FC Nantes – L’analyse de Charles Guyard : « Les bases du plan Gourcuff »

FC Nantes : Gourcuff a désamorcé une bombe à retardement laissée par Halilhodzic

Le triste nul (0-0) concédé par le FC Nantes ce samedi face à l’OM a permis au nouvel entraîneur Christian Gourcuff de poser ses marques.

Comme un symbole, il a fallut qu’un Breton pur jus s’installe sur le banc nantais pour que la pluie se mette à tomber, un week-end de 15 Août qui plus est ! Mais les baptêmes, c’est bien connu, ça se passe sous l’eau après tout, et c’est une fois au sec qu’on peut sabrer le Champagne, ou pas. Sauf qu’hier, dans une Beaujoire pleine comme un œuf malgré la météo capricieuse, c’est surtout le public qui a trinqué pour suivre ce soporifique match de la 2e journée de Ligue 1.

Des bulles il y en bien a eues pourtant, mais seulement deux, restées inlassablement scotchées au tableau d’affichage pour un partage des points qui ne contentera pas grand-monde. Et ce malgré un penalty plutôt litigieux accordé à l’OM (et raté par Dario Beneditto, la recrue phare des Phocéens) avec l’aide d’un VAR qui a prouvé, une fois de plus, que la vidéo n’a pas fini de créer des polémiques qu’elle est censée éteindre…

Le « plaisir » au centre du projet

Toujours est-il que Marseille a tout de même empoché sa première unité de la saison, mais au terme d’une partition terne qui laisse entrevoir un automne délicat à André Villas-Boas. Quant aux Canaris, lesquels ont aussi inauguré leur compteur après la défaite à Lille une semaine plus tôt (2-1), la parité de ce samedi laissera des regrets par rapport au scénario de la rencontre, surtout dans l’ultime quart d’heure où Mandanda a multiplié les parades pour maintenir son équipe à flot. « Je prends du recul par rapport au résultat, il y tellement de points positifs sur la manière, a cependant préféré retenir Christian Gourcuff. Je n’ai pas d’inquiétude car on a eu des temps forts intéressants, à une touche de balle, très bien construits avec un jeu structuré, c’est encourageant. »

Fidèle à sa philosophie, l’entraîneur des Jaune et Vert s’est surtout attaché à remettre le mot plaisir au centre du vocabulaire canari. « Le plus important, c’est que les joueurs prennent du plaisir dans le jeu, c’est un bon point de départ. » Et comme avant d’être un entraîneur, Gourcuff est d’abord un éducateur, il n’a pas hésité non plus à (re)lancer quelques minots dans le grand bain, comme Imran Louza, dont c’était la deuxième titularisation, et Abdoul-Kader Bamba, entré pour les vingt dernières minutes. « Je ne fais pas jouer les jeunes car ils sont jeunes, mais parce qu’ils ont des qualités, a-t-il précisé. Bamba doit certes progresser sur le plan tactique, mais il a des qualités techniques, du peps. Et Imran a été intéressant mais je ne suis pas surpris, j’avais remarqué ses qualités au bout de trois jours. »

Le Praud de la « radio nostalgie » en visite

Du « plaisir » dans le jeu, des jeunes issus du centre promus en pro et un entraîneur qui se satisfait d’abord de la manière avant de s’intéresser au résultat : voilà comment l’octuple champion de France retrouve ses lettres de noblesses ! Admirateur de l’école Arribas-Suaudeau-Denoueix, Christian Gourcuff ne fait donc que s’inscrire dans les pas de ses illustres prédécesseurs, ce fameux FC Nantes vintage en 4-4-2 que Pascal Praud, du temps où il occupait les fonctions de directeur général, avait vilipendé, comparant le monument à « radio nostalgie ». Il faut croire que l’homme des médias semble avoir revu sa position puisque comme près de 35 000 spectateurs, il était lui aussi, ce samedi, assis en tribunes. A la différence qu’il avait pris place au milieu des Kita, père et fils (et petit-fils), comme il y a une petite douzaine d’années d’ailleurs.

Charles GUYARD, à la Beaujoire