le chercher alors qu’il n’avait que quatorze ans. Il s’est imposé naturellement à Nantes. A quatorze ans et trois mois, c’était le patron du centre de formation ! Ce qu’il réalise aujourd’hui ne m’étonne pas.

Comment ce leadership se traduisait-il à quatorze ans ?
Quand il y avait un problème au centre de formation entre deux joueurs, il allait voir les deux protagonistes et réglait le problème.

Tout cela à quatorze ans seulement ?
Oui, à quatorze ans.

En cette période délicate, le football peut-il resserrer les liens dans la société ?
Je pense que c’est une utopie. Ça peut faire oublier momentanément les difficultés que les amoureux du football vivent. Cependant, une fois le match terminé, le quotidien resurgit. Et, malheureusement, pour la majorité, la vie de tous les jours est difficile.

Propos recueillis par Fabrice NSABYUMUKIZA

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