par Alexandre Corboz

OL : pourquoi le remplacement d’Hubert Fournier ressemble (déjà) à un calvaire

Si Jean-Michel Aulas n’a pas encore tranché dans le vif avec Hubert Fournier à l’Olympique Lyonnais, c’est aussi parce que les bons coaches disponibles ne sont pas légions sur le marché… Encore moins quand il s’agit de chercher des francophones.

Etat des lieux.

Carlo Ancelotti

Sur le papier, ce serait le meilleur choix possible. Carlo Ancelotti est un grand coach. Il connait la Ligue 1 et parle français. Sauf que l’intéressé coûte très cher en salaire (trop pour l’OL ?) et que sa volonté est de prendre une année sabbatique après son passage au Real Madrid pour ensuite rebondir sur le banc d’un grand club. Lyon n’a pas le profil de ce qu’il recherche lui qui priorise un retour en Angleterre.

Marcelo Lippi

Par le passé, l’OL a parfois songé à lui. Sauf qu’aujourd’hui l’Italien affiche 67 printemps au compteur et qu’il a décidé en novembre 2014 à l’issue de son dernier titre de champion avec le Guangzhou Evergrade qu’il n’entrainerait plus au haut niveau. Next.

Mircea Lucescu

Parlant très bien français, le coach roumain du Shakhtar Donetsk a souvent été proposé aux clubs de Ligue 1 (notamment à l’OM durant les nombreux changements d’entraîneur). Le CV, il l’a clairement. L’autorité également. Problème : Lucescu fait aujourd’hui parti des meubles à Donetsk où il est arrivé en 2004 et a déjà 70 ans. Sans doute un peu tard pour cette piste même si son contrat expire au 30 juin.

Eric Gerets

JMA aime tellement titiller l’OM et ses supporters qu’il est imaginable que le boss rhodanien tente sa chance avec le « Lion de Rekem ». Sauf que Gerets, qui a quitté Al-Jazira (EAU) il y a peu, a pris sa retraite à 61 ans.

Lucien Favre

De tous les entraîneurs étrangers francophone, c’est de loin le profil qui correspond le plus. Le Suisse de 58 ans n’entraîne plus depuis son départ du Borussia Mönchengladbach en septembre dernier. Un temps annoncé au LOSC ou au Téfécé, Favre serait, selon le quotidien helvète Blick, encore sous contrat avec le club allemand jusqu’en juin 2017. Un détail contractuel qui complique son changement de club.

Juninho – Cris

Le ticket est séduisant et a déjà été évoqué. Sauf que Cris, qui entraîne les jeunes à l’OL, n’a validé que son BEF, un diplôme qui ne lui permet pas d’entraîner en Ligue 1. Avec Joël Bats dans le staff, on peut cependant imaginer un ticket franco-brésilien. Une chose est sûre, cela se fera sans Juninho. « C’est trop tôt pour entraîner. Si je le fais, c’est dans la légalité et en étant prêt, après avoir passé mes diplômes », a-t-il glissé en marge du dernier match à Gerland.

Gérard Houllier

La piste a récemment été évoquée par RMC. Manager générale des équipes de la concession Red Bull, Houllier se verrait bien revenir au chevet de son ancien club. Problème : l’ancien DTN a déjà 68 ans et a été victime de problèmes cardiaques importants, le dernier en 2011. Depuis ses soucis physiques à Aston Villa, l’intéressé n’a plus entraîné.

Raymond Domenech

Sur le papier, ce serait sans doute l’une des meilleures pistes. Domenech connait la maison, reste à ce jour le coach lyonnais qui a duré le plus longtemps sous la présidence de Jean-Michel Aulas et est apprécié de Bernard Lacombe, le temps ayant effacé la fâcherie de son départ. Problème : Domenech n’a plus entraîné depuis l’équipe de France en 2010 et des soucis personnels l’empêchent aujourd’hui de vivre ailleurs qu’à Paris. Le prendre serait lui imposer des allers-retours tous les soirs entre Lyon et la capitale. Compliqué.

Zinédine Zidane

Pour prendre son envol, Zizou a clairement besoin d'un club ambitieux. L'OL peut ressembler à celui-là. Encore plus avec l'arrivée dans le stade des Lumières. Dans le vestiaire, il serait respecté du fait de son immense passé. Néanmoins, le Champion du Monde 1998 et actuel entraîneur du Real Madrid Castilla a-t-il vraiment intérêt à quitter la Maison blanche maintenant ? Rafael Benitez est contesté et il se murmure de plus en plus que Florentino Perez l'a désigné successeur naturel. Ce serait quand même idiot de partir de Madrid en janvier 2016 si le poste au Real se libère en juin prochain...

René Girard

L’indiscrétion de l’ancien directeur sportif du FC Nantes Gilles Favard qui assurait, sur L’Equipe 21, que Bernard Lacombe songeait à avancer la candidature de son ami René Girard aura fait long feu. « Je ne sais pas pourquoi ce nom est sorti mais c'est faux. Si nous devions changer d'entraîneur, nous nous tournerions vers un coach en réussite constante depuis quelque temps », déclarait Jean-Michel Aulas vendredi dernier. Piste morte.

Hervé Renard

L’ancien coach du LOSC et sélectionneur de la Zambie et de la Côte d’Ivoire a déjà candidaté une fois. C’était en 2014 au moment du remplacement de Rémi Garde par Hubert Fournier. A l’époque, son profil n’avait pas été retenu. Son échec chez les Dogues le range dans la même catégorie que René Girard aux yeux de Jean-Michel Aulas. Ce serait une sacrée piste par défaut. Egalement sondé en 2014 et en difficulté aux Girondins de Bordeaux, Willy Sagnol est dans le même cas de figure… C’est même encore plus compliqué puisque l’ancien Stéphanois s’est accroché avec JMA à plusieurs reprises depuis.

Les noms qu’on aurait pu citer si on était désespéré : Jean-Marc Furlan, Pascal Dupraz, Francis Gillot, Elie Baup, Claude Makélélé, Fabrizio Ravanelli, José Anigo, Frédéric Hantz, la fameuse solution interne (Génésio, Baticle, Bats, Roche)…

Conclusion : à moins de cibler un grand nom ou un entraîneur en devenir qui ne parle pas la langue (avec toutes les contraintes que cela comporte), "JMA" aura bien du mal à trouver un coach suffisamment charismatique pour son Olympique Lyonnais. D'où les atermoiements tout à fait logiques du boss au moment de se séparer d'Hubert Fournier.

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Pour résumer

Si Jean-Michel Aulas n’a pas encore tranché dans le vif avec Hubert Fournier à l’OL, c’est aussi parce que les bons coaches disponibles ne sont pas légions.

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