FC Nantes – L’analyse de Charles Guyard : « Sala, derby et carton rouge »

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Dimanche après-midi, le FC Nantes a été battu à domicile par les Girondins de Bordeaux (0-1) au cours d’une partie chargée d’émotions.

Emiliano Sala est immortel. Un an après sa tragique disparition, l’attaquant reste dans toutes les mémoires, même loin de Nantes. En Angleterre, son nom était par exemple couché, samedi soir, sur la feuille de match de FA Cup opposant Reading à Cardiff, premier acte d’un hommage qui s’est prolongé le lendemain en France, à la Beaujoire, où cinq Gallois avaient fait le déplacement pour honorer la mémoire de celui qui aurait dû porter les couleurs de leur club.

« C’est impossible d’expliquer cette tragédie et ces effets de notre côté parce qu’on ne l’a jamais vu jouer ni marquer mais en venant en France, on ressent la douleur du FC Nantes à travers les amis qu’on s’est fait ici. C’est important que sa mémoire vive ici comme à Cardiff. On a perdu celui que l’on pensait devenir notre sauveur pour notre club en Premier League et je suis convaincu que c’était vraiment un bon joueur et un bon gars. Aujourd’hui, les clubs se battent toujours à cause du paiement, mais  nous, supporters, on n’a rien à voir avec ça. Maintenant, avec les Nantais, on est devenu des amis et même une famille », a soufflé, ému, Michael Thorne, venu tout spécialement d’Outre-Manche.

Derrière ce fans des Bluebird, le portait de l’Italo-Argentin avait été raccroché aux grilles du stade pour l’occasion. Un portrait qui, sur la pelouse, occupait tout le rond central et la tribune Océane, dans un magnifique tiffo déployé peu avant le coup d’envoi. L’émotion, forcément, était encore vive au moment d’entamer ce derby de l’Atlantique où les antagonistes entre supporters nantais et bordelais avaient été mis de côté. Sur le terrain aussi, l’adversité semblait éteinte. Ca ronronnait plus qu’autre chose, à tel point que la première frappe cadrée de la rencontre, signée De Préville, n’a été déclenchée qu’après l’heure de jeu. La seconde, elle, a eu lieu à la 86e minute et elle a fait mouche.

Comme un petit symbole sur le calendrier des Canaris à venir, deux ex Rennais étaient à la manœuvre : Mexer pour le centre et Briand à la conclusion. Un but, et une quatrième défaite à la maison pour Nantes au terme d’un match sans relief. « L’un des pires cette saison », selon Imran Louza. Ce qui n’a pas aidé, c’est l’expulsion d’Andrei Girotto, renvoyé aux vestiaires à la 54e minutes (soit, en seconde période, la fameuse 9e minute hommage à Sala…) pour avoir mis au sol De Préville dans un contre bordelais. Comme le Brésilien s’était essuyé les crampons sur Briand en première mi-temps, l’arbitre a donc écourté sa présence sur le gazon. Logique, mais surtout préjudiciable.

Pour ce derby, certes, pour le suivant surtout. Vendredi, il faudra aller à Rennes sans lui, ni Pallois, toujours blessé. Et la réception du PSG le 4 février devrait se dérouler dans la même situation, Girotto risquant, selon son entraîneur et compte tenu de son passif, deux matchs de suspension… « Le secteur défensif est complètement décimé, a grincé Christian Gourcuff. On savait au début qu’on était diminué dans ce secteur là, la compétitivité de l’équipe est affaiblie par ces absences. » C’est un euphémisme ! Faut-il s’activer pour ces derniers jours du mercato ?

Gourcuff grinçant à l’évocation de la piste Rami

« En 4 jours vous allez acheter ? Il faut être sérieux… On recherche des solutions en interne, on dit qu’il y a des jeunes, on va faire avec ce qu’on a… » Adil Rami, parait-il, chercherait à se relancer en France. « Il joue au foot ?, a tâclé Gourcuff à l’évocation du champion du monde… On avance, il faut faire le gros dos. Il y a une période un peu plus difficile, mais c’est là aussi que c’est intéressant d’avoir un club serein, car dans beaucoup d’endroit, c’est tout de suite le feu », a estimé le coach. Une nouvelle défaite au Roazhon Park vendredi et un revers face au PSG dans la foulée précipiteraient le FCN dans le ventre mou, contrariant au passage un hypothétique destin européen au printemps. De quoi allumer un premier foyer…

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001