par Alexandre Corboz

FC Nantes – L'analyse de Charles Guyard : « Pas à rougir de la prestation à Paris »

Le PSG ne doit son succès (2-0) qu’à un coup de génie de Mbappé et une erreur de Pallois ayant provoqué un pénalty.

Pour le reste, les Canaris ont été à la hauteur, dans un match toujours à part en L1.  

A Brest, c’était Mehdi Abeid. Cette fois, c’est Abdoulaye Touré qui avait un justificatif. Malade, le capitaine a dû déclarer forfait au dernier moment, contraignant Christian Gourcuff à n’aligner que 17 joueurs sur la feuille de match. Pas l’idéal au moment d’affronter le cador de la Ligue 1 qui, en une semaine, est passé du Real Madrid au FC Nantes sans passer par la case Monaco puisque le match de dimanche avait été reporté en raison des pluies diluviennes dans le Sud. Et là où l’on pensait que cette trêve météorologique serait justement salutaire pour Paris, il n’en fut rien… pendant tout le premier acte (seulement).

C’était comme si le report du match de la 16e journée en Principauté avait plutôt donné des fourmis dans les jambes, une surdose d’impatience à évacuer, aux éléments, presque tous internationaux, de la capitale, habitués à en découdre tous les trois ou quatre jours aux quatre coins du globe. Résultat : Mbappé, sans doute aussi déçu de n’avoir pointé qu’à la 6e place du classement du Ballon d’or 2019 lundi soir, a plus agacé qu’autre chose, multipliant les dribles inutiles et oubliant ses partenaires.

Quant à Neymar, en plus d’avoir manqué cruellement de justesse dans de nombreuses passes, le Brésilien n’a quasiment pas inquiété l’arrière-garde nantaise, notamment Girotto, auteur d’un tacle de grande classe sur son compatriote au quart d’heure de jeu. Alors bien sûr, le but de Neymar était très probablement valable à la 41e minute, la faute de Draxler sur Louza étant peu évidente, mais au-delà de cette nouvelle péripétie « offerte » par le VAR, le collectif parisien est passé à côté avec la bagatelle de 73 ballons perdus avant la pause : un record sous l’ère Tuchel !

Cette défaite, juste une parenthèse...

Ca, c’était donc jusqu’à l’entracte et si le PSG a plutôt déjoué, c’est aussi parce que le FCN s’est montré solide, et parfois même séduisant dans ses sorties de balle. Sauf qu’il y a eu une deuxième période et, sans être exceptionnels, les co-équipiers de Thiago Silva ont prouvé leur faculté à éteindre rapidement tout suspense. C’était un match piège pour eux ? Ils l’ont contourné sans trop de difficulté même s’il faut reconnaître qu’Alban Lafont a plutôt bien retardé l’échéance.

MBappé et Neymar, titularisés ensemble pour la première fois cette saison, étaient décevants dans les quarante-cinq première minutes ? C’est par eux que la délivrance est venue. Le champion du monde tricolore d’abord, a expédié une « Madjer » splendide au fond des filets à la réception d’un caviar de Di Maria. Puis Neymar a transformé un penalty (consécutif à une grossière erreur de Pallois) pour lequel il a dû s’y reprendre à deux fois en fin de match. A 0-2 au Parc des Princes, difficile de croire au miracle surtout quand Keylor Navas sort l’arrêt de la soirée pour écarter une tête rageuse de Pallois sous la barre juste avant un gros loupé de Cavani puis le coup de sifflet final.

Défait à Paris comme depuis 17 ans, le FCN n’a donc pas à rougir de sa prestation dans la capitale. Si le plan de jeu a été respecté, c’est un gouffre qui le sépare de ce qui se fait presque de mieux sur la scène européenne. Au classement, ce fossé représente treize points. Mais pas de regret, la formation de Gourcuff ne joue pas dans cet univers, ni même l’OM par exemple, voire l’OL, appelés à rivaliser dans les années à venir.

Pour Nantes, ce revers dans porte d’Auteuil ne constitue pas un coup d’arrêt mais une parenthèse. A ce titre, on verra dimanche, face à Dijon à la Beaujoire, si les Canaris sont capables d’enchaîner avec une deuxième victoire de suite, dans leur championnat à eux.

Charles GUYARD, correspondant à Nantes.