par julien.demets

FC Nantes : sa saison, son modèle, le mercato... Birama Touré se confie

Birama Touré évolue depuis quatre saisons au FC Nantes.

De retour de prêt, il est devenu l’une des pièces maîtresses du dispositif de Michel Der Zakarian. Lui qui a reçu une offre ferme de Palerme cet hiver prend de l’épaisseur, dans une formation qu’il ne souhaite pas quitter à court terme. Entretien avec un joueur qui transpire la sérénité sur et en dehors du terrain.

But! Nantes : Birama, la saison de la remontée (2013-14) a été pleine pour vous. Vous attendiez-vous à un deuxième exercice délicat ?Birama TOURE : L’année de la montée, j’ai disputé trente-et-un matches en Ligue 1. La saison d’après a effectivement été plus délicate. Il y a eu des recrues (ndlr : notamment Kian Hansen) et j’ai donc décidé de partir en prêt à Brest.

Avez-vous eu l’impression de régresser en Ligue 2 ?Ça a été difficile de quitter le club en cours de saison, c’est vrai. Après, je me suis vite intégré et mes coéquipiers m’ont mis à l’aise, ce qui m’a permis de disputer la totalité des matches.

On vous reprochait souvent votre manque de projection vers l’avant. C’était justifié d’après vous ?Oui, c’est ce qu’on me reprochait depuis mon arrivée au club. Lors de mon prêt à Brest, j’ai travaillé cet aspect et je pense avoir progressé. Je suis conscient qu’il faut que je continue à travailler pour m’améliorer.

Dans quel domaine devez-vous progresser ?Dans mon jeu de tête… (Il réfléchit) Dans ma prise de risque offensive aussi pour essayer d’apporter plus de soutien aux attaquants. Mais mon rôle premier, c’est de récupérer les ballons et je pense que je le fais correctement. Si je peux faire un peu plus pour aider l’équipe, je ne vais pas hésiter.

“Toni Kroos est une source d’inspiration pour moi.”

Avez-vous un modèle ?Il y a Toni Kroos (ndlr : milieu de terrain défensif du Real Madrid). Il est propre dans son jeu, il perd très peu de ballons. Il n’hésite pas à accompagner les attaquants pour être à la réception du deuxième ballon, frapper et marquer des buts. C’est une source d’inspiration pour moi.

Un joueur vous a t-il impressionné en Ligue 1 ?(Il réfléchit longuement) Thiago Silva, tout le monde sait que c’est un défenseur hors norme. Il anticipe bien, voit tout avant tout le monde. Il y a aussi Thiago Motta quand il est au top de sa forme.

Vous aviez été titulaire contre Paris. L’équipe avait fait une bonne première période(1-0 pour Nantes) avant de sombrer (1-4 pour Paris) : comment l’aviez-vous vécu ?C’était la deuxième ou la troisième fois que je jouais contre Paris (ndlr : troisième fois en comptant la Coupe de la Ligue). Vu ses recrues, l’affiche était belle, on voulait faire un gros match mais on a sombré en deuxième mi-temps face à ces talents.

Les titularisations se sont enchaînées en début de saison, jusqu’à la 14e journée et cette blessure...Je me suis blessé pendant un mois, fin novembre. Ensuite, j’ai joué les matches de Coupe en janvier, après la trêve hivernale. Celui à Bordeaux où on concède le nul 2-2 (ndlr : après avoir mené 2-0) a été un tournant. A partir de là, le coach a effectué un turnover en changeant quelques joueurs, je faisais partie de ceux-là. C’est compliqué de passer de titulaire à remplaçant. Enchaîner quatre, cinq matches sur le banc a été difficile mais je n’ai rien lâché et j’ai continué de travailler à l’entraînement. Maintenant que j’ai retrouvé mon poste de titulaire, j’espère que je vais le garder jusqu’à la fin.

“Savoir que j’ai participé à la remontée et aux différents maintiens depuis, ça me fait plaisir et ça me rend fier.”

Comment avez-vous fait face à cette situation ?Il y avait de bons résultats. Le coach n’avait pas de raison de changer parce que les joueurs qui évoluaient à mon poste faisaient de très bons matches. Je parlais souvent avec mon frère qui me disait de ne pas baisser les bras, que la roue allait tourner et que j’aurais ma chance.

L’approche de Palerme cet hiver ne vous a pas laissé insensible…Non, parce que Palerme est un grand club du championnat d’Italie et savoir que je l’intéressais m’a fait plaisir. Ça veut dire qu’ils ont reconnu le travail que je faisais sur le terrain. Ça ne s’est pas fait parce que j’ai décidé de rester au club pour continuer à m’aguerrir. On verra bien ce qu’il se passera cet été.

C’était trop tôt pour partir ?Je me voyais mal partir en cours de saison. J’ai disputé quasiment tous les matches en tant que titulaire cette saison (ndlr : 22 dont 20 dès le coup d’envoi). Je connais tout le monde au club, le fait que le président et le coach me fassent confiance a compté également.

L’élimination en quarts de finale de Coupe de France contre Sochaux, c’est le regret de la saison ?(Soupir) Oui… C’est dommage parce qu’en plus, on met le premier but, puis on se relâche et on perd. C’est une grosse déception, le président nous a rappelé à l’ordre, il nous a dit qu’on avait gâché quelque chose de merveilleux. On aurait pu recevoir Marseille en demi-finales et après (il inspire)… Ça a vraiment été une mauvaise période après cette défaite contre Sochaux. C’est le regret de la saison.

"Ça a vraiment été une mauvaise période après cette défaite contre Sochaux. C’est le regret de la saison."

Aviez-vous vraiment les moyens de décrocher la 3e place ?L’objectif a toujours été de finir dans les dix premiers. Comme on avait de bons résultats, on se devait d’être ambitieux. Mais la hiérarchie a été respectée : Lyon, Saint-Etienne et les autres se sont réveillés. On a connu au même moment une période plus délicate et on a perdu quelques places au classement.

Vous êtes jeune (23 ans) : dans quelle équipe vous rêvez d’évoluer ?(II sourit) Je pense que tout le monde dirait le Real Madrid ou le FC Barcelone. Après, c’est un objectif assez élevé et j’aime aussi Dortmund.

Quelle équipe prenez-vous pour jouer à FIFA ?Je ne joue pas à FIFA.

Vous devez être l’un des seuls dans ce milieu !(Il rigole) Oui mais je préfère passer du temps avec mes amis ou regarder des séries par exemple.

L’effectif a beaucoup évolué depuis la saison dernière, le groupe vit bien ?Oui. Issa (ndlr : Cissokho), Chaker (Alhadhur) et Serge (Gakpé) qui mettaient l’ambiance sont partis mais d’autre ont pris le relais. Je pense notamment à Guillaume Gillet qui vient d’arriver. On doit continuer à bien vivre ensemble, ça finira par se ressentir sur le terrain.

Vous faites parti des plus anciens du vestiaire malgré votre jeune âge. Comment le vivez-vous ?J’en parle parfois avec Rémi Riou qui, comme moi, était là il y a trois ans quand on est remontés. Savoir que j’ai participé à la remontée et aux différents maintiens depuis, ça me fait plaisir et ça me rend fier.

Vous êtes né au Mali et avez connu votre première sélection avec les Aigles le 5 mars 2014 : quel sentiment avez vous ressenti ?Je viens du même quartier que les deux frères Yatabaré (ndlr : Mustapha et Sambou, tous deux internationaux maliens). C’était une grande motivation pour moi de me dire que je rejoignais deux joueurs de Beauvais en sélection. C’est une grande fierté pour la ville et pour nos familles. Le jour où j’ai reçu ma première sélection, j’ai appelé mon frère. J’étais content de pouvoir rendre mes parents fiers.

Quels sont les objectifs avec la sélection ? La qualification pour la CAN 2017 ?Oui. On est premiers de la poule, une victoire et un match nul nous permettraient de nous qualifier.

Propos recueillis par Fabrice Nsabyumukisa

Retrouvez cet entretien dans le dernier numéro de But! Nantes, en kiosques ou sur notre boutique.

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Depuis son retour de prêt, Birama Touré est devenu l’une des pièces maîtresses du dispositif de Michel Der Zakarian. Entretien.

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Rédacteur
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