L’affluence dans les stades est assez inégale en France si on exclut les clubs les plus populaires
L’affluence dans les stades est assez inégale en France si on exclut les clubs les plus populairesCredit Photo - Noel Bauza
par La rédaction
Ligue 1

Pourquoi la Ligue 1 stagne-t-elle ?

Quand le fond Qatari a décidé de racheter le Paris Saint-Germain, l'espoir d'une ligue avec Lyon et le PSG en tête de gondole a fait surface. Quand Frank McCourt, s'est à son tour positionné pour le rachat de l'OM, les supporters français se sont mis à rêver à un Big Three. Puis ce fut le tour des Girondins de Bordeaux et du fabuleux contrat avec Mediapro qui achevèrent de confirmer l'enthousiasme ambiant.

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Avec la Premier League comme modèle, le football français se dirigeait vers la création d'une marque internationale, prête à ramener des centaines de millions aux clubs grâce aux droits TV. 
Gagner en notoriété, acheter des stars, et développer le championnat pour en faire un véritable cador du vieux continent. Le plan était clair. Pourtant, à peine deux saisons plus tard, le constat est amer. Analyse d'un coup d'épée dans l'eau pour le prestige du football français.

Mediapro, le péché d’orgueil

Quand le groupe sino-espagnol a annoncé devenir le diffuseur officiel de la Ligue 1 jusqu'en 2024, de nombreuses voix discordantes se sont élevées. Pour les observateurs, cet accord était surévalué et ne pouvait tenir. Pourtant, les dirigeants de clubs de Ligue 1 se sont échinés pendant des mois à légitimer ce choix.

Pour eux, la L1 entrait enfin dans une nouvelle ère, une époque qu'ils avaient bien méritée au vu de l'inflation dans le monde du football. Avec des présidents influents et ayant en ligne le pactole, les autorités ont fini par êtres convaincues. Mais l'idylle n'aura duré que quelques mois à peine. Les clubs, déjà persuadés d'avoir touché le gros-lot, ont pris en compte les droits TV monumentaux promis, et les investissements ont émergé partout. Une précipitation qui fera très mal au moment de l'annonce de la chute de la chaîne Téléfoot, spécialement créée pour l'occasion.

Mais, en plus d'avoir pris un sacré coup aux portefeuilles, les clubs de Ligue 1 se retrouvent à être la risée du monde du football. En effet, les déclarations fracassantes des présidents arguant que leur championnat allait concurrencer la Premier League sont revenues comme des boomerangs. Accentuant l'aspect encore amateur de notre championnat. Mais si le mal est antérieur à la crise Mediapro, c'est bien parce que les raisons sont multiples.

Une ambiance peu propice au spectacle

Le championnat de France n'étant plus sur le podium de la compétitivité depuis longtemps, il souffre d'un manque d'identité criant dans l'imaginaire des amateurs de ballon rond. Si, parfois, les championnats ont des réputations un peu galvaudées, il n'en reste pas moins que cet imaginaire renforce leur aura.

Le championnat espagnol est réputé pour être technique. La Premier League est fameuse pour son arbitrage moins strict, favorisant le jeu dur et les confrontations épiques. L'Italie est réputée pour transformer les matchs en partie d'échecs sur gazon avec une prédominance des défenses. La Bundesliga allemande est connue pour son jeu débridé d'attaque-défense.

Et le championnat français dans tout ça ? Rien.

L’affluence dans les stades est assez inégale en France si on exclut les clubs les plus populaires
JarmolukCredit Photo - Les présidents de clubs désirent avoir de la visibilité sans avantager le spectacle

De plus, il réside en France une certaine opacité quant à l'arbitrage et aux instances. Plusieurs scandales d'arbitrages ont émaillé notre championnat, dont certains ont fait le tour de monde. Plus encore, la présence des stars est souvent moins bien reçue que dans le reste de l'Europe. 

Neymar, joueur mondialement connu pour son amour du jeu et du spectacle sur les terrains comme en dehors, a souvent fait l'objet de remontrances arbitrales pour son côté provocateur.

Un comble pour un championnat qui veut se vendre comme un spectacle à l'étranger. Dernièrement, c'est Paqueta qui a fait les frais de ce drôle d'arbitrage pas très propice au spectacle. Après un arc-en-ciel, le joueur de l'Olympique lyonnais a subi le courroux du défenseur, peu content de ce geste impressionnant malgré son échec. 

Et si cela reste normal. Personne n'est venu défendre un Paqueta qui a même pris un jaune pour refus de discuter avec l'arbitre. Une image qui ne fera rêver personne.

Des performances européennes médiocres

Enfin, le grand problème du championnat français reste son manque de compétitivité sur la scène européenne. Hormis l'aventure de l'Olympique de Marseille en Europa League sous la houlette de Rudi Garcia et la finale du Top 8, une Ligue des Champions au rabais, perdu par le PSG, les clubs français n'y arrivent tout simplement pas en Europe.

Le plus grand symbole de cette disette reste bien entendu le PSG avec son échec de plus en plus gênant sur la scène européenne malgré les centaines de millions dépensés à chaque mercato. Mais c'est bien L'OL qui dépeint le mieux la situation de la Ligue 1.

Leader incontesté pendant des années, l'équipe restait cependant un concurrent peu dangereux en coupe d'Europe. Si on se souvient de quelques matchs d'anthologie, le club rhodanien n'aura jamais réussi à réellement devenir un cador sur la scène européenne. Le PSG, lui, à les armes sur le papier pour le faire, mais n'y arrive pourtant toujours pas.

Et malgré cela, si un jour le club de la capitale y parvient, pourra-t-il insuffler une nouvelle donne ? Il faudra attendre encore un peu pour le savoir.

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