OM : Qui es-tu, Michel ?

En tête de la shortlist de Vincent Labrune pour succéder à Marcelo Bielsa au poste de coach de l’Olympique de Marseille, Michel n’est pas vraiment connu en France. Pourtant l’Espagnol possède une carrière riche en tant que joueur et entraîneur. Portrait

L’OM vit un début de saison compliqué, deux défaites en autant de match en championnat et son entraîneur, Bielsa, pourtant idolâtré par les supporters, s’est fait la malle. Alors, les dirigeants marseillais se sont donc lancés à la quête d’un remplaçant. Un temps intéressé par l’ancien sorcier de Dortmund, Jurgen Klopp, dont Marseille a pris pour exemple son projet concernant l’avenir du club. Mais, comme pour l’ancien sélectionneur de l’Italie, Roberto Donadoni, la piste était trop complexe pour aboutir. Labrune s’est donc tourné vers un entraîneur plus accessible, José Miguel Gonzalez Martin dit Michel. Un personnage haut en couleur, ce qui ne devrait pas dépayser les joueurs marseillais.

Sa carrière de joueur : beaucoup de Real, un peu de Mexique.

Formé à la Casa Blanca, le jeune Michel fait toutes ses classes à Madrid. Après avoir découvert l’équipe première lors de la saison 1981-1982, il retourne jouer avec la Castilla (équipe réserve du Real) jusqu’en 1984. Il s’installe ensuite petit à petit avec la grande équipe du Real Madrid, jusqu’à en devenir un cadre. Vers la fin des années 80, Michel forme autour de la légende madrilène Emilio Butragueño la Quinte del Buitre (La quinte du vautour, surnom de Butragueño) avec Rafael Martín Vázquez, Manolo Sanchís et Miguel Pardeza. Avec ce groupe de joueurs formés au club, Madrid va presque tout gagner, une seule ligne manquant au palmarès de cette équipe : la Ligue des champions. Michel reste dans la capitale espagnole quasiment toute sa carrière avant d’effectuer une dernière pige au Mexique dans le club de l’Atlético Celaya en 1996, où il retrouve son coéquipier, le vautour, Butragueño. Il termine sa carrière avec 66 sélections avec l’Espagne et 21 buts marqués, dont quatre lors de la Coupe du monde en Italie en 1990.

Du temps avant de passer entraîneur

Après avoir pris sa retraite en 1997, Michel ne se lance pas dans une carrière d’entraîneur immédiatement. Il passe d’abord par le métier de consultant TV puis rédige des chroniques dans le quotidien Marca. Il faudra attendre l’été 2005 pour que l’ancien milieu offensif ne se décide à prendre les rênes d’une équipe. Il passe une année au Rayo Vallecano, club situé à Madrid et qui jouait à l’époque en troisième division espagnole. Michel termine à la cinquième place cette saison là et loupe de peu les barrages pour la montée. A l’intersaison 2006 il rejoint le Real Madrid pour entraîner la Castilla. Malheureusement pour lui, son équipe est reléguée en troisième division et il est ensuite limogé parle président Calderon. S’en suivra une traversée du désert de plus de deux ans pour Michel.

2009, retour en grâce

Avril 2009, le club de Getafe mal en point en championnat, à un point de la zone de relégation, limoge Víctor Muñoz et fait appel à Michel. Il lui reste alors cinq journées pour sauver son équipe. Le coach enchaîne une série de deux victoires et deux nuls qui permet au club de la banlieue madrilène de se maintenir grâce à la différence de buts. Il reste deux ans à la tête de Getafe et qualifie l’équipe en 2010 pour la Coupe de l’UEFA (aujourd’hui Europa League). En 2012 il est ensuite nommé entraîneur du FC Séville, équipe avec laquelle il ne passera qu’une année avant de se faire évincer.

L’exil Grec

Pour la première fois de sa carrière d’entraîneur il quitte l’Espagne pour la Grèce. S’en suit une véritable histoire d’amour avec le club de l’Olympiakos. Il fait venir de nombreux espagnols et l’alchimie est instantanée. Michel remporte deux championnats en 2013 et 2014 et la Coupe en 2014. Toujours lors de cette année 2014, le club grec réussi l’exploit de sortir des groupes de la Ligue des champions derrière le PSG et devant le Benfica Lisbonne. Derrière, les hommes de Michel poursuivent avec un huitième de finale d’anthologie face à Manchester United. Après avoir remporté le match aller au Pirée 2 à 0, les Grecs vont s’attirer les foudres des joueurs mancuniens au théâtre des rêves, et surtout celles de Robin Van Persie, auteur d’un triplé assassin. Michel se fait ensuite licencier en janvier 2015 et laissera une lettre d’adieu touchante à ces supporters : « Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Vous allez me manquer. Je repars chez moi, mais une part de moi restera ici. J’ai été très heureux ici et j’en garderai d’excellents souvenirs ».

Un entraîneur attachant qui devrait plaire aux supporters de l’OM, même si d’après Gaëtan Bong, ancien membre de l’Olympiakos, les joueurs pourraient, eux, moins l’apprécier.

Par Damien Chabbert