PSG : la stratégie du "seuls contre tous" a déjà fait ses preuves à Paris
par Raphaël Nouet

PSG : la stratégie du "seuls contre tous" a déjà fait ses preuves à Paris

L'irritation de Thomas Tuchel hier en conférence de presse après la finale de la Coupe de la Ligue montre que le PSG s'est replié sur lui-même.

Mardi, dans une interview à Revista Libero, Ander Herrera révélait quel était l'état d'esprit des joueurs du PSG à l'heure actuelle : "Nous faisons de grandes choses en championnat et, à la première occasion, les haters ou la presse viennent chercher des problèmes ou cherchent à appuyer là où ça fait mal. C'est pourquoi, au sein du club, nous avons une mentalité «nous contre le reste du monde»."

Un sentiment confirmé hier soir avec le coup de sang de Thomas Tuchel à l'attention d'un journaliste qui lui faisait remarquer, après la victoire aux tirs au but sur l'OL en Coupe de la Ligue, que son attaque n'était pas très en forme : "Et quoi ? Et quoi ? Oui, on a toujours de la chance ! Vous pouvez écrire qu'on a seulement de la chance. C'est comme ça, pas la qualité, seulement la chance. Mais c'est le foot ! C'est seulement le foot ! Vous trouvez toujours un point négatif. Il y a 99% de points positifs mais voilà, on cherche le 100e, on doit trouver le problème! Il n'y a pas de problème, on a gagné. Et je ne vais pas m'excuser, alors qu'on a mis 100 buts avant".

A travers css deux propos, on comprend que les joueurs parisiens et leur entraîneur ont décidé de s'enfermer dans une bulle et de siffler l'air du "seuls contre tous". Une stratégie nouvelle pour le PSG version Qatar, qui tentait au contraire de se faire aimer par tout le monde jusque là. Mais pas une première pour le club de la capitale. D'ailleurs, il se pourrait même que ce soit une très bonne idée en vue du Final 8 de la Champions League.

Car le plus grand succès européen du PSG, la Coupe des Coupes 96, a été enregistré après un repli total sur soi du groupe de Luis Fernandez. Fortement critiqué pour avoir laissé le doublé Coupe-championnat filer au profit de l'AJ Auxerre, le Paris de Canal+ avait entamé une préparation commando, faisant même appel à Yannick Noah pour booster le moral de joueurs qui en étaient arrivés à s'entredéchirer. Seul contre tous, le PSG était venu à bout du Rapid de Vienne (1-0) pour remporter le deuxième et pour le moment dernier succès français en Coupe d'Europe.

Plus généralement, à chaque fois que le club de la capitale a tenté de se faire aimer, il a été méchamment critiqué. La rivalité Paris-province est trop forte pour espérer faire l'unanimité. Des entraîneurs comme Luis Fernandez ou Vahid Halilhodzic ont magnifiquement su en jouer, créant une source de motivation intarissable pour leurs joueurs. La frontière avec la paranoïa est mince et c'est le principal danger qui attend aujourd'hui Thomas Tuchel. Mais si l'Allemand réussit son pari, la gloire éternelle peut être au bout.