Tribune supporters : du virage s’élèvera, l’histoire d’un chant

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Désormais, chaque mardi à 19h, nous étudierons l’origine d’un chant de supporters, connu ou inconnu, dont l’histoire comme la beauté valent le détour.

Cette semaine, retour en France, avec un arrêt dans la capitale pour analyser l’avatar d’un des plus beaux hymnes du monde, « Flower of Scotland ». Savez-vous que l’hymne écossais est récent ? En effet, jusqu’en 1990, c’est le « God save the Queen » (ou King) qui était joué avant les matches de la nation britannique. Mais le fort sentiment d’indépendance des Ecossais couplé à leur rejet du voisin anglais a enfanté un chant patriote.

En 1967, Roy Williamson, du groupe folklorique The Corries, écrit les paroles et la musique. Il connaît un succès rapide parmi les fans de football et de rugby, qui le chantent durant les matches internationaux. En 1990, il est joué pour la première fois lors d’un Ecosse-Angleterre décisif pour l’obtention du Grand Chelem lors du Tournoi des 5 Nations. Les Ecossais s’imposent, les fans saluent cette initiative. En 1993, la Fédération de rugby décide que « Flower of Scotland » sera joué avant chaque match. Son homologue footballistique suit le mouvement.

« Flower of Scotland » est un hymne adoré par les supporters pour son rythme lent, qui permet de bien articuler les paroles (à Paris, le tempo est plus rapide, parfois trop), et surtout pour ses paroles puissantes, destinées à dresser le peuple écossais contre l’ennemi anglais. D’ailleurs, plusieurs politiques britanniques ne l’apprécient guère car, à l’instar des baïonnettes et du sang impur de la Marseillaise, il est jugé trop agressif.

Mais toujours est-il que dans le milieu du foot, il est culte. Et qu’il a souvent été repris. En France, il est logiquement arrivé par le plus britannique des clubs, le RC Lens. L’air de « Flower of Scotland » a été entonné à plusieurs reprises par Bollaert dans les années 90. Mais ce sont les ultras du PSG qui en ont fait une véritable chanson.

Une polémique avec cette chanson en 2015

Celle-ci est apparue au début des années 2000 dans la tribune Auteuil et a connu un succès immédiat. Elle a aussi été au cœur d’une polémique en 2015, quand le PSG version Qataris, qui avait viré les ultras du Parc avec le plan Leproux, a demandé à ses supporters de chanter cette chanson à l’occasion du choc contre le FC Barcelone en Champions League.

Les anciens pensionnaires d’Auteuil se sont révoltés à l’idée que le club incite ses fans (et non pas ses supporters) à reprendre un chant créé par de vrais passionnés. D’ailleurs, beaucoup pensaient que la plupart des abonnés de cette époque ne connaissaient même pas son existence… Depuis, tout est rentré dans l’ordre : les ultras parisiens sont revenus au Parc et « Ville Lumière » résonne à nouveau dans les travées !

Ô Ville Lumière 
Sens la chaleur 
De notre cœur 
Vois-tu notre ferveur 
Quand nous marchons près de toi 

Dans cette quête, chasser l’ennemi 
Enfin pour que nos couleurs 
Brillent encore 

Oh Ville lumière 
Ville championne 
Par la manière 
Que les clairons sonnent 
Que batte son coeur pour nos couleurs 
Que batte son coeur 
Pour chaque victoire 
Et ses joueurs… couverts de gloire…

(avec S.B. et M.G., anciens piliers de la tribune Auteuil)

Raphaël Nouet

Journaliste à But! depuis 2001