FC Nantes – L’analyse de Charles Guyard : « Une claque à Metz, et ça repart ? »

true

La défaite à Metz (0-1) ne sera qu’une simple parenthèse dans l’euphorie actuelle si, dès vendredi prochain, le FC Nantes, toujours deuxième de la L1, s’offre Monaco à la Beaujoire. 

Qui aurait pu imaginer, il y a quelques mois seulement, qu’un présentateur d’une radio nationale puisse déclarer que, ce samedi soir, « Nantes a laissé filer le PSG en tête du classement » ? En fait, on était aussi loin de le penser au printemps dernier (ou même bien avant) que ce week-end-là, mais pour deux raisons totalement opposées. De fait, si cette considération relevait du fantasme avant l’été, elle était plutôt saugrenue quelques heures plus tôt.

Que le FC Nantes soit deuxième de l’élite derrière le club de la capitale, on avait presque fini par s’y habituer, la trêve internationale ayant laissé deux semaines pour s’accoutumer à une telle jubilation. Et puis, comme le faisait judicieusement remarquer Dennis Appiah après la victoire face à Nice (1-0) ayant propulsé le FCN au pied des Parisiens au début du mois : « Si les autres ne veulent pas prendre de points, nous, on va les prendre ».

Cette défaite à Metz, pas vraiment une surprise en fait !

Sauf qu’on ne s’attendait pas à ce que la lanterne rouge se décide, justement, à « prendre des points » face aux dauphins ! Mais est-ce une vraie surprise ? Pas tout à fait, en réalité.

D’abord parce que personne n’est infaillible cette saison. Exemples avec la formation de Thomas Tuchel, défaite à Rennes (1-2) et surtout contre Reims (0-2), et l’OL qui, face à Dijon (0-0), vient d’aligner un huitième match de suite sans victoire en championnat, une première dans l’histoire du fanion de J-M. Aulas ! Ensuite parce que les Canaris se sont envolés à Metz sans quelques éléments clé, à commencer par Nicolas Pallois et Fabio, suspendus.

Or c’est précisément sur ces deux absences que les Grenats ont fait la différence en fin de rencontre (86e minute). Trop passif, Moutoussamy, reconverti latéral gauche, n’a pas réussi à éviter le centre de Boulaya, et Diallo s’est retrouvé bien seul pour convertir l’offrande aux six mètres, plein axe, dans une zone désertée par Wagué et pour cause : le défenseur central, aligné aux côtés de Girotto, avait écopé d’un carton rouge sévère après l’heure de jeu. Malgré l’entrée de Basila pour combler l’espace vacant, Nantes a donc craqué.

Monaco pour gommer le coach lorrain

Mais réduire cette contre-performance à cette seule péripétie serait éclipser la prestation globale des Jaune et Vert, largement décevante. « On avait les moyens de faire beaucoup mieux », grimaçait Christian Gourcuff au coup de sifflet final. C’est peu de le dire puisque de cette excursion dans l’Est, où le FCN n’a plus gagné depuis 13 ans en L1, on retiendra que les Nantais ont bouclé la première période avec un seul tir cadré (signé Blas) et n’ont que trop rarement fait frissonner Saint-Symphorien après l’entracte.

En définitive, si la défaite demeure logique, les partenaires d’Abdoulaye Touré peuvent néanmoins se consoler : ils finiront quand même le week-end sur leur deuxième place au classement puisque ni Angers ni Lille (battus respectivement par Brest et Toulouse) n’ont été en mesure de rattraper leur retard. Et même en cas de succès face à Saint-Etienne ce dimanche (15h), Bordeaux ne reviendrait qu’à une seule petite longueur…

Surtout, les protégés de Gourcuff ont aussi montré cette saison qu’ils avaient de la ressource après les revers comme ce fut le cas après les déplacements à Lille et Strasbourg . Donc rendez-vous dès vendredi pour la réception de Monaco dans un stade de la Beaujoire pour l’instant imprenable et où aucun adversaire n’a encore réussi à faire trembler les filets…

Charles GUYARD, correspondant à Nantes.