par nicolas.breton

Opinion : marre du foot qui ressemble à de la télé-réalité !

Parler de foot, aujourd’hui, ce n’est plus parler résultats, tactique ou reprise de volée : c'est parler de la dernière prise de bec entre tel consultant et tel joueur.

Il y a là une dérive qui nous inquiète un peu…

Voici un petit résumé de l’actualité footballistique en France depuis le début de l’année.

Janvier : Ménés se moque de Valbuena. Valbuena clashe Ménès. Ménès lui répond.Février : Barton clashe Ménès. Ménès répond à Barton. Barton en remet une couche.Mars : Ménès clashe Brandao. Brandao lui répond. Ménès ne se laisse pas faire.Avril : Jeunechamp clashe Ménès. Ménès va bientôt lui répondre.Mai : Zidane/Roger Piantoni/le pape/autre… clashe Ménès ?

Pendant ce temps, il y a une chose dont personne n’a parlé : de football. À croire que ce sport s'est à son tour plié aux règles de la télé-réalité, sacrifiant le "fond" pour devenir ce tout-à-l’ego médiatique où les affrontements sportifs laissent place aux guéguerres personnelles, les débats aux insultes, France Football à Closer.

Des consultants omnipotents

Nous voyons deux responsables à cette dérive. D’abord, les réseaux sociaux, Twitter en particulier, qui ont rendu publiques des chamailleries qui n’auraient jamais dû sortir du périmètre exigu d’une cour d’école. On a l'impression qu'une caméra est désormais braquée 24h/24 sur Pierre Ménès ou Joey Barton, acteurs principaux de ce mauvais soap.

Ensuite, l’absurde poids médiatique accordé aux consultants. Pierre Ménès en est l’exemple le plus célèbre, mais ce n’est pas lui que nous visons, ni ses opinions footballistiques. Plutôt sa fonction qui, par l’entremise de Canal+ ou RMC, a accouché de monstres médiatiques devenus plus importants que le sport qu’ils sont censés commenter (Jean-Michel Larqué en est l’autre représentant le plus célèbre).Depuis, la moindre esquisse de parti-pris sortie de leur bouche fait aussitôt les gros titres et devient, vis-à-vis du footeux ou de l’équipe visés, un casus belli. D’ailleurs, les vrais coupables, ce sont évidemment ceux, joueurs ou entraîneurs, qui leur répondent.

Des joueurs à l'ego démesuré

Alors oui, c'est vrai, l'histoire du football est aussi faite d'anecdotes, de rivalités personnelles ou de petites phrases. Celles de George Best, Zlatan Ibrahimovic, voire Louis Nicollin (quand il ne part pas en vrille), nous font rire. Mais ce n’est plus dans ce cadre-là que se situent les conflits actuels. Ils témoignent plutôt de l’extraordinaire susceptibilité de joueurs incapables d’accepter la critique, et de la prise otage de l’analyse footballistique par des "noms", tout désaccord se muant aussitôt en conflit personnel.

Est-ce à cela que le football est censé ressembler ? Des querelles d’ego, du crêpage de chignon entre candidates à Miss France, des embrouilles dignes de Secret Story ?

Rendez-vous au prochain épisode, pour voir si Pierre fera alliance avec Thiago pour éliminer Joey...

 

Julien Demets

Lire aussi :- Opinion : faut-il encore écouter les consultants ?

Pour résumer

Parler de foot, ce n’est plus parler résultats ou tactique : c'est parler de la dernière prise de bec entre tel consultant et tel joueur…

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